Portrait et mode de vie
Le choucas des tours est l'un des plus petits représentants de la famille des corvidés. Il mesure environ 33 à 34 cm de longueur. Sa silhouette est compacte, avec un bec court et épais, nettement plus court que celui des corneilles.
Identification
- Plumage : noir à reflets bleutés ou violacés sur le dessus, plus terne sur le dessous.
- Tête : calotte noire contrastant avec une nuque et des côtés de la tête gris cendré, plus ou moins argentés selon les sous-espèces.
- Œil : iris gris très pâle, presque blanc, chez l'adulte ; plus foncé chez le jeune de l'année.
- Vol : battements d'ailes rapides, fréquentes acrobaties aériennes en groupe.
Comportement
Le choucas est une espèce très grégaire. Il vit en couples insérés dans des colonies et forme en dehors de la saison de nidification des bandes parfois nombreuses, qui se rassemblent en dortoirs communs. Ses cris brefs et sonores, souvent rendus par « tchak », sont caractéristiques. Il fréquente les milieux ouverts : prairies, terres agricoles, falaises côtières, ainsi que les villes et villages pourvus de vieux édifices.
Sur le plan taxonomique, plusieurs références récentes le placent dans le genre Coloeus sous le nom de Coloeus monedula, alors que le catalogue québécois retient Corvus monedula.
Répartition
Aire mondiale
L'aire de répartition naturelle du choucas des tours couvre la majeure partie de l'Europe, l'Asie occidentale et centrale ainsi que l'Afrique du Nord. Les populations occidentales sont en grande partie sédentaires, tandis que celles du nord et de l'est de l'aire effectuent des déplacements migratoires ou erratiques en hiver. L'espèce est commune dans une grande partie de son aire et n'est pas considérée comme menacée à l'échelle mondiale.
Présence au Québec
Au Québec, le catalogue du vivant classe le choucas des tours comme espèce accidentelle ou non régulière. Aucune population reproductrice établie n'y est signalée. Le catalogue indique trois occurrences GBIF, sans en préciser la localisation.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Origine (champ du catalogue) | « Indigène » (sens non précisé pour le Québec) |
| Régularité | Accidentelle ou non régulière |
| Rang de conservation provincial | SNA |
| Statut LEMV | Non suivie |
| Occurrences GBIF | 3 |
Le catalogue attribue à l'espèce le rang SNA (« non applicable ») et la classe comme accidentelle ou non régulière au Québec.
Croissance et cycle de vie
Le choucas des tours forme des couples monogames, généralement stables sur plusieurs années, souvent pour la vie. Les partenaires entretiennent leur lien par des comportements de toilettage mutuel et d'offrandes alimentaires.
Nidification
L'espèce est cavernicole. Le nid est aménagé dans une cavité : anfractuosité de falaise, trou d'arbre, cheminée, clocher, ruine ou recoin de bâtiment ancien. Il s'agit d'un amas de brindilles garni de matériaux doux (laine, poils, mousse, papier). Les colonies peuvent regrouper de quelques couples à plusieurs dizaines.
Reproduction
- Ponte : une seule couvée par année, au printemps, habituellement de 4 à 6 œufs bleu verdâtre tachetés de brun.
- Incubation : assurée principalement par la femelle pendant environ 17 à 18 jours ; le mâle la nourrit au nid.
- Élevage : les deux parents nourrissent les jeunes, qui quittent le nid après environ quatre à cinq semaines.
L'éclosion étant échelonnée, les derniers poussins nés survivent moins souvent lorsque la nourriture se fait rare. Les jeunes restent un certain temps avec leurs parents après l'envol et rejoignent ensuite les bandes de juvéniles, avant de s'apparier.
Régime alimentaire
Le choucas des tours est omnivore et opportuniste. Il se nourrit surtout au sol, en marchant dans les prairies, les champs cultivés et les pâturages, souvent en compagnie d'autres corvidés.
Son régime comprend notamment :
- des invertébrés du sol et de la végétation (larves d'insectes, coléoptères, vers de terre, araignées), particulièrement recherchés pendant l'élevage des jeunes ;
- des graines et des céréales, glanées dans les champs après les récoltes ;
- des fruits et des baies ;
- à l'occasion, des œufs et des oisillons d'autres oiseaux ;
- des déchets alimentaires d'origine humaine en milieu urbain et près des zones habitées.
Il lui arrive aussi de se poser sur le dos du bétail pour y prélever des parasites ou y arracher des poils destinés à garnir son nid. Comme d'autres corvidés, il peut cacher de la nourriture pour la consommer plus tard.
Relations avec les autres espèces
Dans son aire d'origine, le choucas s'associe fréquemment au corbeau freux (Corvus frugilegus), avec lequel il forme des bandes mixtes pour s'alimenter et partager des dortoirs, surtout en hiver. Il côtoie aussi la corneille noire, qui peut toutefois le harceler ou s'attaquer à ses nichées.
Ses principaux prédateurs sont des rapaces, notamment l'autour des palombes et le faucon pèlerin, ainsi que certains mammifères carnivores et des chouettes qui pillent les nids. Le choucas entre également en concurrence pour les cavités de nidification avec d'autres espèces cavernicoles, comme le pigeon colombin ou la chouette effraie.
La vie en colonie lui confère une défense collective : les membres d'un groupe réagissent ensemble à la présence d'un prédateur par des cris d'alarme et des mouvements de harcèlement.
Relations avec l'humain
Le choucas des tours est étroitement associé aux constructions humaines, d'où son nom, qui évoque son goût pour les tours, clochers et vieilles pierres. En Europe, il est familier des villes, des villages et des monuments anciens.
Cette proximité engendre parfois des nuisances : obstruction de cheminées par les nids, dommages ponctuels aux cultures céréalières ou salissures. Sur les aérodromes, les bandes de choucas représentent un risque de collision avec les aéronefs, ce qui en fait l'une des espèces surveillées par les services de prévention du péril animalier.
L'espèce a par ailleurs une place importante dans l'histoire de l'éthologie. Le naturaliste autrichien Konrad Lorenz a consacré au choucas des observations devenues célèbres sur la hiérarchie sociale, l'attachement et la communication, popularisées notamment dans Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons.
Au Québec, le catalogue du vivant la classe comme accidentelle ou non régulière et indique « Non suivie » dans le champ « Statut LEMV ».
Anecdotes
- Le nom scientifique monedula dérive du latin et est traditionnellement rattaché à la monnaie, en allusion à la réputation de l'oiseau d'emporter les objets brillants.
- Le choucas est considéré comme l'un des oiseaux les plus intelligents : il suit la direction du regard humain et sait reconnaître des visages.
- En anglais, l'espèce est connue sous le nom d'Eurasian Jackdaw ; certaines listes récentes emploient plutôt Western Jackdaw.
- Plus petit que la corneille d'Amérique, il pourrait être confondu avec celle-ci par un observateur non averti ; l'œil pâle et la nuque grise permettent toutefois de l'identifier aisément.
- Les couples se reconnaissent et se tiennent souvent côte à côte, y compris au sein des grandes bandes hivernales.
