Aller au contenu
savoirs.québec
Le vivant

Chauve-souris rousse de l'Est

La chauve-souris rousse de l'Est (Lasiurus borealis) est un petit mammifère volant de la famille des Vespertilionidés, l'une des huit espèces de chauves-souris présentes au Québec. Espèce migratrice et arboricole, elle fréquente le sud de la province, approximativement jusqu'au 52e parallèle, de mai à septembre, puis quitte le territoire pour l'hiver. Classée S1S2 au Québec, où elle figure parmi les espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables, elle a été désignée en voie de disparition au Canada par le COSEPAC en mai 2023. Le mâle se distingue par un pelage roux orangé, la femelle par une teinte plus jaune brun.

Observations au Québec

21 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Chauve-souris rousse de l'Est
Visuel documentaire des traces typiques
  • Aucune accumulation importante de guano dans les greniers ou les grottes : l’espèce se perche seule dans le feuillage des arbres, pas dans les bâtiments.
  • Quelques petites crottes noirâtres de 2 à 4 mm, friables et remplies de fragments d’insectes brillants, peuvent se trouver éparpillées sous un gîte feuillu.
  • Des ailes de papillons de nuit détachées sous une branche peuvent signaler un perchoir d’alimentation occasionnel.
  • Au repos, l’animal pend souvent par une seule patte sous une feuille d’érable, d’orme ou de chêne et ressemble à une feuille morte rousse.
  • Au crépuscule, on observe un vol rapide et direct, assez haut, souvent au-dessus de la cime des arbres, autour des lampadaires ou en lisière de forêt.
  • Au détecteur d’ultrasons, les cris d’écholocation ont une fréquence caractéristique d’environ 35 à 45 kHz et une forme en crochet variable.
  • À la fin de l’été et à l’automne, des carcasses au pelage roux orangé givré de blanc se trouvent parfois sous les éoliennes ou contre les fenêtres, pendant la migration.

Portrait et mode de vie

La chauve-souris rousse de l'Est est présente au Québec. Selon la fiche du gouvernement du Québec, elle mesure de 9 à 11 cm de longueur totale, pour une envergure de 29 à 33 cm et une masse de 8 à 18 g. Le gouvernement du Québec lui reconnaît aussi les noms de chauve-souris rousse et de chauve-souris rouge.

Apparence

Le dimorphisme sexuel de la coloration est marqué : le mâle arbore un pelage généralement roux orangé, tandis que la femelle présente une teinte plus jaune brun, souvent plus terne. Comme chez les autres membres du genre Lasiurus, la face supérieure de la membrane caudale (uropatagium) est densément couverte de poils, un caractère qui aide l'animal à se protéger du froid lorsqu'il s'enroule sur lui-même au repos.

Mode de vie

Contrairement aux chauves-souris cavernicoles, la chauve-souris rousse de l'Est est une espèce arboricole et solitaire. Elle passe la journée suspendue dans le feuillage des arbres, où sa coloration rappelle celle d'une feuille morte ou d'un cône. Elle ne forme pas de grandes colonies et ne fréquente pas les grottes ni les bâtiments pour se reposer.

Le soir venu, elle chasse les insectes en vol dans des milieux variés : forêts mixtes ou de conifères matures, clairières, abords des rivières, des lacs et des étangs, ainsi que milieux périurbains. Elle est souvent associée aux secteurs où les insectes se concentrent, notamment autour des lampadaires.

Répartition

La chauve-souris rousse de l'Est est répandue dans l'est de l'Amérique du Nord. Au Québec, elle se trouve à la limite nord de son aire de répartition.

Au Québec

Sa présence québécoise couvre surtout le sud de la province, approximativement jusqu'au 52e parallèle. Des observations ont été confirmées dans plusieurs régions administratives, dont :

  • l'Outaouais ;
  • la Montérégie ;
  • l'Estrie ;
  • Montréal ;
  • la Côte-Nord ;
  • d'autres régions du sud et du centre du Québec.

Le gouvernement du Québec précise qu'il demeure difficile de déterminer jusqu'à quelle latitude l'espèce peut survivre sur son territoire.

Présence saisonnière

L'espèce ne réside pas au Québec à l'année. Elle y est présente principalement de mai à septembre, période durant laquelle elle se reproduit et élève ses petits. À l'automne, elle migre vers le sud du continent pour y passer l'hiver. Les documents ministériels la classent parmi les trois chauves-souris migratrices du Québec, avec la chauve-souris cendrée et la chauve-souris argentée.

Détection

En raison de ses mœurs solitaires et de ses sites de repos dispersés dans le feuillage, l'espèce est difficile à observer directement. Sa répartition est surtout documentée par des inventaires acoustiques, qui enregistrent les ultrasons d'écholocation émis en vol. Le ministère responsable de la faune a publié un protocole d'inventaire acoustique des chiroptères, utilisé notamment dans le cadre des projets d'implantation d'éoliennes, et la Sépaq mène des suivis acoustiques dans certains parcs nationaux.

