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Le vivant

Chauve-souris nordique

La chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis) est un petit mammifère insectivore de la famille des Vespertilionidés, indigène et résidente du Québec, où elle vit toute l'année. Associée aux forêts matures et humides, surtout près des plans d'eau, elle passe l'hiver en hibernation dans des grottes et des mines. Depuis l'arrivée du syndrome du museau blanc au Québec en 2010, sa population a chuté d'environ 98 %. Elle est désignée menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables et porte le rang de priorité S1.

Observations au Québec

5 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Chauve-souris nordique
Visuel documentaire des traces typiques
  • Guano en petits granules noirs, secs et friables, de 2 à 5 mm, qui s'effritent en paillettes brillantes de restes d'insectes lorsqu'on les écrase.
  • Accumulation de guano au sol ou sur les rebords sous une fissure d'écorce, un chicot ou une entrée de grotte servant de gîte.
  • Ailes de papillons de nuit détachées et éparpillées sous un perchoir de repas, car l'espèce cueille ses proies sur le feuillage et les mange posée.
  • Gîtes d'été sous l'écorce décollée ou dans les cavités d'arbres morts ou vivants, en forêt mature plutôt que dans les bâtiments.
  • Hibernation dans les grottes et les mines abandonnées, souvent en individus isolés logés profondément dans les fissures des parois.
  • Taches brunâtres et huileuses laissées par le frottement du pelage autour de l'ouverture des fentes utilisées comme gîtes.
  • Cris d'écholocation très faibles et brefs, à haute fréquence (environ 40 à 120 kHz), détectables seulement de près à l'aide d'un détecteur d'ultrasons.
  • Chasse en vol lent et manœuvrable sous le couvert forestier, près du feuillage et le long des sentiers, à l'aube ou au crépuscule.

Portrait et mode de vie

La chauve-souris nordique est une petite chauve-souris du genre Myotis, de l'ordre des Chiroptères et de la famille des Vespertilionidés. Son pelage est brun, plus pâle sur le ventre, et elle se distingue des autres Myotis du Québec, notamment de la petite chauve-souris brune, par ses oreilles nettement plus longues et par un tragus long et effilé.

C'est un animal nocturne. Elle émerge de son gîte au crépuscule pour chasser, principalement à l'intérieur du couvert forestier plutôt qu'en milieu ouvert. Ses cris d'écholocation sont de haute fréquence et de faible intensité, adaptés à la chasse près de la végétation.

Au Québec, elle fait partie des huit espèces de chauves-souris présentes et des cinq espèces résidentes, qui ne migrent pas vers le sud en hiver. Les quatre autres espèces résidentes sont :

  • la petite chauve-souris brune ;
  • la grande chauve-souris brune ;
  • la pipistrelle de l'Est ;
  • la chauve-souris pygmée de l'Est.

Durant la saison froide, elle entre en hibernation dans des hibernacles souterrains, où elle se loge fréquemment dans des fissures et des crevasses de la roche, seule ou en petits groupes.

Répartition et habitat

L'aire de répartition de la chauve-souris nordique couvre une grande partie de l'est et du centre de l'Amérique du Nord. Au Canada, elle est présente des provinces de l'Atlantique jusqu'à l'est de la Colombie-Britannique.

Au Québec, l'espèce est répartie dans le sud de la province. Elle est étroitement associée aux milieux forestiers, en particulier aux forêts situées près des lacs, des cours d'eau, des étangs et des marécages. Elle est moins souvent observée en milieu urbain et dans les habitats forestiers fragmentés, ce qui la rend sensible à la perte de massifs forestiers continus.

Habitats saisonniers

SaisonType de gîte
ÉtéCavités d'arbres, dessous d'écorce décollée, arbres morts ou sénescents ; occasionnellement bâtiments
AutomneAbords des hibernacles, où se déroule le rassemblement automnal
HiverHibernacles : grottes et mines abandonnées

La disponibilité d'arbres morts ou vieillissants en forêt et la présence d'hibernacles adéquats, où l'humidité et la température demeurent stables, sont des éléments déterminants de son habitat.

Croissance et cycle de vie

Le cycle annuel de la chauve-souris nordique est rythmé par l'alternance entre la saison active et l'hibernation.

