Contexte
Gerry Boulet, né à Saint-Jean-sur-Richelieu en 1946, s'est d'abord fait connaître comme chanteur et claviériste du groupe Offenbach, l'une des formations phares du rock québécois des années 1970 et du début des années 1980. Le groupe s'est distingué par un rock teinté de blues chanté en français, à une époque où le rock d'expression anglaise dominait largement les ondes.
Après la fin d'Offenbach, au milieu des années 1980, Boulet poursuit une carrière sous son propre nom. Il publie Besoin pour vivre en 1985, puis Rendez-vous doux en 1988, qui constitue le deuxième album de cette période solo.
La parution de l'album s'inscrit dans un moment où l'industrie québécoise du disque se structure autour d'étiquettes indépendantes. Audiogram, maison de disques montréalaise fondée au début des années 1980, publie alors plusieurs artistes majeurs de la chanson québécoise et accueille Gerry Boulet dans son catalogue.
Création et réalisation
La réalisation de Rendez-vous doux est confiée à Jean Millaire, guitariste qui a longtemps accompagné Gerry Boulet au sein d'Offenbach. Cette collaboration prolonge ainsi un compagnonnage musical de plusieurs années entre les deux musiciens.
Millaire ne se limite pas au travail de réalisation : il cosigne avec Boulet la chanson-titre, « Rendez-vous doux ». Cette double fonction de coauteur et de réalisateur témoigne de la place centrale qu'il occupe dans la conception du disque.
L'album est publié en 1988 sous l'étiquette Audiogram, qui en assure la diffusion au Québec. Les renseignements de publication et les crédits de l'album sont consignés dans les bases discographiques de référence ainsi que dans les catalogues de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de Bibliothèque et Archives Canada, qui conservent les enregistrements sonores publiés au Québec et au Canada.
Style et contenu
Rendez-vous doux se rattache au rock québécois et à la chanson francophone. Par rapport au rock plus rugueux et marqué par le blues de l'époque d'Offenbach, l'album fait une place importante aux ballades et aux textes d'inspiration intime, servis par la voix rauque caractéristique du chanteur.
Le disque porte le nom de sa chanson-titre, « Rendez-vous doux », créditée à Gerry Boulet et Jean Millaire. Le titre de la chanson et celui de l'album étant identiques, l'expression désigne selon le contexte l'une ou l'autre œuvre.
Cette orientation vers une écriture plus personnelle a contribué à faire connaître Boulet auprès d'un public plus large que celui du rock, tout en conservant l'attachement des admirateurs de son ancien groupe.
Réception
À sa parution, Rendez-vous doux obtient un succès à la fois critique et populaire. L'album figure parmi les disques les plus marquants de la carrière de Gerry Boulet et contribue à consolider sa stature d'interprète au sein de la musique populaire québécoise.
La chanson-titre devient l'une des pièces les plus connues de son répertoire solo et demeure régulièrement associée à son nom dans les notices biographiques et les rétrospectives consacrées à l'artiste.
Le succès de l'album confirme également la capacité du rock chanté en français à rejoindre un vaste public au Québec à la fin des années 1980, dans la continuité du parcours entrepris avec Offenbach.
Postérité
Gerry Boulet meurt à Longueuil en 1990, deux ans après la parution de Rendez-vous doux. L'album, dernier disque studio publié de son vivant, prend dès lors une dimension testamentaire dans la mémoire collective et reste étroitement lié au souvenir du chanteur.
La trajectoire de Boulet a fait l'objet d'un long métrage biographique, Gerry, réalisé par Alain DesRochers et sorti en 2011, qui a ravivé l'intérêt pour son œuvre auprès d'un nouveau public.
L'album est aujourd'hui considéré comme une œuvre de référence de la musique populaire québécoise. Il figure dans le catalogue de l'artiste chez Audiogram et dans les collections patrimoniales des grandes institutions documentaires, notamment Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui conserve le patrimoine sonore publié au Québec.