Origines
Offenbach est issu de formations antérieures auxquelles participait Gerry Boulet au cours des années 1960. Le groupe adopte le nom Offenbach au début des années 1970. Ce nom évoque celui du compositeur Jacques Offenbach, mais le groupe n'a pas de lien musical avec l'opérette du XIXe siècle.
Dès ses débuts, la formation se distingue par un son ancré dans le blues et le rock lourd. Ce son s'articule autour de la voix rauque et des claviers de Gerry Boulet. Sa composition évolue au fil des années. Plusieurs musiciens marquent toutefois durablement son identité : le guitariste Jean « Johnny » Gravel, le bassiste Michel Lamothe et le batteur Roger « Wézo » Belval.
Le groupe s'inscrit dans l'effervescence culturelle québécoise de l'époque. La chanson et le rock participent alors à l'affirmation identitaire francophone.
Les années 1970
Saint-Chrone de Néant (1972)
Le 30 novembre 1972, Offenbach présente à l'Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, une messe des morts en latin. Le spectacle mêle chants grégoriens et rock. Cette expérience, inhabituelle pour un lieu de culte catholique, est enregistrée. Elle paraît sur disque sous le titre Saint-Chrone de Néant.
Consolidation
Au cours de la décennie, le groupe se produit abondamment sur scène et connaît plusieurs changements de musiciens. Il oriente progressivement son répertoire vers des textes en français. Il adopte la langue parlée populaire du Québec, une démarche alors peu courante dans le rock lourd.
Traversion et En fusion (1979)
En 1979, l'album Traversion remporte un Félix lors du premier gala de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), dans la catégorie « Disque de l'année / Rock ». La même année, Offenbach s'associe au big band de Vic Vogel pour une série de concerts intitulée En fusion. Ces concerts conjuguent rock et jazz.
Consécration et adieux
Le 3 avril 1980, Offenbach devient le premier groupe québécois à se produire en tête d'affiche au Forum de Montréal. Cette salle accueillait jusque-là surtout des vedettes internationales du rock. Ce concert marque un jalon pour la reconnaissance du rock francophone d'ici sur les grandes scènes.
La première moitié des années 1980 se poursuit avec de nouveaux remaniements au sein de la formation. Le 1er novembre 1985, le groupe donne son spectacle d'adieu, de nouveau au Forum de Montréal. Il met ainsi un terme à la période principale de sa carrière.
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 novembre 1972 | Messe rock à l'Oratoire Saint-Joseph |
| 1979 | Félix pour Traversion ; concerts En fusion avec Vic Vogel |
| 3 avril 1980 | Premier groupe québécois en vedette au Forum de Montréal |
| 1er novembre 1985 | Spectacle d'adieu au Forum de Montréal |
Style et langue
La musique d'Offenbach puise dans le blues, le rock lourd et, ponctuellement, le jazz et le chant liturgique. La voix éraillée de Gerry Boulet en constitue la signature. Ses claviers, en particulier l'orgue, y occupent également une place centrale.
Le groupe est reconnu comme un pionnier de l'adaptation du français aux rythmes du rock. Il ne recourt pas à une langue littéraire. Il emploie volontiers le joual et les tournures du français parlé au Québec, comme en témoigne le titre « Mes blues passent pu dans porte ». Cette démarche a contribué à démontrer que le rock lourd pouvait s'exprimer pleinement en français québécois.
Parmi les chansons associées au groupe figurent :
- « Câline de blues » ;
- « Mes blues passent pu dans porte » ;
- « Ayoye ».
Membres
La composition d'Offenbach a varié à de nombreuses reprises au cours de son existence. Parmi les musiciens marquants figurent :
- Gerry Boulet : chant, claviers ; figure centrale et leader du groupe ;
- Jean « Johnny » Gravel : guitare ;
- Michel Lamothe : basse ;
- Roger « Wézo » Belval : batterie.
D'autres musiciens se sont joints à la formation au fil des remaniements, notamment à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Après la séparation du groupe, Gerry Boulet a poursuivi une carrière solo.
Réunions et postérité
Après le spectacle d'adieu de 1985, Offenbach s'est reformé à plusieurs reprises, avec des musiciens différents selon les périodes. Un site officiel consacré au groupe a été mis en ligne.
Le groupe occupe une place importante dans l'histoire du rock québécois. Il a ouvert la voie aux formations qui ont ensuite chanté le rock en français. Bibliothèque et Archives nationales du Québec lui a consacré un article de mise en valeur intitulé « Ayoye : Offenbach en 4 temps ». En 2018, le quotidien Le Droit évoquait pour sa part une « légende toujours vivante ». La chanson « Ayoye » et le répertoire de Gerry Boulet continuent d'être cités parmi les classiques de la chanson rock québécoise.