Débuts
Renée Bélanger naît à Montréal le 3 juillet 1939. Elle adopte le nom de scène de Renée Claude au moment d'entreprendre sa carrière artistique.
Ses débuts publics ont lieu en 1960 à la télévision de Radio-Canada, alors un tremplin important pour les artistes de la chanson au Québec. Comme plusieurs interprètes de sa génération, elle puise d'abord dans le répertoire de la chanson française, qui domine encore les scènes et les ondes québécoises au début des années 1960.
La décennie est cependant marquée par l'essor des chansonniers québécois et par l'affirmation culturelle qui accompagne la Révolution tranquille. Renée Claude s'oriente progressivement vers les textes d'auteurs du Québec, un choix qui définit la suite de sa carrière et fonde sa réputation d'interprète attachée à la chanson d'ici.
Interprète de la chanson québécoise
Renée Claude n'est pas autrice-compositrice : sa contribution tient à l'interprétation et au choix d'un répertoire. Elle se consacre aux œuvres de plusieurs auteurs et compositeurs québécois, notamment :
- Stéphane Venne ;
- Luc Plamondon ;
- Jean-Pierre Ferland ;
- Clémence DesRochers.
Sa collaboration avec Stéphane Venne est particulièrement associée à son nom. Parmi les titres qui jalonnent son répertoire figurent « C'est le début d'un temps nouveau », « Le tour de la terre » et « C'est notre fête aujourd'hui ». La première, enregistrée au tournant des années 1970, est devenue l'une des chansons les plus identifiées à l'optimisme de cette période au Québec.
En 1970, elle se produit avec l'Orchestre symphonique de Montréal à la Place des Arts, une présence qui témoigne de la place qu'elle occupe alors dans la vie musicale québécoise.
La presse québécoise lui attribue un répertoire enregistré d'environ 225 chansons au cours de sa carrière.
Comédienne
Parallèlement à la chanson, Renée Claude mène une carrière de comédienne, au théâtre comme à la télévision. Cette double pratique, fréquente chez les artistes québécois de sa génération, nourrit aussi son travail d'interprète, souvent salué pour la qualité de sa diction et de sa mise en valeur des textes.
Elle participe notamment à l'opéra Nelligan, œuvre lyrique consacrée au poète Émile Nelligan, sur une musique d'André Gagnon et un livret de Michel Tremblay. Ce projet réunit plusieurs figures de la chanson et du théâtre québécois autour de l'une des figures emblématiques de la littérature du Québec.
Hommage à Léo Ferré
Au milieu des années 1990, Renée Claude consacre un album au poète et chanteur français Léo Ferré, intitulé On a marché sur l'amour. Ce retour à un grand répertoire de la chanson française, abordé après des décennies consacrées surtout aux auteurs québécois, est remarqué des deux côtés de l'Atlantique.
L'album lui vaut en 1996 le prix Charles-Cros, distinction décernée en France par l'Académie Charles-Cros, qui récompense des enregistrements jugés marquants. Cette reconnaissance française souligne la portée de son travail d'interprète au-delà du Québec.
Dernières années
Renée Claude se retire progressivement de la scène dans la dernière partie de sa vie. En 2020, un ouvrage consacré à son parcours, intitulé Donne-moi le temps, paraît au Québec ; la presse le présente alors comme le portrait de « l'interprète suprême ».
Elle meurt à Montréal le 12 mai 2020, à l'âge de 80 ans. Sa mort donne lieu à de nombreux hommages dans les médias québécois et francophones, qui rappellent son rôle dans la diffusion des chansons d'auteurs québécois depuis les années 1960.
Héritage
Renée Claude est principalement reconnue comme interprète. Les ouvrages de référence et la presse retiennent son engagement constant envers les textes des chansonniers et paroliers québécois, à une époque où la chanson d'ici cherchait à s'imposer face au répertoire importé.
Plusieurs de ses enregistrements, en particulier « C'est le début d'un temps nouveau », demeurent associés à la mémoire collective québécoise de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Son parcours illustre aussi le passage, chez plusieurs artistes de sa génération, d'un répertoire français vers une chanson ancrée dans la réalité québécoise.
Sa carrière de comédienne, sa participation à l'opéra Nelligan et la reconnaissance obtenue en France avec le prix Charles-Cros complètent le portrait d'une artiste dont l'œuvre enregistrée couvre plusieurs décennies de la chanson au Québec.