Croissance et cycle de vie

Le cycle annuel de la chauve-souris rousse de l'Est s'organise autour de la migration : reproduction et élevage des jeunes durant l'été dans le nord de l'aire de répartition, hivernage plus au sud.

Accouplement

L'accouplement a lieu vers la fin de l'été ou à l'automne. Comme chez plusieurs vespertilionidés des régions tempérées, la fécondation est différée : la femelle conserve le sperme et l'ovulation ne survient qu'au printemps suivant.

Mise bas et élevage

Les naissances surviennent au début de l'été, généralement en juin. L'espèce se distingue de la plupart des chauves-souris par la taille de ses portées : alors que de nombreuses espèces ne donnent naissance qu'à un seul petit par année, la femelle de la chauve-souris rousse peut en mettre bas plusieurs, le plus souvent de deux à quatre. Elle possède quatre mamelles, un nombre inhabituel chez les chiroptères.

Les jeunes demeurent dans le feuillage pendant que leur mère chasse. Ils deviennent aptes au vol au bout de quelques semaines. Le feuillage des arbres sert ainsi à la fois de site de repos diurne et de site de maternage.

Migration et hivernage

À la fin de l'été, les individus quittent le Québec pour gagner des régions plus méridionales. L'espèce n'hiberne pas dans les grottes ni les mines, contrairement aux chauves-souris résidentes du Québec ; dans le sud de son aire, elle peut passer les périodes froides dans le feuillage ou au sol, dans la litière de feuilles.

Relations avec l'humain

Statut de l'espèce

Au Québec, la chauve-souris rousse de l'Est porte le rang de conservation S1S2, ce qui la situe entre les catégories « gravement en péril » et « en péril » à l'échelle de la province. La fiche gouvernementale québécoise et la liste réglementaire adoptée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables la présentent comme une espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable. Un rapport ministériel antérieur sur sa situation la traitait déjà comme une espèce préoccupante, en raison de la rareté des connaissances et des pressions exercées sur ses populations.

À l'échelle canadienne, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) l'a désignée en voie de disparition en mai 2023, dans le cadre d'une évaluation portant conjointement sur les trois chauves-souris migratrices : la chauve-souris cendrée, la chauve-souris rousse de l'Est et la chauve-souris argentée.

Menaces

La principale menace documentée pour les chauves-souris migratrices en Amérique du Nord est la mortalité causée par les éoliennes, particulièrement lors des déplacements de fin d'été et d'automne. C'est pourquoi les projets éoliens au Québec font l'objet d'inventaires acoustiques de chiroptères selon un protocole ministériel. La perte et la modification des habitats forestiers constituent d'autres pressions.

Parce qu'elle n'hiberne pas en colonie dans les grottes, l'espèce est beaucoup moins exposée que les chauves-souris résidentes au syndrome du museau blanc, maladie fongique qui a décimé les populations cavernicoles du Québec.

Utilité

Comme les autres chauves-souris insectivores, elle consomme de nombreux insectes nocturnes. Des organismes agroforestiers québécois encouragent le maintien d'arbres et de haies en milieu agricole pour favoriser les chauves-souris.

Relations avec les autres espèces

La chauve-souris rousse de l'Est occupe une place de prédateur d'insectes nocturnes dans les écosystèmes forestiers et riverains du sud du Québec.

Prédateurs

Son mode de repos à découvert dans le feuillage l'expose à des prédateurs diurnes et nocturnes. Les oiseaux de proie et certains oiseaux opportunistes peuvent s'en prendre aux adultes comme aux jeunes laissés seuls dans les branches pendant la chasse de la mère. Sa coloration rousse, qui la fait ressembler à une feuille morte, constitue une forme de camouflage.

Autres chauves-souris

Au Québec, elle partage ses milieux de chasse avec les sept autres espèces de chauves-souris de la province. Elle se rapproche écologiquement des deux autres espèces migratrices, la chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus), du même genre, et la chauve-souris argentée (Lasionycteris noctivagans). Ces trois espèces partagent un mode de vie arboricole, des migrations saisonnières et une vulnérabilité commune aux éoliennes, ce qui explique leur évaluation conjointe par le COSEPAC en 2023.

Elle se distingue en revanche des chauves-souris résidentes, comme la petite chauve-souris brune, qui hibernent en colonies dans des grottes ou des mines et qui ont été fortement touchées par le syndrome du museau blanc.

Habitat partagé

Sa dépendance à l'égard des arbres feuillus et des forêts matures pour le repos et la mise bas la lie étroitement à la structure de la forêt. Les lisières, les clairières et les plans d'eau, riches en insectes, constituent pour elle des zones d'alimentation importantes.

