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Le vivant

Alose à gésier

L’alose à gésier (Dorosoma cepedianum) est un poisson de la famille des Dorosomatidés, au corps haut et fortement comprimé latéralement. Ses grandes écailles argentées se détachent facilement, et son ventre porte une carène d’écailles modifiées et dentelées, à l’origine du nom anglais sawbelly. Le museau est court et arrondi, la bouche est petite et subterminale, et les adultes sont dépourvus de dents. Le dernier rayon de la nageoire dorsale se prolonge habituellement en un long filament, caractère utile pour reconnaître l’espèce.

Observations au Québec

8 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

L’alose à gésier (Dorosoma cepedianum) est un poisson de la famille des Dorosomatidés, au corps haut et fortement comprimé latéralement. Ses grandes écailles argentées se détachent facilement, et son ventre porte une carène d’écailles modifiées et dentelées, à l’origine du nom anglais sawbelly. Le museau est court et arrondi, la bouche est petite et subterminale, et les adultes sont dépourvus de dents. Le dernier rayon de la nageoire dorsale se prolonge habituellement en un long filament, caractère utile pour reconnaître l’espèce.

L’espèce doit son nom à son estomac épais et musculeux, comparable au gésier des oiseaux. Avec son très long intestin et ses branchiospines serrées, cet appareil digestif permet de traiter efficacement le plancton, les particules organiques et les détritus.

L’alose à gésier forme souvent des bancs importants dans les eaux calmes ou à faible courant, chaudes et parfois turbides : baies, lacs peu profonds, réservoirs, grands cours d’eau et secteurs estuariens peu salés. Elle se nourrit surtout en pleine eau ou près du fond et peut effectuer des déplacements verticaux associés à la répartition du plancton. Sensible au froid soudain et aux manipulations, elle peut subir des mortalités importantes lors de refroidissements rapides.

Répartition

L’aire de répartition de l’alose à gésier couvre une grande partie de l’est et du centre de l’Amérique du Nord, notamment le bassin du Mississippi, les Grands Lacs et plusieurs cours d’eau de la plaine côtière atlantique et du golfe du Mexique. Espèce associée aux eaux relativement chaudes, elle atteint au Québec la limite nord de sa répartition.

La Liste de la faune vertébrée du Québec la considère comme indigène, régulière et confirmée, avec une présence possible toute l’année. Son rang provincial S3S4 indique une situation allant de vulnérable à apparemment non en péril à l’échelle du Québec, mais ses populations y demeurent peu documentées. Elle est désignée « non suivie » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Huit occurrences québécoises sont rapportées dans la fiche source : cinq en Montérégie, deux dans la région de la Capitale-Nationale et une au Bas-Saint-Laurent. La fiche précise que la migration de l’espèce à partir du bassin du Mississippi a été facilitée par l’établissement de canaux ayant relié des bassins hydrographiques auparavant séparés. La rigueur des hivers et la courte saison de croissance limitent vraisemblablement son abondance vers le nord.

Croissance et cycle de vie

La reproduction survient généralement du printemps au début de l’été, lorsque l’eau se réchauffe. Les adultes se regroupent dans les secteurs peu profonds et calmes, souvent près de la surface. La fraie se déroule sans nid ni soins parentaux : les poissons libèrent leurs gamètes en pleine eau, parfois lors d’une activité bruyante et agitée à la surface.

Les femelles peuvent produire plusieurs dizaines de milliers d’œufs, voire davantage chez les grands individus. Les œufs ne sont pas gardés et l’éclosion peut se produire rapidement lorsque l’eau est chaude. Les larves et les jeunes poissons se nourrissent d’abord surtout de zooplancton; en grandissant, ils développent les branchiospines et l’appareil digestif spécialisé qui permettent une alimentation plus importante en particules fines et en détritus.

