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Le vivant

Aiglefin

L'aiglefin (Melanogrammus aeglefinus) est un poisson marin démersal de la famille des Gadidés, proche parent de la morue franche, reconnaissable à sa ligne latérale noire et à la grande tache sombre au-dessus de la nageoire pectorale, souvent appelée « marque du pouce ». Réparti de part et d'autre de l'Atlantique Nord, il fréquente les plateaux continentaux entre quelques dizaines et quelques centaines de mètres de profondeur, sur des fonds de sable, de gravier ou de coquilles. Au Québec, l'espèce est indigène, régulière et présente toute l'année dans les eaux marines sous compétence fédérale, notamment dans les secteurs profonds et salés du golfe du Saint-Laurent liés au chenal Laurentien. Poisson commercial majeur, apprécié pour sa chair blanche et feuilletée, il fait l'objet d'une gestion fédérale par Pêches et Océans Canada. Son rang de conservation provincial est SNA et il n'est pas suivi en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Traces et indices

Traces et indices de Aiglefin
Visuel documentaire des traces typiques
  • Sur les fonds mous, on remarque des cratères d'alimentation peu profonds de 10 à 30 cm, creusés par le poisson qui fouille la vase à la recherche de vers et de mollusques.
  • Les traces de broutage se reconnaissent aux coquilles de bivalves (moules, couteaux) brisées ou aux siphons sectionnés laissés sur le sédiment.
  • Les ophiures et les oursins verts partiellement broyés dans les échantillons de fond indiquent une aire de gagnage fréquentée par l'espèce.
  • Sur les captures ou les carcasses échouées, la tache noire ovale (« marque du pouce de saint Pierre ») au-dessus de la nageoire pectorale confirme l'aiglefin.
  • La ligne latérale foncée sur un flanc argenté, avec la mâchoire supérieure proéminente, distingue l'aiglefin de la morue franche.
  • Les échosondeurs révèlent des bancs denses collés au fond, entre 40 et 200 m de profondeur, sur des substrats de sable, de gravier ou de vase.
  • Au printemps, la présence d'œufs pélagiques d'environ 1,3 à 1,7 mm dans les traits de filet à plancton signale une frayère active à proximité.
  • Les fèces se dispersent rapidement dans l'eau, mais l'analyse du contenu stomacal montre des restes de polychètes, d'échinodermes et de capelan.

Portrait

L'aiglefin (Melanogrammus aeglefinus) est un poisson marin de fond de la famille des Gadidés, apparenté à la morue franche. Son corps allongé et comprimé latéralement porte trois nageoires dorsales et deux nageoires anales, une architecture typique des gadidés.

Traits distinctifs

  • Ligne latérale noire bien visible sur le flanc
  • Grande tache sombre au-dessus de la nageoire pectorale, souvent appelée « marque du pouce »
  • Première nageoire dorsale haute et pointue
  • Dos gris brunâtre à violacé, flancs plus pâles, parfois argentés
  • Bouche relativement petite s'ouvrant sous un museau saillant
  • Barbillon mentonnier très court, contrairement à celui de la morue

Taille

Les adultes mesurent le plus souvent de 40 à 70 cm, mais certains individus peuvent dépasser 80 cm et peser plusieurs kilogrammes.

Mode de vie

Espèce démersale et grégaire, l'aiglefin fréquente les fonds de sable, de gravier, de coquilles ou de substrats mixtes, généralement à des profondeurs de plusieurs dizaines à quelques centaines de mètres. Il forme des bancs, souvent composés d'individus de taille comparable.

Durant la période de reproduction, les mâles peuvent produire des sons graves grâce à des muscles associés à la vessie gazeuse — un comportement acoustique partagé par plusieurs gadidés.

Répartition et habitat

L'aiglefin est réparti sur les deux rives de l'Atlantique Nord.

Atlantique Est

Du golfe de Gascogne vers le nord jusqu'aux eaux de la Norvège, de l'Islande, des îles Féroé et de la mer de Barents.

Atlantique Ouest

Du Labrador et du détroit de Belle Isle jusqu'au cap Hatteras, en Caroline du Nord. L'espèce est particulièrement associée aux plateaux continentaux : banc Georges, banc de Browns, plateau néo-écossais et certaines portions des Grands Bancs.

Situation au Québec

Au Québec, l'espèce est indigène, confirmée et régulière, et elle est considérée présente toute l'année dans les eaux marines sous compétence fédérale. Elle peut fréquenter les eaux profondes et salées du golfe du Saint-Laurent, particulièrement dans les secteurs reliés au chenal Laurentien et à l'entrée du golfe. Les eaux moins salées et généralement moins profondes de l'estuaire constituent un habitat moins favorable.

Les données de biodiversité ouvertes ne reflètent qu'imparfaitement sa présence au Québec : une seule occurrence géoréférencée est associée à la région de la Capitale-Nationale. Cette rareté apparente dans les bases de données publiques ne doit pas être interprétée comme une absence de l'espèce, puisque de nombreuses données marines proviennent plutôt des relevés scientifiques et des statistiques de pêche.

L'aiglefin privilégie les eaux froides à fraîches et peut être sensible aux changements de température, d'oxygène près du fond et de disponibilité des habitats.

