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Le vivant

Chauve-souris cendrée

La chauve-souris cendrée (Aeorestes cinereus, synonyme Lasiurus cinereus) est un chiroptère de la famille des Vespertilionidés. Elle est l'une des huit espèces de chauves-souris présentes au Québec et la plus grande d'entre elles. Espèce migratrice et arboricole, elle fréquente le territoire québécois durant la belle saison pour s'y reproduire, puis gagne des régions plus méridionales à l'automne. Elle figure sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Observations au Québec

18 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Chauve-souris cendrée
Visuel documentaire des traces typiques
  • Ne laisse ni nid ni colonie : elle se repose seule, suspendue dans le feuillage d'un arbre, souvent à 3 à 5 m de hauteur en bordure de forêt ou de clairière.
  • Sous un arbre-dortoir, on peut trouver quelques crottes noires, allongées et sèches, plus grosses que celles des petites chauves-souris, dispersées plutôt qu'en tas.
  • Ses crottes s'effritent facilement entre les doigts en une poudre pleine de fragments brillants d'insectes, contrairement aux crottes de souris, dures et lisses.
  • Des ailes de papillons de nuit détachées au sol sous un perchoir peuvent signaler un lieu d'alimentation, car les papillons nocturnes forment l'essentiel de son menu.
  • Au crépuscule tardif, on la voit voler vite et droit, assez haut au-dessus des champs, des lacs ou des clairières ; sa grande taille la distingue des autres chauves-souris du Québec.
  • Ses cris d'écholocation, de basse fréquence (environ 20 kHz), sont faciles à capter au détecteur d'ultrasons, et certains cliquetis sont parfois audibles à l'oreille.
  • À la fin de l'été et à l'automne, pendant sa migration vers le sud, on trouve parfois des individus morts sous les éoliennes ; leur fourrure est brune, givrée de blanc, avec une gorge jaunâtre.

Portrait et mode de vie

La chauve-souris cendrée est un mammifère de l'ordre des Chiroptères, famille des Vespertilionidés. Les fiches récentes la rattachent au genre Aeorestes, alors que de nombreux rapports plus anciens, y compris des documents gouvernementaux québécois, emploient le nom Lasiurus cinereus ; les deux désignent la même espèce.

Description

C'est la plus grande des chauves-souris du Québec. Son pelage épais est brun foncé, chaque poil étant terminé de blanc, ce qui lui donne l'aspect givré ou « cendré » à l'origine de son nom. La gorge porte un collier jaunâtre, les oreilles sont courtes, arrondies et bordées de noir, et la face dorsale de la membrane caudale est couverte de poils, un trait commun aux chauves-souris arboricoles du groupe des lasiures.

Comportement

L'espèce est solitaire. Plutôt que de s'abriter dans les grottes, les bâtiments ou les cavités, elle se repose le jour suspendue dans le feuillage des arbres, où son pelage l'aide à se confondre avec l'écorce et les feuilles. Elle sort chasser tard en soirée et vole de façon rapide et directe, souvent au-dessus de la canopée ou dans les espaces dégagés.

Ses cris d'écholocation sont de basse fréquence et peuvent être enregistrés lors des inventaires acoustiques de chauves-souris.

Répartition

La chauve-souris cendrée est l'une des chauves-souris dont l'aire de répartition est la plus vaste des Amériques. Au Canada, elle est présente d'un océan à l'autre.

Au Québec

L'espèce est indigène et régulière au Québec, où elle a été observée dans toutes les régions. Elle n'y réside toutefois pas à l'année : elle y séjourne principalement durant la période de reproduction, de la fin du printemps à l'automne, puis migre vers le sud.

Des inventaires environnementaux réalisés au Québec, notamment dans le cadre de projets éoliens soumis à l'évaluation environnementale, la décrivent comme largement répandue et relativement commune dans les relevés acoustiques.

Habitat

Au Québec, elle fréquente surtout les milieux forestiers de conifères et, plus accessoirement, les forêts de feuillus. Elle montre une préférence pour les clairières situées près des plans d'eau et des milieux humides, où les insectes abondent. Les documents ministériels l'associent aussi aux habitats forestiers ouverts et, à l'occasion, aux secteurs éclairés qui attirent les insectes nocturnes.