Régime alimentaire

La chauve-souris rousse de l'Est est strictement insectivore. Elle chasse en vol, au crépuscule et durant la nuit, en repérant ses proies par écholocation, c'est-à-dire en émettant des ultrasons dont elle analyse l'écho.

Proies

Son régime est dominé par les papillons de nuit (lépidoptères), auxquels s'ajoutent d'autres insectes volants nocturnes, comme des coléoptères, des diptères et divers insectes associés aux milieux humides. La composition exacte de son alimentation varie selon les milieux fréquentés et l'abondance saisonnière des proies.

Milieux de chasse

Elle chasse habituellement :

  • au-dessus de la canopée et le long des lisières forestières ;
  • dans les clairières ;
  • au-dessus des rivières, des lacs et des étangs ;
  • en milieu périurbain, où elle peut profiter de la concentration d'insectes attirés par les lampadaires.

Cette capacité à exploiter les sources lumineuses artificielles la rend parfois observable au début de la nuit en bordure des zones habitées, là où les insectes s'accumulent autour de l'éclairage public.

Anecdotes

  • Le nom scientifique Lasiurus borealis renvoie à deux traits de l'espèce : Lasiurus signifie « à queue velue », en référence à la membrane caudale couverte de poils, et borealis signifie « du nord ».
  • Sa coloration rousse, rare chez les chauves-souris québécoises, lui a valu les noms populaires de chauve-souris rousse et de chauve-souris rouge.
  • Elle compte parmi les rares chauves-souris capables de donner naissance à plusieurs petits à la fois, alors que la majorité des espèces n'en ont qu'un par année.
  • Au repos, suspendue par une patte dans le feuillage et enroulée dans sa membrane caudale velue, elle peut être confondue avec une feuille morte ou un fruit sec.
  • En 2023, le COSEPAC a désigné les trois chauves-souris migratrices canadiennes en voie de disparition, notamment en raison de la mortalité liée aux éoliennes.

Sources

  1. Gouvernement du Québec — Fiche espèce faunique : Chauve-souris rousse de l'Est
  2. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur la chauve-souris cendrée, la chauve-souris rousse de l'Est et la chauve-souris argentée (2023)
  3. Environnement et Changement climatique Canada — Registre public des espèces en péril
  4. LégisQuébec — Liste des espèces de la faune menacées ou vulnérables susceptibles d'être ainsi désignées (E-12.01, r. 3)
  5. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Protocole d'inventaires acoustiques de chiroptères dans le cadre de projets d'implantation d'éoliennes au Québec
  6. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Rapport sur la situation de la chauve-souris rousse au Québec
  7. Chauves-souris du Québec (document de l'AFM)
  8. CERFO — Comment favoriser les chauves-souris en milieu agricole
  9. Sépaq — Des chauves-souris sur écoute!
  10. GBIF — Lasiurus borealis
  11. Catalogue of Life — Lasiurus borealis
  12. Savoirs.Québec — Catalogue du vivant, fiche 734

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Plan de rétablissement de la chauve-souris rousse (2021-2031)
  2. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Protocole d’inventaires acoustiques de chiroptères
  3. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Guide standardisé d’inventaire de colonie estivale
  4. MELCCFP — Inventaire acoustique des chiroptères (dossier 3211-12-267)
  5. Fish and Wildlife Service / NatureServe-style reference not retenue faute d’adresse consultée avec certitude
  6. Plan de rétablissement de trois espèces de chauves-souris ...
  7. Modèle Thèse-Mémoire
  8. [PDF] ÉTUDE D'IMPACT ENVIRONNEMENTAL - Canada.ca
  9. CHAUVES-SOURIS

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Révision de clôture — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Supervision — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : chauve-souris, chiroptères, vespertilionidés, espèce migratrice, espèce en péril, faune du québec, éoliennes, insectivore

Validation éditoriale

Cet article a été relu de façon indépendante par les membres du comité éditorial. Les votes ci-dessous sont ceux du tour final.

  • OpenAIRéviser7.8 / 10GPT 6 Sol
  • AnthropicRéviser8.4 / 10Claude Opus 5 5

Synthèse de l'arbitre : Les deux membres jugent l’article solide sur la description de l’espèce, sa présence au Québec et l’évaluation du COSEPAC. Ils relèvent toutefois une erreur dans la présentation du statut légal québécois : le texte et l’infobox affirment une désignation « vulnérable », alors que les références gouvernementales du dossier indiquent une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Ce fait faux justifie une révision même au dernier tour. Les autres retouches peuvent être apportées sans nouvel arbitrage. Confiance : 94 % (24 septembre 2026)

Une validation par le comité réduit les risques d'erreur sans les éliminer. Les sources citées font foi. Processus éditorial : débat, visuels et historique.