Histoire
Fondation sous le Régime français
La fondation de l'Hôtel-Dieu de Québec repose sur l'appui financier de Marie-Madeleine de Vignerot, duchesse d'Aiguillon. Trois religieuses Augustines hospitalières de la Miséricorde de Jésus, venues du monastère de Dieppe, arrivent à Québec en 1639 afin d'y établir un hôpital. La communauté s'implante d'abord à Sillery, près de la mission auprès des Autochtones, puis s'installe en 1644 sur le site qu'elle occupe toujours, dans la haute-ville de Québec.
Pendant le Régime français, l'établissement devient un important hôpital civil et militaire de la Nouvelle-France. Il accueille des colons, des soldats, des marins et des membres des Premières Nations.
Une institution administrée par les Augustines
Les Augustines dirigent l'Hôtel-Dieu pendant plus de trois siècles. Les bâtiments sont construits, reconstruits et agrandis à différentes périodes pour répondre à l'évolution des besoins et des pratiques médicales. L'hôpital participe aussi à la formation médicale et devient un milieu d'enseignement universitaire.
Passage au réseau public
En 1962, les Augustines cèdent la gestion de l'hôpital au gouvernement du Québec, dans le contexte de la prise en charge publique du système hospitalier. Elles conservent toutefois leur monastère attenant.
Intégration au réseau universitaire
L'Hôtel-Dieu de Québec s'inscrit dans la réorganisation progressive des établissements hospitaliers universitaires de la région de la Capitale-Nationale.
| Année | Étape |
|---|---|
| 1962 | Cession de la gestion par les Augustines au gouvernement du Québec |
| 1995 | Intégration au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) |
| 2012 | Regroupement du CHUQ et du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec pour former le CHU de Québec-Université Laval |
Au sein du CHU de Québec-Université Laval, l'Hôtel-Dieu de Québec constitue l'un des centres hospitaliers de l'établissement, aux côtés notamment du CHUL, de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, de l'Hôpital du Saint-Sacrement et de l'Hôpital Saint-François d'Assise. Le CHU est affilié à l'Université Laval, ce qui confère à l'hôpital une mission d'enseignement et de recherche en plus de sa mission de soins.
Le CHU de Québec-Université Laval mène par ailleurs le projet du nouveau complexe hospitalier, aménagé sur le site de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, destiné notamment à regrouper des activités de cancérologie actuellement offertes à l'Hôtel-Dieu.
Soins et services
L'Hôtel-Dieu de Québec offre des soins généraux, spécialisés et surspécialisés à la population de la ville de Québec et de l'Est du Québec. Ses principaux champs de pratique sont les suivants :
- Cancérologie : l'hôpital est reconnu comme un pôle régional de soins en oncologie, comprenant des services de diagnostic, de traitement et de suivi ;
- Néphrologie : il offre des services spécialisés, notamment en dialyse et en préparation des accès vasculaires, comme la fistule artérioveineuse ;
- Urgence : une urgence est ouverte en tout temps ;
- Autres services : consultations externes, hospitalisation et services diagnostiques.
En raison de sa situation dans le Vieux-Québec, l'hôpital dessert également une clientèle de proximité du centre-ville, dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou.
Enseignement et recherche
Comme les autres centres hospitaliers du CHU de Québec-Université Laval, l'Hôtel-Dieu de Québec accueille des activités d'enseignement universitaire. Des étudiants, résidents et stagiaires de plusieurs disciplines de la santé, en lien avec l'Université Laval, y effectuent une partie de leur formation clinique.
Le Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval mène sur ce site des travaux de recherche fondamentale, clinique et évaluative. Les axes associés à l'Hôtel-Dieu portent notamment sur :
- l'oncologie ;
- la thérapie génique ;
- la néphrologie.
Cette combinaison de soins surspécialisés, de formation et de recherche correspond à la mission universitaire attribuée aux centres hospitaliers universitaires dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux.
Patrimoine
L'ensemble de l'Hôtel-Dieu de Québec est désigné lieu historique national du Canada en 1936, sous le nom de Lieu historique national du Canada de l'Hôtel-Dieu-de-Québec. La désignation souligne son rôle de premier hôpital permanent au nord du Mexique et la continuité de sa vocation hospitalière depuis le XVIIe siècle.
Le complexe patrimonial comprend notamment :
- l'hôpital ;
- le monastère des Augustines ;
- une église ;
- un jardin ;
- un cimetière.
Les bâtiments témoignent de plusieurs campagnes de construction et d'agrandissement échelonnées sur plusieurs siècles. L'ensemble se trouve dans le site patrimonial du Vieux-Québec, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le monastère attenant abrite aujourd'hui le Monastère des Augustines, qui met en valeur l'héritage des communautés augustines du Québec, leurs archives et leur collection d'objets liés à l'histoire hospitalière. L'Hôtel-Dieu figure aussi au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
Importance historique
L'Hôtel-Dieu de Québec occupe une place singulière dans l'histoire de la santé au Québec et en Amérique du Nord. Sa fondation, la même année que l'arrivée des Ursulines à Québec, s'inscrit dans l'établissement des premières institutions religieuses, éducatives et hospitalières de la Nouvelle-France.
L'institution illustre le rôle des communautés religieuses féminines dans l'organisation des soins au Québec, depuis le XVIIe siècle jusqu'à la création du réseau public au cours des années 1960. Elle témoigne également de la transformation des hôpitaux québécois, passés d'œuvres de charité administrées par des congrégations à des établissements publics intégrés dans un réseau universitaire.
Autres établissements fondés par des Augustines ou des communautés hospitalières, tels l'Hôpital général de Québec et l'Hôtel-Dieu de Montréal, complètent ce paysage institutionnel ancien, dont l'Hôtel-Dieu de Québec demeure le plus ancien représentant toujours en activité.