Toponymie et délimitation
Le nom Charlevoix rappelle le jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix, voyageur et historien de la Nouvelle-France, auteur d'une Histoire et description générale de la Nouvelle-France. Le toponyme désigne à la fois une région historique et culturelle et une municipalité régionale de comté (MRC), deux entités distinctes que la Commission de toponymie du Québec traite dans des fiches séparées.
Selon la Commission de toponymie, la région s'étend sur la rive nord du Saint-Laurent depuis le cap Tourmente, à l'ouest, jusqu'à la rivière Saguenay, à l'est. Sur le plan administratif, elle se rattache à la région de la Capitale-Nationale et correspond principalement à deux MRC :
- la MRC de Charlevoix, à l'ouest, dont le chef-lieu est Baie-Saint-Paul et qui comprend l'île aux Coudres ; sa superficie est de 3 799 km² ;
- la MRC de Charlevoix-Est, à l'est, organisée autour de La Malbaie et de Clermont, et qui s'étend jusqu'à l'embouchure du Saguenay.
L'appellation régionale ne coïncide donc pas exactement avec un découpage administratif unique : l'usage courant englobe l'ensemble du territoire riverain compris entre la Côte-de-Beaupré et la Haute-Côte-Nord, tandis que le nom de la MRC de Charlevoix ne vise que la partie occidentale de cet ensemble.
Géologie et relief
Le relief de Charlevoix est l'un des plus contrastés de la vallée du Saint-Laurent. La côte, souvent escarpée, s'élève rapidement vers des plateaux et un arrière-pays montagneux appartenant au massif des Laurentides, dans le Bouclier canadien. Dans la MRC de Charlevoix, les secteurs habités occupent des hauts plateaux d'une altitude moyenne d'environ 400 m.
Astroblème de Charlevoix
La physionomie de la région a été façonnée par un impact météoritique survenu au Paléozoïque. La structure qui en résulte, appelée astroblème de Charlevoix, forme un vaste cratère d'environ 54 km de diamètre, dont une partie se trouve sous le fleuve. Son pic central correspond au secteur du mont des Éboulements, et la dépression annulaire qui l'entoure est empruntée par les vallées de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie. L'érosion et les glaciations quaternaires ont ensuite remodelé cette structure, en creusant les vallées et en laissant des dépôts meubles sur les terrasses côtières.
Contraste géologique de l'île aux Coudres
L'île aux Coudres, située face à la côte de la MRC de Charlevoix, relève du système appalachien, contrairement à la côte voisine, qui appartient au Bouclier canadien. Le fleuve marque ici la limite entre deux grands ensembles géologiques du Québec méridional.
Hydrographie
Le réseau hydrographique de Charlevoix s'organise principalement en direction du Saint-Laurent. Les cours d'eau qui drainent l'arrière-pays descendent des plateaux laurentiens en traversant des vallées encaissées avant de rejoindre l'estuaire.
Les principaux cours d'eau sont :
- la rivière Malbaie, qui creuse dans l'arrière-pays des gorges profondes, aujourd'hui protégées en partie par un parc national, avant de se jeter dans le fleuve à La Malbaie ;
- la rivière du Gouffre, qui emprunte la vallée de Baie-Saint-Paul et débouche dans la baie du même nom ;
- la rivière Sainte-Anne, dont le bassin s'étend dans la portion occidentale de l'arrière-pays.
Une partie des eaux de l'arrière-pays oriental s'écoule par ailleurs vers le Saguenay, qui borde la région à l'est. Le littoral comporte des baies, des battures et des marais estuariens où se fait sentir l'influence de la marée et de la salinité croissante de l'estuaire.
Le climat est de type continental humide, nuancé par l'influence du fleuve sur la bande côtière et par l'altitude dans l'arrière-pays, où les conditions deviennent plus rigoureuses et permettent la présence de milieux de type alpin sur les sommets.
Sismicité
Charlevoix est associée à la zone sismique de Charlevoix, que la Commission géologique du Canada décrit comme la plus active de l'est du Canada. Cette zone se situe en grande partie sous le Saint-Laurent, entre la côte de Charlevoix et celle de Kamouraska, sur la rive sud.
Selon Ressources naturelles Canada, cinq séismes historiques de magnitude 6 ou plus y ont été recensés, dont celui de 1663, ressenti dans toute la Nouvelle-France, ainsi que celui du 28 février 1925. Le réseau de surveillance y détecte plus de 200 séismes par année, pour la plupart trop faibles pour être ressentis.
L'activité sismique est généralement mise en relation avec la conjonction de failles anciennes liées à l'ouverture du système de rift du Saint-Laurent et de la structure fracturée de l'astroblème. Cette sismicité est prise en compte dans les normes de construction et dans la planification des infrastructures de la région.
