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Le vivant

Aphis pomi

Le puceron vert du pommier (Aphis pomi) est un minuscule insecte suceur de sève de la famille des Aphididae, généralement long d’environ 1 à 2,5 mm. Son corps mou et piriforme est vert vif à vert jaunâtre; les cornicules et la cauda, situées à l’extrémité de l’abdomen, sont habituellement foncées. Ces caractères, de même que la forme des antennes et des pattes, permettent de le distinguer d’autres pucerons des rosacées.

Observations au Québec

26 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

Le puceron vert du pommier (Aphis pomi) est un minuscule insecte suceur de sève de la famille des Aphididae, généralement long d’environ 1 à 2,5 mm. Son corps mou et piriforme est vert vif à vert jaunâtre; les cornicules et la cauda, situées à l’extrémité de l’abdomen, sont habituellement foncées. Ces caractères, de même que la forme des antennes et des pattes, permettent de le distinguer d’autres pucerons des rosacées.

L’espèce présente des formes aptères, plus trapues et sédentaires, ainsi que des formes ailées, plus élancées, qui assurent la dispersion vers d’autres arbres. Les colonies se concentrent sur les jeunes pousses, les feuilles en croissance et les rejets de pommiers, de pommetiers et d’aubépines. Leurs piqûres dans le phloème peuvent enrouler, déformer ou rabougrir les feuilles terminales.

Aphis pomi n’est ni diurne ni nocturne : il se nourrit continuellement lorsque les conditions sont favorables. Il absorbe de grands volumes de sève et rejette l’excédent de sucres sous forme de miellat collant. Les individus d’une colonie sont souvent issus de la reproduction asexuée d’une même femelle. Lorsqu’un prédateur les dérange, les cornicules peuvent libérer une substance contenant une phéromone d’alarme; les pucerons voisins s’agitent, se déplacent ou se laissent tomber. L’encombrement de la colonie et la détérioration de la plante hôte favorisent la production d’individus ailés.

Répartition

Aphis pomi est largement répandu dans les régions tempérées où croissent des pommiers et d’autres rosacées ligneuses. Il est connu en Europe, en Asie tempérée et en Amérique du Nord, ainsi que dans plusieurs régions fruitières d’autres continents. Son histoire d’origine et de dispersion est difficile à départager, car les pommiers cultivés, les pommetiers ornementaux et leurs pucerons ont été déplacés depuis longtemps par les activités horticoles.

Au Québec, la fiche source fait état de 26 occurrences publiques : Montréal (8), Lanaudière (8), Capitale-Nationale (3), Montérégie (3), Bas-Saint-Laurent (3) et Côte-Nord (1). Ces mentions confirment sa présence tant dans le sud agricole et urbanisé que dans certaines régions plus nordiques. Elles ne décrivent toutefois pas nécessairement toute son aire québécoise, puisque les pucerons sont peu récoltés et rarement consignés à l’espèce.

L’espèce est surtout associée aux milieux où poussent ses hôtes : vergers, jardins, alignements de pommetiers, haies, friches et lisières comprenant des aubépines. Les colonies actives disparaissent avec les gelées automnales, mais les œufs d’hiver résistent au froid sur les rameaux. La disponibilité de jeunes pousses tendres au printemps et en début d’été influence fortement l’abondance locale.

Croissance et cycle de vie

Le cycle annuel d’Aphis pomi est monœcique : l’espèce passe toute l’année sur des rosacées ligneuses et ne requiert pas de plante herbacée secondaire. Les œufs noirs et luisants hivernent surtout près des bourgeons, dans les crevasses de l’écorce ou sur les jeunes rameaux. Ils éclosent au printemps, au moment du débourrement, et produisent des fondatrices généralement aptères.

Pendant la belle saison, plusieurs générations de femelles vivipares et parthénogénétiques se succèdent. Les femelles donnent naissance à des jeunes déjà formés, sans fécondation. Chaque nymphe passe par quatre stades séparés par des mues, puis atteint le stade adulte en environ une à deux semaines selon la température et la qualité de la plante hôte. Plusieurs générations peuvent ainsi se développer au cours d’un été québécois, avec des hausses rapides des populations sur les pousses vigoureuses de juin et de juillet.

Lorsque les colonies sont très denses ou que les tissus deviennent moins favorables, des femelles ailées apparaissent et gagnent d’autres arbres. La diminution de la photopériode et les conditions automnales entraînent ensuite la production de formes sexuées. Les mâles sont souvent ailés; les femelles ovipares, généralement aptères, s’accouplent puis déposent les œufs qui passeront l’hiver. Une femelle estivale ne vit habituellement que quelques semaines, mais la succession rapide des générations permet à la colonie de persister toute la saison.

Relations avec l'humain

Aphis pomi est un ravageur connu des pommiers, des pommetiers et d’autres rosacées ornementales. La fiche fournie ne lui attribue aucun statut dans la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. En verger, des colonies abondantes peuvent ralentir la croissance des jeunes arbres, déformer les pousses terminales et nuire à la formation de leur charpente. Le miellat peut souiller le feuillage et les fruits, puis favoriser la fumagine, un dépôt noirâtre de champignons qui se développe à la surface des matières sucrées.