Migration

À l'automne, les individus quittent le Québec pour passer l'hiver dans des régions plus chaudes, dans des régions plus méridionales. Contrairement aux espèces cavernicoles, la chauve-souris cendrée n'hiberne pas en colonie dans les grottes ou les mines du Québec.

Croissance et cycle de vie

Le cycle de vie de la chauve-souris cendrée est étroitement lié à sa migration.

  • Accouplement : il survient à la fin de l'été ou à l'automne, souvent au moment des déplacements migratoires.
  • Fécondation différée : comme chez plusieurs Vespertilionidés des régions tempérées, la femelle conserve le sperme durant l'hiver ; l'ovulation et la fécondation ont lieu au printemps.
  • Mise bas : les naissances surviennent au début de l'été, généralement en juin. La portée compte habituellement deux petits, ce qui distingue l'espèce des chauves-souris cavernicoles, qui n'ont le plus souvent qu'un seul petit par année.
  • Élevage : la femelle élève seule ses petits dans le feuillage. Les jeunes deviennent capables de voler après environ un mois.
  • Automne : jeunes et adultes accumulent des réserves de graisse avant d'entreprendre la migration vers le sud.

Ce faible taux de reproduction, combiné à une longévité relativement élevée pour un petit mammifère, rend les populations sensibles à toute hausse de la mortalité des adultes.

Relations avec l'humain

Statut légal

Au Québec, la chauve-souris cendrée figure sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables, établie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. La fiche du Catalogue du vivant de Savoirs.Québec lui attribue le rang de priorité provincial S1S2, qui correspond à une espèce gravement en péril à en péril à l'échelle de la province.

À l'échelle fédérale, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué en 2023 la situation de la chauve-souris cendrée conjointement avec celle de la chauve-souris rousse de l'Est et de la chauve-souris argentée, trois espèces migratrices arboricoles. Cette évaluation du risque ne constitue pas, à elle seule, une protection légale fédérale. Au Québec, l'espèce figure sur la liste provinciale des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.

Éoliennes

Les parcs éoliens constituent la principale menace documentée pour l'espèce en Amérique du Nord. Les chauves-souris migratrices arboricoles représentent une part importante des carcasses retrouvées au pied des éoliennes, par collision avec les pales ou par barotraumatisme, et la mortalité culmine à la fin de l'été et à l'automne, pendant la migration. Une étude publiée en 2024 dans la revue Le Naturaliste canadien a simulé les effets des éoliennes sur la population selon trois scénarios de mortalité.

Au Québec, les projets éoliens soumis à la procédure d'évaluation environnementale comportent des inventaires acoustiques de chiroptères et des suivis de mortalité, fondés sur les protocoles standardisés du ministère responsable de la faune.

Autres menaces

La perte d'habitat forestier et la diminution des populations d'insectes nocturnes sont aussi évoquées. Parce qu'elle n'hiberne pas dans les grottes, l'espèce est peu exposée au syndrome du museau blanc, qui a décimé les chauves-souris cavernicoles du Québec.

Relations avec les autres espèces

Solitaire, la chauve-souris cendrée ne forme pas de colonies et ne partage généralement pas ses gîtes avec d'autres chauves-souris. Elle cohabite toutefois dans les mêmes milieux forestiers avec les deux autres espèces migratrices arboricoles du Québec, la chauve-souris rousse et la chauve-souris argentée, avec lesquelles elle partage un mode de vie et des menaces comparables.

Prédateurs

Ses principaux prédateurs sont des oiseaux, notamment les rapaces nocturnes et diurnes, qui peuvent la capturer en vol ou dans son gîte. Les jeunes, exposés dans le feuillage, sont plus vulnérables que les adultes.

Rôle écologique

En tant que prédatrice d'insectes nocturnes, en particulier de papillons de nuit, elle contribue à la régulation de populations d'insectes, dont certains ravageurs forestiers et agricoles. Elle occupe ainsi une place dans les réseaux trophiques des forêts québécoises, à l'interface entre les insectes et les prédateurs aviens.

Régime alimentaire

La chauve-souris cendrée est insectivore. Elle chasse en vol, en repérant ses proies par écholocation.