Réserve de biosphère et milieux naturels
La réserve de biosphère de Charlevoix a été reconnue en 1988 dans le cadre du Programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO. Elle borde le Saint-Laurent et s'étage sur un gradient altitudinal allant d'environ 5 m, au niveau du fleuve, à 1 150 m dans l'arrière-pays.
Ce gradient explique la diversité des milieux représentés :
- milieux estuariens et riverains du Saint-Laurent ;
- terres agricoles des terrasses et des vallées ;
- forêts mixtes et forêts de conifères des plateaux ;
- milieux de type alpin et taïga sur les sommets les plus élevés.
Le territoire comprend des aires protégées d'envergure, notamment le parc national des Grands-Jardins et le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, administrés par la Sépaq. À l'est, la limite régionale touche au secteur de l'embouchure du Saguenay, intégré au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
Le statut de réserve de biosphère n'entraîne pas de régime légal de protection propre : il vise à concilier la conservation, la recherche et le développement des collectivités sur un territoire habité.
Occupation du territoire et histoire
La côte de Charlevoix est fréquentée par les Européens dès les premières explorations : Jacques Cartier fait escale à l'île aux Coudres en 1535. L'établissement colonial y est toutefois plus tardif et plus lent que dans la plaine de Québec, en raison du relief et de l'isolement. Le peuplement s'amorce à Baie-Saint-Paul et le long de la côte sous le régime français, puis se poursuit après la Conquête, notamment avec la concession des seigneuries de Murray Bay et de Mount Murray à des officiers écossais, dans le secteur de l'actuelle La Malbaie.
Au XIXe siècle, l'économie repose sur l'agriculture, l'exploitation forestière et le cabotage par goélettes. À la même époque, la côte devient un lieu de villégiature recherché par une clientèle aisée venue de Québec, de Montréal et des États-Unis, en particulier à Pointe-au-Pic et à Murray Bay, desservies par les vapeurs du Saint-Laurent.
Au XXe siècle, les paysages de Charlevoix attirent de nombreux peintres, et Baie-Saint-Paul s'affirme comme un foyer artistique. La région est aussi l'objet de travaux ethnologiques et géographiques importants sur la culture rurale canadienne-française. Plus récemment, le tourisme, les arts et l'agroalimentaire ont pris une place croissante, tandis que La Malbaie a accueilli le sommet du G7 en 2018.
Population et administration
La population de Charlevoix se concentre sur la bande côtière et dans les vallées, notamment autour de Baie-Saint-Paul, de La Malbaie et de Clermont ; l'arrière-pays est très faiblement habité.
| Municipalité | MRC | Population |
|---|---|---|
| La Malbaie | Charlevoix-Est | 8 362 (2026) |
| Baie-Saint-Paul | Charlevoix | 7 801 |
| Clermont | Charlevoix-Est | 3 147 |
Évolution de la population de La Malbaie
| Année | Population |
|---|---|
| 2026 | 8 362 |
| 2025 | 8 524 |
| 2024 | 8 442 |
| 2023 | 8 387 |
| 2017 | 8 488 |
Représentation politique
Sur le plan provincial, la région fait partie de la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré. À l'élection générale du 5 octobre 2026, Caroline Simard y a été élue sous la bannière du Parti conservateur du Québec avec 38,99 % des voix, devant François Gariépy (Parti québécois, 25,6 %) ; le taux de participation a été de 74,04 %.
À La Malbaie, Michel Couturier occupe la mairie depuis l'élection de 2013 ; il a été réélu en 2017 avec 89,1 % des voix, puis sans opposition en 2021 et en 2025.
Économie
L'économie de Charlevoix repose sur quelques piliers établis de longue date.
- Tourisme et villégiature : la région est l'une des destinations touristiques traditionnelles du Québec, grâce à ses paysages, à ses parcs nationaux, à l'observation des mammifères marins dans l'estuaire, au centre de ski du Massif de Charlevoix et à l'héritage hôtelier de Pointe-au-Pic.
- Arts et culture : Baie-Saint-Paul est reconnue pour ses galeries, son musée d'art contemporain et la présence d'artistes.
- Agroalimentaire : les terres des terrasses et des vallées soutiennent une agriculture diversifiée et une production de produits régionaux, dont l'agneau de Charlevoix, qui bénéficie d'une indication géographique protégée.
- Forêt et industrie : l'exploitation forestière de l'arrière-pays alimente une activité industrielle, notamment à Clermont.
Richesse foncière uniformisée de La Malbaie
| Année | Richesse foncière uniformisée |
|---|---|
| 2026 | 1 490 349 223 $ |
| 2025 | 1 365 620 893 $ |
| 2024 | 1 328 134 605 $ |
| 2023 | 1 057 459 918 $ |
| 2017 | 839 509 000 $ |
Cette progression traduit la valorisation du parc immobilier de la principale ville de la région au cours de la dernière décennie.