La croissance est rapide durant les premières années. La maturité sexuelle est habituellement atteinte tôt, souvent vers deux ou trois ans. La longévité dépasse rarement une dizaine d’années, et la mortalité des jeunes est élevée. Les femelles atteignent généralement une taille un peu plus grande que les mâles.

Relations avec l'humain

L’alose à gésier est peu appréciée comme poisson de consommation, notamment en raison de ses nombreuses petites arêtes et de sa chair molle. Elle n’est pas une espèce recherchée par la pêche sportive ou commerciale au Québec.

Ailleurs en Amérique du Nord, elle joue toutefois un rôle important comme poisson-fourrage pour plusieurs prédateurs recherchés par les pêcheurs. Elle a été introduite dans certains réservoirs des États-Unis afin d’augmenter les ressources alimentaires disponibles pour des poissons prédateurs. Dans certains plans d’eau, ces introductions ont aussi entraîné des effets indésirables, notamment une forte compétition pour le plancton avec les jeunes stades d’autres espèces.

Au Québec, la fiche source considère l’espèce indigène, tout en soulignant que les canaux ont facilité sa dispersion à partir du bassin du Mississippi. Elle relève d’une compétence déléguée au Québec et ne fait pas l’objet d’un suivi particulier sous la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Relations avec les autres espèces

L’alose à gésier peut occuper une place importante dans les réseaux trophiques lorsqu’elle est abondante. En consommant du phytoplancton, du zooplancton et des matières organiques fines, elle transforme ces ressources en biomasse accessible à des prédateurs plus grands.

Les jeunes aloses à gésier peuvent être consommées par divers poissons prédateurs, dont le doré jaune, les achigans, le brochet et le maskinongé, ainsi que par des oiseaux piscivores tels que le Grand Héron, le Balbuzard pêcheur, les goélands et les cormorans. Les adultes de grande taille demeurent aussi des proies possibles, mais leur corps haut les rend moins accessibles aux prédateurs à petite bouche.

Elle peut entrer en compétition avec d’autres consommateurs de plancton ou de matières organiques, notamment les jeunes poissons de plusieurs espèces. Lorsque ses effectifs sont élevés, son alimentation peut modifier la composition du zooplancton et influencer indirectement la transparence de l’eau et la dynamique des algues.

Régime alimentaire

L’alose à gésier est principalement microphage à l’âge adulte. Ses branchiospines nombreuses et serrées retiennent de très petites particules, tandis que son estomac musculeux et son long intestin contribuent au broyage et à la digestion des aliments.

Son régime comprend du phytoplancton, du zooplancton, des algues microscopiques, des détritus et d’autres matières organiques en suspension. Elle peut filtrer des particules dans la colonne d’eau, mais aussi se nourrir près du fond en aspirant des sédiments meubles riches en matière organique. De petits invertébrés peuvent compléter son alimentation.

Les larves et les jeunes poissons dépendent davantage du zooplancton. Avec le développement de leur système de filtration, les individus plus grands exploitent une proportion croissante de particules fines et de détritus. L’alimentation ralentit fortement lorsque la température de l’eau diminue.

Anecdotes

  • Le « gésier » de l’alose à gésier est bien réel : son estomac épais et musculeux broie les particules alimentaires, à la manière du gésier d’un oiseau.
  • Le long filament de la nageoire dorsale est un des caractères les plus visibles de l’espèce. Il peut être endommagé ou usé chez certains individus, mais il est normalement bien développé.
  • Le surnom anglais sawbelly évoque la carène ventrale formée d’écailles dures et dentelées. En passant doucement le doigt sur le ventre d’un poisson, on peut sentir ce relief.
  • Les refroidissements brusques, particulièrement en automne ou en hiver, peuvent provoquer des mortalités massives chez cette espèce adaptée aux eaux chaudes.
  • Au Québec, seulement huit occurrences sont indiquées dans la fiche source, surtout en Montérégie. Ces données limitées ne permettent pas à elles seules d’estimer précisément l’abondance réelle de l’espèce.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : poissons, dorosomatidae, québec, vivant

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