Portrait et mode de vie
Colias hecla est un papillon de taille moyenne appartenant à la sous-famille des Coliadinae, qui regroupe les coliades. Comme les autres membres du genre Colias, il garde les ailes refermées au repos. Il ne montre alors que le revers de ses ailes.
Aspect
- Dessus des ailes : chez le mâle, les ailes sont d'un orangé vif et bordées d'une large marge noire continue. La femelle présente une bordure noire parsemée de taches claires. Certaines femelles arborent une coloration pâle, blanchâtre ou verdâtre, un phénomène courant dans le genre.
- Revers des ailes : il est d'une teinte vert olive à jaune verdâtre. L'aile postérieure porte une tache discale claire cerclée de rose ou de rougeâtre. Cette teinte sombre du revers est souvent associée, chez les papillons arctiques, à l'absorption de la chaleur solaire.
Comportement
L'espèce est héliophile : elle vole surtout par temps ensoleillé et calme. Sous un ciel couvert ou par temps venteux, elle se pose au ras du sol, parmi la végétation basse de la toundra. Son vol est rapide et rasant. Les mâles patrouillent les milieux ouverts à la recherche de femelles. Les adultes butinent les fleurs disponibles pendant la courte saison estivale arctique.
Répartition
Colias hecla est une espèce holarctique à répartition circumpolaire. On le trouve dans les régions arctiques et subarctiques de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord.
En Amérique du Nord
L'espèce occupe la toundra de l'Alaska et du nord du Canada, depuis le Yukon jusqu'au Labrador, en passant par les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Elle est aussi présente au Groenland. Vers le sud, elle atteint les basses terres côtières de la baie d'Hudson, notamment dans le nord de l'Ontario et du Manitoba.
Au Québec
Au Québec, l'espèce est inscrite à la liste des papillons de la province. Sa présence y est signalée dans le Nord québécois. Elle fréquente la toundra arctique et les milieux ouverts nordiques.
Habitat
L'espèce fréquente des milieux ouverts, froids et souvent humides :
- toundra herbacée et arbustive basse ;
- prés humides et bords de cours d'eau ;
- pentes et replats où poussent ses plantes hôtes, des légumineuses.
Données d'occurrence
Le catalogue du vivant de la plateforme rattache 58 occurrences à la clé taxonomique GBIF 5137595. La fiche ne précise ni la date ni la répartition géographique de ces occurrences.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les lépidoptères, Colias hecla connaît une métamorphose complète. Son cycle comprend quatre stades : l'œuf, la chenille, la chrysalide et l'adulte.
Saison de vol
L'espèce produit généralement une génération par année; sa période de vol estivale est courte. Les dates varient selon la latitude et les conditions de l'année.
Développement
La chenille se nourrit de légumineuses. Les détails du développement de l’espèce dans le Nord québécois ne sont pas établis par les sources retenues.
Nutrition et écologie trophique
Plantes hôtes de la chenille
La chenille de Colias hecla se nourrit de plantes de la famille des Fabacées (légumineuses) adaptées aux milieux arctiques. La plante hôte la plus souvent citée est l'astragale alpin (Astragalus alpinus).
Cette dépendance envers les légumineuses est un trait commun à de nombreuses espèces du genre Colias. La présence de l'espèce dans un secteur dépend donc en bonne partie de l'abondance locale de ces plantes.
Alimentation des adultes
Les adultes se nourrissent du nectar des fleurs de la toundra. Ils visitent les plantes à floraison estivale disponibles pendant leur courte période de vol. Dans les milieux arctiques, où la floraison est concentrée sur quelques semaines, les adultes émergent en même temps que les fleurs dont ils dépendent pour s'alimenter.
Relations avec les autres espèces
Dans la toundra, Colias hecla interagit notamment avec les plantes dont il se nourrit.
Les adultes butinent des fleurs, tandis que les chenilles consomment des légumineuses hôtes. Les sources retenues ne permettent pas de préciser les autres interactions écologiques propres à l’espèce.arasitoïdes.
Espèces apparentées
Dans le Nord québécois et au Labrador, d'autres coliades nordiques partagent des milieux semblables. Les coliades se ressemblent fortement entre eux et peuvent s'hybrider. Leur identification repose souvent sur l'examen attentif de la coloration du dessus et du revers des ailes.
Relations avec l'humain
Colias hecla vit dans des régions peu peuplées et n'a pas d'importance économique connue. Il n'est pas considéré comme nuisible, puisque ses plantes hôtes sont des espèces sauvages de la toundra.
Sa répartition nordique en fait un sujet d'intérêt pour l'entomologie arctique et l'étude des adaptations au froid. Les insectes de l'Arctique sont aussi suivis comme indicateurs potentiels des changements climatiques. Les milieux qu'ils occupent sont en effet sensibles au réchauffement.
Statut
Aucune désignation légale propre à l'espèce n'est rapportée au Québec, notamment en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Les sources entomologiques canadiennes la présentent comme une espèce nordique documentée.
Taxonomie et anecdotes
L'espèce a été décrite en 1836 par l'entomologiste français Alexandre Louis Lefèbvre. Elle est classée dans le genre Colias, au sein de la famille des Pieridae.
Sous-espèces et synonymes
La délimitation des sous-espèces de Colias hecla varie selon les auteurs :
- certaines classifications nord-américaines reconnaissent notamment les sous-espèces hecla et hela ;
- la littérature historique emploie aussi les noms glacialis et canadensis, dont le rang et le rattachement dépendent de la référence retenue.
Le genre Colias est réputé difficile sur le plan taxonomique. La variabilité individuelle, l'existence de femelles de couleur pâle et les hybridations entre espèces voisines compliquent la définition des taxons.
Nom
Les noms anglais Hecla Sulphur et Northern Clouded Yellow sont employés pour désigner l’espèce.
