Définition et composition
Les collines Montérégiennes désignent un ensemble de reliefs orientés approximativement d'ouest en est, qui s'élèvent au-dessus de la plaine du Saint-Laurent, de part et d'autre de la rivière Richelieu. Leur nombre varie selon les sources consultées.
La Commission de toponymie du Québec en répertorie huit :
- le mont Royal ;
- le mont Saint-Bruno ;
- le mont Saint-Hilaire ;
- le mont Rougemont ;
- le mont Yamaska ;
- le mont Saint-Grégoire ;
- le mont Shefford ;
- le mont Brome.
Le gouvernement du Québec, dans sa présentation de la géologie du territoire, en dénombre neuf. Certains usages, géologiques ou paysagers, rattachent aussi à l'ensemble les collines d'Oka, au nord-ouest de Montréal, ainsi que, plus rarement, le mont Mégantic, situé beaucoup plus à l'est, en Estrie, et dont la mise en place est apparentée.
Cette variabilité tient au fait que l'appellation recouvre à la fois une entité géologique, définie par la nature et l'âge des roches, et une entité paysagère, définie par l'alignement visible des collines au-dessus de la plaine.
Géographie
Les collines s'échelonnent sur une centaine de kilomètres, de l'île de Montréal jusqu'au piémont des Appalaches. Elles se trouvent pour l'essentiel dans les régions administratives de Montréal et de la Montérégie.
| Colline | Localisation principale |
|---|---|
| Mont Royal | Ville de Montréal |
| Mont Saint-Bruno | Saint-Bruno-de-Montarville (agglomération de Longueuil) |
| Mont Saint-Hilaire | MRC de La Vallée-du-Richelieu |
| Mont Rougemont | MRC de Rouville |
| Mont Yamaska | MRC de Rouville |
| Mont Saint-Grégoire | MRC du Haut-Richelieu |
| Mont Shefford | Granby (MRC de La Haute-Yamaska) |
| Mont Brome | Bromont (MRC de Brome-Missisquoi) |
Dans un territoire au relief généralement plat, façonné par les dépôts de l'ancienne mer de Champlain, ces collines constituent des repères visuels perceptibles sur de longues distances. Les plus orientales, Shefford et Brome, se situent à proximité immédiate du front appalachien, tandis que le mont Royal domine le centre de l'agglomération montréalaise.
Géologie
Selon le gouvernement du Québec, les collines Montérégiennes se sont formées il y a environ 120 à 140 millions d'années, au Crétacé inférieur. Du magma s'est alors introduit dans la croûte terrestre sans atteindre la surface, puis a cristallisé en profondeur, formant des plutons.
Les roches ignées ainsi produites sont plus résistantes à l'érosion que les roches sédimentaires de la plate-forme du Saint-Laurent dans lesquelles elles se sont mises en place. Au fil des millions d'années, l'érosion a déblayé les couches sédimentaires plus tendres, laissant les intrusions en relief. Les collines sont donc des reliefs résiduels et non d'anciens volcans au sens strict.
Les roches des Montérégiennes sont variées et comprennent notamment des gabbros et des syénites, dont des syénites néphéliniques. La genèse de cet alignement est souvent associée, dans la littérature géologique, au passage de la plaque nord-américaine au-dessus d'un point chaud, hypothèse qui expliquerait la succession des intrusions d'ouest en est.
Le mont Saint-Hilaire est connu des minéralogistes du monde entier pour le nombre exceptionnel d'espèces minérales qui y ont été identifiées, dont plusieurs y ont été décrites pour la première fois.
Toponymie
Le nom « Collines Montérégiennes » a été proposé en 1903 par le géologue Frank Dawson Adams, de l'Université McGill. Il est formé à partir de Mons Regius, forme latine du nom du mont Royal, la plus occidentale et la plus connue des collines de l'ensemble.
La Commission de toponymie du Québec précise que le nom régional « Montérégie » dérive de cette appellation. D'abord employé pour désigner le territoire où s'élèvent les collines, ce nom a ensuite été retenu pour l'une des régions administratives du Québec, située au sud et à l'est de Montréal.
Plusieurs collines portent par ailleurs des noms d'usage parallèles ou anciens. Le mont Saint-Grégoire est ainsi souvent appelé mont Johnson, et le mont Royal a donné son nom à la ville de Montréal. Les noms des collines ont également servi à désigner des municipalités voisines, comme Mont-Saint-Hilaire, Rougemont, Mont-Saint-Grégoire ou Saint-Bruno-de-Montarville.
Milieux naturels et occupation du territoire
Dans une plaine largement consacrée à l'agriculture et à l'urbanisation, les collines Montérégiennes conservent des massifs forestiers et des milieux naturels qui abritent une biodiversité importante, selon la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Elles sont aussi exposées à des pressions liées au développement, à la fréquentation et aux changements climatiques.
Plusieurs collines bénéficient de mesures de protection ou d'aménagement :
- le mont Royal, aménagé en grand parc urbain à la fin du XIXe siècle, est reconnu comme site patrimonial ;
- le mont Saint-Hilaire, où se trouve la Réserve naturelle Gault de l'Université McGill, a été désigné réserve de la biosphère par l'UNESCO, la première au Canada ;
- le mont Saint-Bruno abrite le parc national du Mont-Saint-Bruno, géré par la Sépaq ;
- les collines d'Oka, lorsqu'elles sont rattachées à l'ensemble, sont en partie comprises dans le parc national d'Oka.
Les flancs de plusieurs collines sont occupés par des vergers et des érablières, notamment au mont Rougemont et au mont Saint-Hilaire, tandis que les monts Shefford et Brome accueillent des stations de ski. Des carrières ont été exploitées sur certaines d'entre elles.
Démarche de paysage humanisé
La Communauté métropolitaine de Montréal mène un projet visant à obtenir la reconnaissance des collines Montérégiennes situées sur son territoire comme paysage humanisé, un statut d'aire protégée prévu par la législation québécoise sur la conservation du patrimoine naturel. Le projet porte sur les collines d'Oka, le mont Royal, le mont Saint-Bruno, le mont Saint-Hilaire et une partie du mont Rougemont.
La démarche a comporté une consultation publique, puis la CMM a soumis sa demande de reconnaissance au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) en avril 2025. Selon la page du projet publiée par la CMM, une décision gouvernementale était attendue en 2027. Au moment de la rédaction, en octobre 2026, le statut n'avait pas été accordé.
Des municipalités, dont Saint-Bruno-de-Montarville, et des organismes regroupés au sein de la Coalition des Montérégiennes participent à la mise en valeur et à la conservation de ces collines, qui sont souvent désignées comme des « collines sœurs » du mont Royal.