Reproduction

L'accouplement a lieu surtout à la fin de l'été et à l'automne, lors du rassemblement des individus près des hibernacles. Comme chez plusieurs chauves-souris des régions tempérées, la fécondation est différée : la femelle conserve le sperme durant l'hiver, et l'ovulation ainsi que la fécondation surviennent au printemps, à la sortie de l'hibernation.

Mise bas et élevage

Au printemps, les femelles forment des colonies de maternité, généralement de taille modeste, dans des arbres. Chaque femelle donne naissance à un seul petit par année, habituellement au début de l'été. Le jeune est allaité et devient apte au vol en quelques semaines. Les mâles vivent plutôt seuls ou en petits groupes durant l'été.

Hibernation et longévité

L'hibernation s'étend de l'automne au printemps. Durant cette période, l'animal abaisse fortement sa température corporelle et son métabolisme et vit sur ses réserves de graisse. Les réveils répétés, coûteux en énergie, compromettent sa survie hivernale.

Le faible taux de reproduction de l'espèce, d'un seul petit par femelle par année, limite sa capacité à se rétablir après un déclin important. En contrepartie, les individus peuvent vivre de nombreuses années.

Relations avec l'humain

Statut de protection

InstanceStatut
Québec (Loi sur les espèces menacées ou vulnérables)Menacée
Rang de priorité pour la conservation au QuébecS1
Canada (COSEPAC)En voie de disparition

Au Québec, la chauve-souris nordique est désignée menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Le rang S1 indique une espèce gravement en péril à l'échelle de la province. À l'échelle fédérale, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) l'a évaluée comme espèce en voie de disparition, en raison des effets du syndrome du museau blanc.

Rétablissement et suivi

Le ministère responsable de la faune a publié un Plan de rétablissement de trois espèces de chauves-souris résidentes du Québec (2019-2029), qui vise la chauve-souris nordique, la petite chauve-souris brune et la pipistrelle de l'Est. Au palier fédéral, Environnement et Changement climatique Canada a proposé un programme de rétablissement commun pour ces trois espèces.

L'espèce fait l'objet de protocoles standardisés d'inventaire, qu'il s'agisse de colonies estivales ou d'inventaires acoustiques, y compris dans le cadre de projets d'implantation d'éoliennes et d'études d'impact environnemental. La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) mène aussi des suivis acoustiques dans certains parcs nationaux.

Menaces d'origine humaine

Outre la maladie, les principales pressions sont la fragmentation et la perte des forêts matures, la coupe d'arbres morts servant de gîtes et le dérangement des hibernacles par la fréquentation humaine.

Relations avec les autres espèces

Syndrome du museau blanc

La principale menace pour la chauve-souris nordique est le syndrome du museau blanc, une maladie causée par le champignon Pseudogymnoascus destructans. Ce champignon, qui se développe dans le milieu frais et humide des hibernacles, colonise le museau, les oreilles et les ailes des chauves-souris en hibernation. L'infection provoque des réveils fréquents qui épuisent prématurément les réserves de graisse, entraînant souvent la mort avant la fin de l'hiver.

Apparu en Amérique du Nord dans l'État de New York au milieu des années 2000, le syndrome a été détecté au Québec en 2010. Depuis, la population québécoise de chauves-souris nordiques aurait diminué d'environ 98 %, ce qui en fait l'une des espèces les plus durement touchées. Le COSEPAC indique qu'elle est considérée comme rare au Québec.

Cohabitation et prédation

Dans les hibernacles, la chauve-souris nordique côtoie d'autres espèces résidentes, dont la petite chauve-souris brune, ce qui favorise la transmission du champignon entre individus et entre espèces. Comme les autres chauves-souris, elle peut être la proie de rapaces nocturnes, de mustélidés ou de chats domestiques.

Rôle écologique

En tant qu'insectivore forestier, elle participe à la régulation des populations d'insectes, dont certains ravageurs des forêts.

Régime alimentaire

La chauve-souris nordique se nourrit principalement d'insectes, notamment de papillons de nuit, de coléoptères et de diptères. Elle consomme aussi d'autres arthropodes, dont des araignées.