Reproduction et croissance

Fraie

La fraie se déroule surtout de la fin de l'hiver au printemps, bien que son calendrier varie selon la région, la température et l'état des populations. Les rassemblements reproducteurs se forment généralement au-dessus de fonds convenables du plateau continental.

Les mâles effectuent des parades de nage et peuvent émettre des sons lors des interactions reproductrices. Les femelles produisent de très nombreux œufs, parfois plusieurs centaines de milliers ou davantage chez les grands individus.

Œufs et larves

Les œufs fécondés flottent dans la colonne d'eau. Leur développement et leur éclosion dépendent fortement de la température et prennent habituellement de quelques jours à quelques semaines.

Les larves et les jeunes stades vivent d'abord en pleine eau, où ils se nourrissent de plancton et dérivent avec les courants. Les jeunes peuvent parfois s'associer à de grandes méduses, qui leur procurent un abri relatif contre certains prédateurs.

Passage à la vie démersale

Après plusieurs mois, les juvéniles gagnent progressivement le fond et adoptent le mode de vie démersal des adultes. La croissance est rapide au cours des premières années, puis ralentit avec l'âge.

ÉtapeRepère
Maturité sexuelleSouvent entre 2 et 4 ans
LongévitéPlus de 10 ans, occasionnellement près de 20 ans
Détermination de l'âgeAnneaux de croissance des otolithes

Ces repères varient selon le stock et les conditions environnementales.

Relations avec les humains

L'aiglefin est un poisson commercial important dans l'Atlantique Nord. Sa chair blanche, fine et feuilletée est appréciée fraîche, congelée, fumée ou transformée.

Usages culinaires

  • Chaudrées
  • Produits panés
  • Fish and chips, particulièrement au Royaume-Uni
  • Finnan haddie, aiglefin fumé traditionnel d'Écosse, l'un des produits les plus connus associés à cette espèce

Pêche dans l'est du Canada

L'aiglefin est capturé principalement au chalut, à la palangre et, selon les secteurs et les règles applicables, au filet maillant. Les prises peuvent être associées à des pêches visant d'autres poissons de fond, dont la morue.

L'intensité de l'exploitation, la variabilité du recrutement et les changements environnementaux ont entraîné des fluctuations marquées de plusieurs populations au cours des dernières décennies.

Gestion et statut

La gestion des populations marines canadiennes relève de Pêches et Océans Canada. Elle comprend notamment des totaux autorisés de captures, des mesures sur les engins de pêche, des règles de déclaration et des mesures visant à réduire les prises accessoires.

Au Québec, l'aiglefin n'est pas suivi en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables; son rang provincial est SNA, puisque l'espèce marine relève principalement de la compétence fédérale.

Place dans l'écosystème

L'aiglefin occupe une position intermédiaire dans les réseaux alimentaires des fonds marins. En consommant de nombreux invertébrés benthiques, il participe au transfert d'énergie entre les communautés du fond et les grands prédateurs. Son abondance relative peut varier fortement d'un secteur à l'autre et d'une période à l'autre, ce qui influence les interactions avec les autres poissons de fond.

Prédateurs

Les œufs, larves et jeunes aiglefins sont vulnérables à divers prédateurs, dont des organismes planctonivores, des méduses et de petits poissons. Les juvéniles et les adultes peuvent être consommés par :

  • de plus gros gadidés;
  • des flétans;
  • des raies;
  • des requins;
  • des mammifères marins.

Le cannibalisme peut aussi survenir, surtout lorsque de jeunes individus côtoient de plus grands aiglefins.

Concurrents

Ses principaux concurrents comprennent d'autres poissons de fond qui exploitent des proies semblables, notamment la morue franche, la merluche blanche, certaines plies et d'autres gadidés.

Comme beaucoup de poissons marins, l'aiglefin peut héberger divers parasites.

Classification

RangTaxon
ClasseActinopterygii
OrdreGadiformes
FamilleGadidae
GenreMelanogrammus
EspèceMelanogrammus aeglefinus

Le genre Melanogrammus est monotypique : l'aiglefin en est le seul représentant. Le nom de genre évoque la ligne latérale noire (melano-, noir; grammus, ligne) qui caractérise l'espèce.

Dans la famille des Gadidae, l'aiglefin côtoie notamment la morue franche et le merlan. La confusion la plus fréquente se fait avec la morue : la ligne latérale noire (pâle chez la morue), la tache pectorale sombre et le barbillon mentonnier très court permettent de les distinguer.

Sources

  1. Fiche espèce — Aiglefin (Melanogrammus aeglefinus)
  2. Catalogue du vivant — recherche d'espèces
  3. GBIF — Melanogrammus aeglefinus (taxon 2415822)
  4. Pêches et Océans Canada — gestion des pêches de poissons de fond
  5. Connaissances générales sur la biologie des gadidés de l'Atlantique Nord

Modèles ayant contribué : Rédaction — Claude Opus 5 · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2

Mots-clés : aiglefin, melanogrammus aeglefinus, haddock, gadidae, poisson de fond, golfe du saint-laurent, atlantique nord, pêche commerciale, finnan haddie, espèce démersale, chenal laurentien, morue franche

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