Portrait et mode de vie
Dytiscus harrisii Kirby, 1837 est un insecte de l'ordre des Coléoptères (Coleoptera) et de la famille des Dytiscidae. Le genre Dytiscus rassemble des espèces de grande taille au sein de cette famille, caractérisées par un corps ovale, aplati et hydrodynamique, ainsi que par des pattes postérieures aplaties et frangées de soies qui servent de rames.
Comme les autres dytiques, l'adulte vit sous l'eau mais respire l'air atmosphérique. Il remonte périodiquement à la surface, y présente l'extrémité de son abdomen et emmagasine une réserve d'air sous ses élytres, qu'il utilise lors de ses plongées. Les adultes du genre sont aussi capables de voler, ce qui leur permet de coloniser de nouveaux plans d'eau.
Chez les Dytiscus, les mâles portent sur les tarses antérieurs des disques adhésifs élargis, utilisés pour s'agripper à la femelle lors de l'accouplement. Ce dimorphisme sexuel est un caractère commun du genre.
L'identification précise des espèces de Dytiscus repose sur des critères morphologiques fins (coloration des marges du pronotum et des élytres, forme des pièces ventrales, caractères des organes génitaux mâles) et nécessite généralement l'examen de spécimens à l'aide de clés spécialisées.
Répartition
Dytiscus harrisii est une espèce nord-américaine. Le catalogue mondial des Dytiscidae la répertorie dans la région biogéographique néarctique.
Une étude consacrée aux coléoptères aquatiques de l'Île-du-Prince-Édouard rapporte sa présence dans plusieurs provinces et territoires canadiens, dont le Québec. Cette mention publiée appuie la présence de l'espèce dans la province, sans toutefois en préciser la répartition détaillée par région.
Habitats rapportés
La littérature associe l'espèce aux milieux suivants :
- étangs permanents peu profonds et chauds ;
- marais à carex ;
- étangs de castors ;
- bordures de cours d'eau boréaux à faible courant.
Ces milieux, fréquents dans les paysages forestiers et humides du Québec, correspondent aux eaux calmes et riches en végétation que privilégient généralement les grands dytiques.
Occurrences documentées
La fiche du Catalogue du vivant de Savoirs.Québec indique 24 occurrences GBIF rattachées au taxon, dont la clé taxonomique est 1038073. Ce décompte, sans date de référence précisée, ne correspond ni à un nombre d'occurrences québécoises ni à une mesure de l'abondance réelle de l'espèce.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les coléoptères, Dytiscus harrisii connaît une métamorphose complète, qui comprend quatre stades : l'œuf, la larve, la nymphe et l'adulte.
Chez les espèces du genre Dytiscus, la femelle pond généralement ses œufs dans les tissus de plantes aquatiques ou à proximité immédiate de celles-ci. Les larves, entièrement aquatiques, sont allongées et munies de mandibules en forme de crochets. Elles grandissent en passant par plusieurs mues successives.
Parvenue au terme de son développement, la larve quitte l'eau pour se nymphoser dans une loge creusée dans le sol humide des rives. L'adulte qui en émerge regagne ensuite le milieu aquatique.
Dans les régions à hiver rigoureux comme le Québec, les dytiques adultes passent couramment la mauvaise saison sous la glace, dans les plans d'eau qui ne gèlent pas jusqu'au fond. Ces éléments décrivent le cycle de vie général des dytiques, sans préciser le calendrier de reproduction ni la longévité de D. harrisii au Québec.
Régime alimentaire
Les dytiques du genre Dytiscus sont des prédateurs, tant au stade larvaire qu'au stade adulte.
Larve
La larve des grands dytiques, parfois surnommée « tigre d'eau », chasse à l'affût ou en patrouille dans la végétation submergée. Elle saisit ses proies à l'aide de ses mandibules creuses, par lesquelles elle injecte des sucs digestifs avant d'aspirer les tissus prédigérés. Ce mode de digestion extra-orale est caractéristique des larves de la famille.
Adulte
L'adulte se nourrit d'invertébrés aquatiques et, chez les grandes espèces, peut capturer de petits vertébrés tels que des têtards ou de petits poissons. Il consomme aussi à l'occasion des animaux morts ou affaiblis.
Les proies typiques des dytiques dans les étangs et marais comprennent :
- larves d'insectes aquatiques, notamment de moustiques et d'odonates ;
- crustacés et autres petits invertébrés ;
- têtards et larves d'amphibiens ;
- alevins et petits poissons.
Ces éléments décrivent le comportement alimentaire général du genre Dytiscus.
Relations avec les autres espèces
Par leur taille et leur régime prédateur, les grands dytiques occupent une place élevée dans les réseaux trophiques des petits plans d'eau sans poissons ou pauvres en poissons. Ils y exercent une pression de prédation sur les communautés d'invertébrés et sur les larves d'amphibiens.
Les dytiques servent eux-mêmes de proies à divers vertébrés, notamment des oiseaux aquatiques, des poissons et des amphibiens adultes. Pour se défendre, de nombreux Dytiscidae sécrètent par des glandes spécialisées des substances répulsives.
L'association de D. harrisii aux étangs de castors illustre le lien indirect qui unit l'espèce au castor du Canada (Castor canadensis). En édifiant des barrages, le castor crée et maintient des étendues d'eau calme, peu profonde et riche en végétation, qui conviennent aux coléoptères aquatiques.
Les marais à carex, autre habitat rapporté, offrent par ailleurs une structure végétale dense, propice à la ponte, à la chasse des larves et à l'abri des adultes.
Relations avec l'humain
Les grands dytiques peuvent infliger une morsure douloureuse s'ils sont manipulés sans précaution, mais ils ne sont pas dangereux pour l'humain.
Les coléoptères aquatiques sont régulièrement utilisés dans les inventaires entomologiques des milieux humides, car la composition de leurs communautés renseigne sur la nature et l'état des habitats d'eau douce. En tant que prédateurs de larves d'insectes, dont celles de moustiques, les dytiques participent également à la régulation naturelle de ces populations dans les étangs.
La conservation des milieux humides, des étangs et des marais demeure néanmoins le principal facteur favorable au maintien des populations de dytiques.
Taxinomie
L'espèce a été décrite par le naturaliste anglais William Kirby en 1837, sous le nom de Dytiscus harrisii, qui demeure son nom valide.
| Rang | Taxon |
|---|---|
| Classe | Insecta |
| Ordre | Coleoptera |
| Famille | Dytiscidae |
| Genre | Dytiscus |
| Espèce | Dytiscus harrisii Kirby, 1837 |
La famille des Dytiscidae compte plusieurs milliers d'espèces dans le monde et regroupe la majorité des coléoptères aquatiques prédateurs. Le genre Dytiscus est réparti dans l'hémisphère Nord, en Amérique du Nord comme en Eurasie, et plusieurs de ses espèces sont présentes au Canada.
Le taxon est répertorié dans les grandes bases taxonomiques de référence, notamment la taxonomie du National Center for Biotechnology Information (NCBI), le Système intégré d'information taxonomique (ITIS) et le Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF). Sa clé taxonomique dans GBIF est 1038073.