Les dommages sont surtout préoccupants sur les jeunes arbres ou lorsque les infestations sont précoces et importantes. Dans les vergers établis, la surveillance des pousses infestées et la conservation des ennemis naturels constituent des éléments importants de la lutte intégrée. Les traitements insecticides à large spectre peuvent parfois aggraver les problèmes de pucerons en réduisant les populations de coccinelles, de syrphes, de chrysopes et de parasitoïdes. Une fertilisation azotée excessive peut aussi favoriser les infestations en stimulant la production de pousses très tendres.

En milieu urbain, l’espèce se remarque souvent davantage par son miellat que par les insectes eux-mêmes. Sous un pommetier infesté, les voitures, bancs et trottoirs peuvent devenir collants. Ce désagrément est généralement plus important que les effets sur la santé de l’arbre mature.

Relations avec les autres espèces

Le puceron vert du pommier occupe une place importante dans les réseaux alimentaires des vergers, jardins et haies. En prélevant la sève des rosacées ligneuses, il transforme une partie de cette ressource en biomasse accessible à de nombreux prédateurs, et en miellat utilisable par d’autres organismes. Ses principaux hôtes comprennent les pommiers et pommetiers (Malus), les aubépines (Crataegus) et, plus occasionnellement, d’autres rosacées comme certains poiriers, sorbiers et arbustes ornementaux.

Ses ennemis naturels comprennent les coccinelles, les larves de syrphes, les chrysopes, les hémérobes, les perce-oreilles et diverses punaises prédatrices. Des guêpes parasitoïdes, notamment parmi les Braconidae, pondent dans les pucerons; les hôtes parasités se transforment alors en « momies » renflées, souvent beiges ou brunâtres. Des champignons entomopathogènes peuvent également réduire fortement les colonies lors de périodes humides.

Les fourmis récoltent volontiers le miellat. Certaines peuvent protéger les colonies contre les prédateurs et les parasitoïdes, ce qui favorise leur maintien. Aphis pomi partage aussi ses hôtes avec d’autres pucerons, dont le puceron cendré du pommier, mais ces espèces n’occupent pas toujours les mêmes parties de l’arbre ni les mêmes périodes de la saison. Le miellat soutient enfin une petite communauté de micro-organismes, d’insectes et de champignons de surface, dont la fumagine.

Régime alimentaire

Aphis pomi est un phytophage qui se nourrit principalement de sève du phloème. Il ne mastique pas les tissus végétaux : son rostre porte de fins stylets qu’il glisse entre les cellules jusqu’aux tissus conducteurs. La sève du phloème est riche en sucres, mais relativement pauvre en certains acides aminés essentiels. Le puceron doit donc en absorber de grandes quantités et élimine une part importante des sucres sous forme de miellat.

Comme chez de nombreux pucerons, des bactéries symbiotiques vivant dans des cellules spécialisées contribuent à compléter son alimentation en fabriquant des nutriments que la sève fournit peu. Ce partenariat permet à l’insecte d’exploiter une ressource abondante, mais déséquilibrée sur le plan nutritionnel.

Au Québec, l’espèce se nourrit surtout sur le pommier cultivé, les pommetiers ornementaux et les aubépines. Les bourgeons qui s’ouvrent, les jeunes feuilles, les pousses terminales et les gourmands sont particulièrement recherchés, car leur sève est plus favorable à la croissance des colonies. Plus tard en été, les populations peuvent diminuer sur les rameaux durcis ou se concentrer sur les rejets et autres tissus encore tendres. Une taille vigoureuse ou une fertilisation excessive peut donc prolonger la disponibilité de sites de nourriture appropriés.

Anecdotes

  • Chez les générations estivales, les femelles sont vivipares et peuvent produire des filles qui portent déjà les ébauches de la génération suivante. Cet emboîtement contribue à la croissance très rapide d’une colonie sur une pousse de pommier.
  • Le miellat est surtout un excédent de sucres éliminé après l’ingestion de grandes quantités de sève. Sous un pommetier très infesté, il peut rendre collants les pare-brise, les bancs et les trottoirs.
  • Les cornicules ne sont pas des organes respiratoires. Elles peuvent émettre une substance défensive contenant une phéromone d’alarme, qui avertit les pucerons voisins de l’approche d’un prédateur.
  • Les fourmis ne « traient » pas les pucerons au sens strict, mais elles sollicitent souvent les gouttelettes de miellat avec leurs antennes. En échange de cette ressource, elles peuvent chasser les ennemis naturels des colonies.
  • Les petites momies visibles parmi les pucerons sont souvent le résultat du parasitisme par une guêpe minuscule. L’adulte parasitoïde quitte habituellement la momie en découpant une ouverture circulaire.
  • Malgré sa présence dans plusieurs régions du Québec, Aphis pomi n’est représenté que par 26 occurrences dans la fiche source. Les insectes communs et difficiles à identifier sont souvent sous-représentés dans les bases de données publiques.
  • L’épithète spécifique pomi renvoie au latin pomum, qui signifie « pomme » ou « fruit », et rappelle l’association étroite de l’espèce avec les pommiers.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : insectes, aphididae, québec, vivant

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