  • Proies principales : les papillons de nuit (lépidoptères) constituent l'essentiel de son alimentation.
  • Proies secondaires : elle consomme aussi des coléoptères, des diptères et d'autres insectes volants, selon leur disponibilité.

Sa grande taille lui permet de capturer des insectes plus gros que ceux chassés par la plupart des autres chauves-souris du Québec. Elle chasse volontiers au-dessus de la canopée, dans les clairières, au-dessus des plans d'eau et des milieux humides, ainsi que, à l'occasion, autour des sources lumineuses qui concentrent les insectes nocturnes.

À la fin de l'été, l'alimentation s'intensifie afin de constituer les réserves de graisse nécessaires à la migration automnale.

Anecdotes

  • Son nom français, comme son nom anglais Hoary Bat, évoque son pelage givré, dont les poils terminés de blanc lui donnent une apparence grisonnante.
  • La nomenclature de l'espèce a changé : le passage du genre Lasiurus au genre Aeorestes explique que les deux noms coexistent dans la documentation québécoise et canadienne.
  • Ses cris d'écholocation de basse fréquence peuvent être captés à bonne distance par les détecteurs acoustiques, ce qui en fait une espèce régulièrement enregistrée lors d'activités de suivi, notamment dans les parcs nationaux du Québec.

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — Fiche Chauve-souris cendrée
  2. Gouvernement du Québec — Fiche espèce : Chauve-souris cendrée
  3. Gouvernement du Canada — COSEPAC : évaluation et rapport de situation sur la chauve-souris cendrée, la chauve-souris rousse de l'Est et la chauve-souris argentée (2023)
  4. Ministère responsable de la faune — Recueil des protocoles standardisés d'inventaires acoustiques de chauves-souris
  5. Ministère responsable de la faune — Protocole standardisé d'inventaire de colonie estivale de chauves-souris
  6. Le Naturaliste canadien (Érudit) — Effets simulés des éoliennes sur la chauve-souris cendrée selon trois scénarios de mortalité (2024)
  7. NatureServe Explorer — Lasiurus cinereus, Hoary Bat
  8. Forêt privée — Chauves-souris du Québec
  9. Sépaq — Des chauves-souris sur écoute!
  10. Registre des évaluations environnementales du Québec — Inventaire acoustique des chiroptères
  11. Université du Québec à Montréal — Mémoire sur les chauves-souris au Québec
  12. Ministère responsable de la faune — Plan de rétablissement de la chauve-souris rousse 2021-2031

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Government of Canada — COSEWIC assessment and status report on the Hoary Bat, Eastern Red Bat and Silver-haired Bat
  2. Érudit — Notice/abstract de l’article précédent
  3. Bureau d’audiences publiques sur l’environnement / documents de dossier — Inventaire des chiroptères
  4. Bureau d’audiences publiques sur l’environnement / documents de dossier — Rapport de suivi
  5. Impact Assessment Agency of Canada — Inventaire des sites de repos potentiels des chiroptères
  6. SUIVI DES POPULATIONS DE CHIROPTÈRES LORS DES ...
  7. [PDF] Parc éolien du Mont-Rothery Suivi environnemental Faune avienne ...

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : chauve-souris cendrée, aeorestes cinereus, lasiurus cinereus, chiroptères, vespertilionidés, espèce migratrice, éoliennes, espèce susceptible, mammifères du québec

Validation éditoriale

Cet article a été relu de façon indépendante par les membres du comité éditorial. Les votes ci-dessous sont ceux du tour final.

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Synthèse de l'arbitre : Le comité reconnaît un article solide, neutre et bien documenté sur l’espèce au Québec. Le rang S1S2 correspond à la fiche du catalogue, malgré la cote S3 mentionnée dans une autre référence du dossier. L’issue précise de l’évaluation du COSEPAC de 2023 n’est pas reproduite dans le dossier; son omission prudente ne justifie pas une révision au dernier tour. Quelques attributions et détails biologiques peuvent être corrigés directement avant publication. Confiance : 85 % (24 septembre 2026)

Une validation par le comité réduit les risques d'erreur sans les éliminer. Les sources citées font foi. Processus éditorial : débat, visuels et historique.