Sa technique de chasse la distingue de plusieurs autres chauves-souris du Québec. En plus de capturer des insectes en vol, elle pratique le glanage : grâce à ses longues oreilles et à ses cris d'écholocation de faible intensité, elle repère des proies immobiles posées sur le feuillage, les branches ou le sol, puis les saisit directement sur ces surfaces. Cette stratégie explique sa préférence pour le sous-bois et les lisières forestières, où la végétation dense offre de nombreuses proies.

La chasse a lieu surtout au crépuscule et au cours de la nuit, souvent à proximité de plans d'eau et de milieux humides, où les insectes abondent. Les proies de plus grande taille peuvent être consommées depuis un perchoir.

Avant l'hibernation, l'animal accumule des réserves de graisse qui doivent suffire à couvrir ses besoins durant tout l'hiver.

Anecdotes

  • En anglais, l'espèce porte le nom de Northern Myotis ; en français, elle est parfois appelée vespertilion nordique.
  • Son nom scientifique, septentrionalis, signifie « du nord » en latin.
  • La faible intensité de ses cris d'écholocation la rend plus difficile à détecter par les appareils d'inventaire acoustique que d'autres espèces, ce qui complique l'évaluation de ses effectifs.
  • Contrairement à la petite chauve-souris brune, qui hiberne souvent en grappes visibles sur les parois, la chauve-souris nordique se glisse volontiers dans des fissures de la roche, ce qui la rend discrète lors des visites d'hibernacles.
  • Au Québec, elle est l'une des trois espèces de chauves-souris résidentes regroupées dans un même plan de rétablissement, fait lié à leur vulnérabilité commune au syndrome du museau blanc.

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche Chauve-souris nordique
  2. Gouvernement du Québec — Chauve-souris nordique
  3. COSEPAC — Évaluation et Rapport de situation sur la chauve-souris nordique
  4. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Plan de rétablissement de trois espèces de chauves-souris résidentes du Québec (2019-2029)
  5. Gouvernement du Québec — Fiche synthèse du plan de rétablissement des trois espèces de chauves-souris résidentes
  6. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Protocole standardisé d'inventaire des colonies estivales de chauves-souris
  7. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Recueil des protocoles standardisés d'inventaires acoustiques de chauves-souris
  8. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Protocole d'inventaires acoustiques de chiroptères dans le cadre de projets d'implantation d'éoliennes au Québec
  9. Environnement et Changement climatique Canada — Programme de rétablissement proposé de la petite chauve-souris brune, de la chauve-souris nordique et de la pipistrelle de l'Est
  10. Sépaq — Des chauves-souris sur écoute!
  11. Sépaq — Les chauves-souris hibernent-elles dans les grottes du parc?
  12. Association forestière de la Mauricie — Chauves-souris du Québec
  13. Wikipédia — Vespertilion nordique
  14. GBIF — Myotis septentrionalis (clé taxonomique 2432436)

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Modèle Thèse-Mémoire
  2. Inventaire des sites de repos potentiels des chiroptères au site ...
  3. Petite chauve souris
  4. Protocole d'inventaires acoustiques de chiroptères dans le cadre de projets d'implantation d'éoliennes au Québec
  5. [PDF] ÉTUDE D'IMPACT ENVIRONNEMENTAL - Canada.ca
  6. CHAUVES-SOURIS
  7. [PDF] Inventaire acoustique des chiroptères au site de Troilus, dans la ...
  8. Plan de rétablissement de la chauve-souris rousse (Lasiurus ...

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : chauve-souris nordique, myotis septentrionalis, chiroptères, syndrome du museau blanc, espèce menacée, hibernation, chauves-souris résidentes, faune du québec

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Synthèse de l'arbitre : Les deux membres recommandent la publication et confirment la concordance des faits essentiels avec le dossier : habitat, déclin lié au syndrome du museau blanc et statut de conservation. Les formulations imprécises sur l’alimentation et le classement des espèces menacées, ainsi que deux attributions bibliographiques, se corrigent directement avant publication. Aucun problème majeur ne subsiste après ces retouches. La critique sur l’extension de l’aire canadienne jusqu’au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest est écartée, car elle n’est pas étayée par le dossier. Confiance : 91 % (24 septembre 2026)

Une validation par le comité réduit les risques d'erreur sans les éliminer. Les sources citées font foi. Processus éditorial : débat, visuels et historique.