Toponymie
Le nom « mont Royal » est attribué à la montagne par l'explorateur malouin Jacques Cartier en 1535, lors de son passage au village iroquoien d'Hochelaga, établi au pied de la montagne. La Commission de toponymie du Québec le compte parmi les plus anciens noms de lieux de la région.
Le toponyme est à l'origine du nom de Montréal, d'abord appliqué à la montagne puis étendu à l'île et à la ville. Le nom se retrouve également dans plusieurs dénominations dérivées, dont celles de la ville de Mont-Royal, du parc du Mont-Royal et du site patrimonial du Mont-Royal. En anglais, la montagne est désignée sous le nom de Mount Royal.
Selon les règles d'écriture de la Commission de toponymie, le générique « mont » s'écrit avec une minuscule lorsqu'il désigne l'entité géographique (« le mont Royal »), tandis que le trait d'union et les majuscules s'imposent dans les noms d'entités administratives ou d'aménagements qui reprennent le toponyme (« parc du Mont-Royal », « site patrimonial du Mont-Royal »). Dans l'usage courant, les Montréalais désignent souvent le massif simplement comme « la montagne ».
Géographie et géologie
Le mont Royal occupe la partie sud-centrale de l'île de Montréal, dans la région administrative de Montréal. Il s'étend sur le territoire de trois municipalités : Montréal, Westmount et Mont-Royal. Son point culminant atteint environ 233 mètres d'altitude, ce qui en fait le point le plus élevé de l'île.
Relief
Le massif se compose de trois sommets principaux :
- le sommet du mont Royal proprement dit, ou colline de la Croix, le plus élevé ;
- la colline d'Outremont, au nord ;
- la colline de Westmount, au sud-ouest.
Ces sommets sont séparés par des dépressions et des cols, et les versants descendent vers les plaines environnantes de l'île, où s'est développée l'agglomération.
Formation
Le mont Royal appartient aux collines Montérégiennes, une série d'éminences isolées qui ponctuent la plaine du Saint-Laurent, de l'île de Montréal jusqu'aux environs de la région de l'Estrie. Il est constitué principalement de roches ignées. Contrairement à une croyance répandue, il ne s'agit pas d'un ancien volcan au sens propre : le magma s'est mis en place et s'est solidifié en profondeur, il y a environ 125 millions d'années. L'érosion des roches sédimentaires plus tendres qui l'enveloppaient, notamment sous l'action des glaciers, a ensuite dégagé ce noyau plus résistant et façonné le relief actuel.
Présence autochtone
La montagne a été fréquentée et occupée bien avant la fondation de Ville-Marie en 1642. Les sources municipales et patrimoniales soulignent son importance pour les Premières Nations, pour qui elle constituait un repère dans le paysage et un lieu de ressources.
Des vestiges archéologiques témoignent de cette fréquentation ancienne, notamment des traces d'extraction de pierre et des sépultures antérieures à l'arrivée des Européens sur les versants du massif. En 1535, Jacques Cartier décrit le village d'Hochelaga, habité par des Iroquoiens du Saint-Laurent et situé à proximité de la montagne ; ce village avait disparu à l'époque où Samuel de Champlain parcourt la région au début du XVIIe siècle.
La mémoire autochtone de la montagne est aujourd'hui reconnue dans sa mise en valeur. Le principal belvédère du parc, qui offre une vue sur le centre-ville, porte le nom de Kondiaronk, chef wendat associé à la Grande Paix de Montréal de 1701. La Ville de Montréal consacre par ailleurs une part de sa documentation historique sur la montagne au « mont Royal des Autochtones ».
Histoire et aménagement
Après l'établissement de Ville-Marie, les versants de la montagne sont progressivement concédés, défrichés et exploités pour l'agriculture, le bois et la pierre. Au XIXe siècle, de grandes propriétés bourgeoises s'installent sur le flanc sud, et la montagne devient un lieu d'inhumation avec l'ouverture de grands cimetières.
Le parc du Mont-Royal
Devant la pression urbaine et la crainte de voir disparaître le couvert boisé, la Ville de Montréal acquiert des terrains sur la montagne afin d'y créer un parc public. Elle confie la conception de l'aménagement à l'architecte paysagiste américain Frederick Law Olmsted, également auteur de Central Park à New York. Le parc du Mont-Royal est inauguré en 1876. Le plan d'Olmsted privilégie un parcours sinueux qui révèle progressivement les paysages de la montagne et les vues sur la ville.
Repères du XXe siècle
Au cours du XXe siècle, plusieurs aménagements deviennent des symboles du lieu, notamment la croix lumineuse du sommet, qui évoque celle que Paul de Chomedey de Maisonneuve aurait plantée sur la montagne en 1643, le chalet du Mont-Royal et son belvédère, ainsi que le lac aux Castors. Des institutions d'envergure s'implantent également sur les flancs du massif, dont l'Université de Montréal et l'oratoire Saint-Joseph, sur le versant nord-ouest.
Paysage et occupation du territoire
Le mont Royal constitue un paysage à la fois naturel et urbain. Son territoire ne se limite pas au parc du Mont-Royal : il réunit plusieurs grandes composantes.
| Composante | Exemples |
|---|---|
| Espaces naturels et parcs | Parc du Mont-Royal, boisés, belvédères |
| Cimetières | Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, cimetière Mont-Royal |
| Institutions | Université de Montréal, oratoire Saint-Joseph, établissements d'enseignement et de santé |
| Milieux bâtis | Quartiers résidentiels des villes de Montréal, de Westmount et de Mont-Royal |
Les cimetières occupent une part importante du massif et contribuent, avec le parc, à la continuité de ses espaces verts. Les grandes institutions religieuses, universitaires et hospitalières installées sur les versants forment un patrimoine bâti étroitement associé à la montagne.
La silhouette du mont Royal marque fortement le paysage montréalais. Les vues depuis la montagne vers la ville et le fleuve Saint-Laurent, de même que les vues depuis la ville vers la montagne, sont considérées comme des dimensions paysagères marquantes. Ces perspectives ont influencé l'encadrement réglementaire de la hauteur des bâtiments au centre-ville de Montréal. Le parc est aussi un lieu de loisirs fréquenté en toute saison, notamment pour la marche, le ski de fond et la détente, et constitue un attrait touristique important de la métropole.
Statut patrimonial et protection
En 2005, le gouvernement du Québec crée l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal en vertu de la Loi sur les biens culturels, une désignation qui reconnaît à la fois la valeur historique et la valeur naturelle de la montagne. Avec l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012, ce territoire devient le site patrimonial du Mont-Royal.
Le périmètre protégé englobe des espaces naturels, des cimetières, des propriétés institutionnelles et des secteurs bâtis ; il ne se confond donc pas avec le seul parc du Mont-Royal. Le Conseil du patrimoine culturel du Québec a publié une étude de caractérisation qui décrit les composantes naturelles, paysagères et bâties de ce territoire.
La protection et la mise en valeur de la montagne mobilisent plusieurs acteurs :
- le ministère de la Culture et des Communications du Québec, responsable de l'application de la Loi sur le patrimoine culturel ;
- la Ville de Montréal, qui gère le parc et encadre l'aménagement du territoire ;
- les villes de Westmount et de Mont-Royal, pour les parties du massif situées sur leur territoire ;
- l'organisme Les amis de la montagne, voué à la protection et à la mise en valeur du mont Royal par l'engagement citoyen.

