Portrait et mode de vie
Coleophora trifolii appartient à l'ordre des lépidoptères et à la famille des Coleophoridae, un ensemble de très petits papillons dont les chenilles portent, pendant une grande partie de leur développement, un fourreau de soie qu'elles transportent en se déplaçant. Le genre Coleophora compte plusieurs centaines d'espèces dans le monde, souvent difficiles à distinguer les unes des autres sans examen attentif.
L'adulte est un papillon de petite taille aux ailes étroites et frangées, caractéristiques de la famille. Les ailes antérieures présentent un reflet métallique vert bronzé, et les antennes, longues et fines, sont portées vers l'avant au repos. Au repos, l'insecte adopte une posture typique des coléophores, les ailes serrées le long du corps et la partie antérieure légèrement relevée.
Les adultes volent en été et sont généralement observés à proximité immédiate de leurs plantes hôtes, les mélilots. Des sources européennes signalent une activité diurne par temps ensoleillé; ces observations ne décrivent pas nécessairement le comportement de l'espèce au Québec. Leur petite taille les rend facilement inaperçus pour un observateur non averti.
Répartition
L'aire d'origine de Coleophora trifolii se situe dans la région paléarctique, notamment en Europe, où l'espèce est largement documentée, entre autres au Royaume-Uni. Elle est également signalée en Amérique du Nord, où les mélilots, ses plantes hôtes, ont été introduits.
L'espèce figure au catalogue du vivant de Savoirs.Québec. Sa fiche indique 49 occurrences GBIF, sans en préciser la localisation; ce chiffre ne permet donc pas d'établir sa répartition au Québec.
Les mélilots sont ses plantes hôtes, mais leur présence dans un milieu ne permet pas d'y établir celle de l'insecte.
La fiche du catalogue ne renseigne ni rang de priorité provincial ni statut en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les lépidoptères, Coleophora trifolii connaît une métamorphose complète comprenant quatre stades : œuf, chenille, chrysalide et adulte.
Les chenilles sont associées aux mélilots, dont elles consomment les graines, et vivent dans un fourreau portatif, caractéristique du genre Coleophora.
Les adultes sont observés en été. Le dossier ne permet pas de préciser l'hivernage, le nombre de générations annuelles ni la phénologie de l'espèce au Québec.
Régime alimentaire
La chenille de Coleophora trifolii est spécialisée sur les plantes du genre Melilotus, de la famille des fabacées (légumineuses). Les principales plantes hôtes signalées sont :
- le mélilot blanc (Melilotus albus) ;
- le mélilot officinal ou mélilot jaune (Melilotus officinalis) ;
- d'autres espèces de mélilots selon les régions, notamment en Europe.
La larve se nourrit principalement des graines contenues dans les petites gousses des mélilots. Ce régime séminivore la distingue de nombreux autres coléophores, dont les chenilles sont mineuses de feuilles et laissent sur le limbe des taches caractéristiques.
L'association des chenilles aux mélilots ne permet toutefois pas de déduire la répartition de l'espèce à partir de celle de ces plantes.
Relations avec les autres espèces
Coleophora trifolii s'insère dans la communauté d'insectes associée aux mélilots, plantes très fréquentées par les pollinisateurs, dont les abeilles domestiques et de nombreuses abeilles sauvages.
Comme les autres microlépidoptères, l'espèce constitue une ressource alimentaire pour divers prédateurs : araignées, insectes prédateurs et oiseaux insectivores. Le fourreau offre une certaine protection, mais les chenilles de coléophores sont néanmoins la cible de guêpes parasitoïdes spécialisées, notamment des hyménoptères de petite taille qui pondent dans les larves.
La famille des Coleophoridae compte plusieurs espèces associées aux légumineuses. La ressemblance entre espèces du genre Coleophora peut rendre leur identification difficile.
Relations avec l'humain
Les mélilots dont il dépend ont été cultivés en Amérique du Nord comme plantes fourragères, engrais verts et plantes mellifères, avant de se naturaliser largement dans les milieux perturbés.
Les mélilots sont par ailleurs considérés comme envahissants dans certains milieux naturels ouverts d'Amérique du Nord.
L'espèce intéresse surtout les entomologistes et les naturalistes amateurs qui inventorient les microlépidoptères. Les observations photographiques peuvent contribuer à documenter l'espèce, sous réserve d'une identification fiable compte tenu de la ressemblance entre espèces du genre.
Anecdotes
- L'épithète spécifique trifolii renvoie au genre Trifolium, celui des trèfles. Ce choix s'explique par l'histoire de la nomenclature botanique : les mélilots ont longtemps été classés parmi les trèfles, avant d'être réunis dans le genre Melilotus.
- Le nom anglais Large Clover Case-bearer (« grand porte-fourreau du trèfle ») reflète la même association historique avec les trèfles, alors que la plante hôte réelle est le mélilot.
- Les chenilles du genre Coleophora sont souvent plus faciles à identifier par la forme de leur fourreau que les adultes eux-mêmes, qui se ressemblent beaucoup d'une espèce à l'autre.
- L'espèce a été décrite en 1832 par l'entomologiste britannique John Curtis, auteur d'un important ouvrage illustré sur les insectes de Grande-Bretagne.
