Définition et mission
L'expression « centre de réadaptation en dépendance » désigne, au Québec, les ressources publiques spécialisées qui interviennent auprès des personnes présentant un usage problématique de substances psychoactives (alcool, drogues, médicaments) ou une pratique problématique des jeux de hasard et d'argent. Certains répertoires publics incluent aussi l'utilisation problématique d'Internet et des écrans parmi les problèmes traités.
La mission de ces centres s'inscrit dans celle, plus large, des centres de réadaptation définie par la Loi sur les services de santé et les services sociaux (RLRQ, chapitre S-4.2) : offrir des services d'adaptation, de réadaptation et d'intégration sociale. Dans le champ de la dépendance, les interventions visent notamment à :
- réduire les conséquences néfastes de la consommation ou du jeu ;
- soutenir la motivation au changement ;
- aider la personne à développer des stratégies pour modifier ses habitudes ;
- favoriser la réinsertion sociale.
Le parcours est adapté aux besoins de chaque personne, et les services publics reconnaissent que des avancées et des reculs peuvent survenir au cours du processus de réadaptation.
Cadre légal et organisation
Les centres de réadaptation en dépendance relèvent du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et s'inscrivent dans le programme-services Dépendances du réseau public.
Depuis 2015
La Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales, entrée en vigueur le 1er avril 2015, a fusionné les établissements publics de chaque région au sein des CISSS et des CIUSSS. Les centres de réadaptation en dépendance, auparavant constitués en établissements distincts, sont depuis des installations et des directions de ces établissements régionaux. Plusieurs ont conservé une appellation régionale, par exemple le Centre de réadaptation en dépendance de Québec (CIUSSS de la Capitale-Nationale), le Centre de réadaptation en dépendance de Lanaudière, celui des Laurentides ou celui de l'Outaouais.
Orientations gouvernementales
L'action publique en dépendance est encadrée par des orientations ministérielles, dont le Plan d'action interministériel en dépendance 2018-2028, qui associe plusieurs ministères et organismes à la prévention, à la réduction des méfaits et au traitement.
Ressources complémentaires
Les centres publics coexistent avec des ressources communautaires ou privées. Celles qui offrent de l'hébergement en dépendance sont soumises à un régime de certification administré par le réseau public.
Services offerts
L'offre de services varie selon les établissements et les territoires, mais elle comprend généralement plusieurs des volets suivants :
- accueil, évaluation et orientation de la personne vers le niveau de services approprié ;
- suivis individuels ou de groupe en réadaptation externe ;
- réadaptation avec hébergement, pour les situations nécessitant un encadrement intensif ;
- désintoxication ou sevrage, en milieu hospitalier, avec hébergement ou en mode ambulatoire ;
- traitement des troubles liés à l'usage des opioïdes, y compris les traitements de substitution ;
- réinsertion sociale ;
- soutien aux proches des personnes dépendantes.
Les fiches officielles du répertoire ministériel illustrent cette diversité : la ressource de la Capitale-Nationale mentionne notamment des services avec hébergement, tandis que celle des Laurentides fait état de sevrage ambulatoire et de traitement lié aux opioïdes. En Outaouais, le gouvernement du Québec a annoncé l'ouverture, au Centre de réadaptation en dépendance de l'Outaouais, d'un service d'urgence en dépendance et en gestion de l'intoxication.
Le terme « centre de réadaptation en dépendance » ne désigne donc pas un ensemble uniforme de programmes : les modalités disponibles dans une localité se vérifient dans la fiche officielle de la ressource régionale.
Clientèles et accès
Les centres de réadaptation en dépendance desservent des clientèles qui diffèrent selon les ressources. Plusieurs offrent des services distincts aux jeunes et aux adultes, ainsi qu'à leurs proches.
L'accès aux services spécialisés se fait généralement par l'intermédiaire du réseau de la santé et des services sociaux. Les demandes peuvent être dirigées vers un centre par un intervenant de première ligne (centre local de services communautaires, groupe de médecine de famille, milieu hospitalier ou scolaire, organisme communautaire). Selon les régions, une demande peut aussi être présentée directement par la personne concernée.
Dans la Capitale-Nationale, le CIUSSS indique que les adultes doivent d'abord communiquer avec le service Info-Social 811, option 2, qui assure l'évaluation initiale et l'orientation vers les services appropriés. Les services d'information et de référence comme 211 répertorient également les coordonnées des centres régionaux.
Répartition régionale
Chaque région sociosanitaire du Québec dispose de services publics spécialisés en dépendance, rattachés au CISSS ou au CIUSSS de son territoire. Le répertoire des ressources en dépendance du MSSS permet de les repérer par région et décrit, pour chacune, les services offerts et les clientèles desservies.
À titre d'exemples, le répertoire ministériel et le répertoire des ressources en santé et services sociaux du gouvernement du Québec recensent notamment :
| Ressource | Région |
|---|---|
| Centre de réadaptation en dépendance de Québec | Capitale-Nationale |
| Centre de réadaptation en dépendance de Lanaudière | Lanaudière |
| Centre de réadaptation en dépendance des Laurentides | Laurentides |
| Centre de réadaptation en dépendance de l'Outaouais | Outaouais |
| Centre de réadaptation en dépendance de Rouyn-Noranda | Abitibi-Témiscamingue |
Les services d'une même région peuvent être répartis entre plusieurs points de service, afin de couvrir des territoires étendus ou des milieux urbains et ruraux.
Recherche et expertise
Le domaine de la dépendance au Québec s'appuie sur des pôles de recherche associés au réseau public. L'Institut universitaire sur les dépendances, rattaché au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, contribue au développement et au transfert des connaissances cliniques. Des équipes de recherche universitaires, dont le groupe Recherche et intervention sur les substances psychoactives – Québec (RISQ), étudient les pratiques d'intervention et les trajectoires de services.
Ces travaux alimentent l'évolution des pratiques dans les centres, notamment en matière de réduction des méfaits, de traitement des troubles liés aux opioïdes et d'intervention auprès des jeunes.