Portrait et mode de vie
Chrysops callidus appartient au genre Chrysops, qui regroupe les mouches à chevreuil (en anglais deer flies), dans la sous-famille des Chrysopsinae de la famille des Tabanidae. Cette famille comprend aussi les taons, ou mouches à cheval, du genre Tabanus et de genres voisins.
Les Chrysops sont des mouches de taille moyenne, plus petites que la plupart des taons. Elles se reconnaissent notamment à leurs ailes marquées de bandes ou de taches sombres et à leurs yeux souvent colorés ou irisés chez l'insecte vivant. L'identification à l'espèce repose sur des caractères fins du patron alaire, de la coloration de l'abdomen et de la tête, décrits dans les clés spécialisées, dont la clé photographique des Chrysopsinae et Pangoniinae publiée par la Biological Survey of Canada.
Les adultes sont actifs durant la belle saison, par temps ensoleillé et chaud. Les femelles recherchent activement les hôtes à sang chaud et tournent souvent autour de la tête avant de se poser pour piquer. Comme chez les autres Tabanidae, les mâles ne piquent pas.
Répartition
Chrysops callidus est une espèce nord-américaine présente au Canada. La clé photographique des Chrysopsinae et Pangoniinae du Canada la mentionne comme une espèce du sud de l'Ontario et du sud-ouest du Québec, ce qui indique une présence québécoise surtout méridionale.
Au Québec
L'espèce figure parmi les Chrysops signalés dans la province :
- un tableau de synthèse publié dans le Bulletin de biodiversité du Québec (numéro 35) la cite explicitement pour le Québec ;
- une révision plus ancienne des Tabanidés du Québec, déposée à l'Université du Québec à Trois-Rivières, l'intègre à l'ensemble des espèces recensées à partir de captures et de compilations bibliographiques ;
- la monographie The Horse Flies and Deer Flies of Canada and Alaska (série The Insects and Arachnids of Canada) présente les mouches à cheval et les mouches à chevreuil du Canada et de l'Alaska.
Une mention ancienne de l'espèce au Québec apparaît également dans un rapport entomologique numérisé du début du XXe siècle.
Données d'occurrence
La fiche du catalogue du vivant indique la clé taxonomique GBIF 1497368 et 76 occurrences, toutes régions confondues, sans préciser la date de ce décompte.
Croissance et cycle de vie
Les étapes suivantes décrivent le cycle de vie général du genre Chrysops, sans établir les particularités de C. callidus.
Chez ce genre, le développement est complet (holométabole) et comprend quatre stades :
- Œuf : les femelles pondent des masses d'œufs sur la végétation ou des supports situés au-dessus de l'eau ou de sols détrempés.
- Larve : à l'éclosion, les larves tombent dans le milieu humide sous-jacent, où elles vivent dans la vase, les sols saturés d'eau ou les bordures de plans d'eau, de marais et de tourbières. Le stade larvaire est le plus long du cycle et peut couvrir une année ou davantage.
- Pupe : la nymphose se produit généralement dans un substrat plus sec, en bordure du milieu larvaire.
- Adulte : les adultes émergent au début ou au cours de l'été et vivent quelques semaines.
Au Québec, la saison de vol des Chrysops correspond surtout aux mois chauds, de la fin du printemps à la fin de l'été.
Régime alimentaire
Le tableau présente le régime alimentaire généralement observé chez les Chrysops, selon le sexe et le stade de développement.
| Stade | Alimentation |
|---|---|
| Femelle adulte | Sang de mammifères, repas nécessaire à la maturation des œufs ; nectar et miellat comme source d'énergie |
| Mâle adulte | Nectar de fleurs et miellat ; ne pique pas |
| Larve | Matière organique et petits invertébrés du sol ou des sédiments humides |
Les pièces buccales de la femelle sont de type piqueur-coupeur : elles entaillent la peau et l'insecte aspire le sang qui s'écoule de la plaie. Cette alimentation hématophage fait des femelles de Chrysops des insectes piqueurs bien connus des milieux forestiers et humides du Québec.
Les Chrysops s'attaquent couramment aux grands mammifères, dont les cervidés, le bétail et l'humain.
Relations avec les autres espèces
Les mouches à chevreuil occupent plusieurs positions dans les réseaux écologiques.
- Hôtes : les femelles prélèvent le sang de mammifères de taille moyenne à grande. Le nom vernaculaire de « mouche à chevreuil » rappelle leur association avec le cerf de Virginie et d'autres cervidés.
- Pollinisation : en visitant les fleurs pour se nourrir de nectar, les adultes des deux sexes peuvent contribuer de façon accessoire au transport du pollen.
- Prédateurs : les adultes sont consommés par des oiseaux insectivores, des libellules et d'autres insectes prédateurs ; les larves, dans les sédiments humides, sont exposées à divers prédateurs aquatiques et semi-aquatiques.
- Rôle des larves : les larves de Chrysops participent à la décomposition de la matière organique et à la prédation de petits invertébrés dans les sols saturés d'eau.
Au sein de la famille des Tabanidae, C. callidus côtoie au Québec de nombreuses autres espèces de Chrysops et de taons. Selon le rapport Espèces sauvages 2010 d'Environnement et Changement climatique Canada, le Québec compte un nombre élevé d'espèces de Tabanidae, dont la majorité est classée « en sécurité » à l'échelle nationale ; cette évaluation porte sur l'ensemble de la famille.
Relations avec l'humain
Comme les autres mouches à chevreuil, les femelles de Chrysops callidus peuvent piquer l'humain. Les piqûres des Chrysops sont douloureuses et peuvent provoquer une réaction locale (rougeur, enflure, démangeaisons). Ces insectes constituent une nuisance pour les activités de plein air, les travaux forestiers et l'élevage durant l'été.
À l'échelle mondiale, certains Chrysops sont reconnus comme vecteurs mécaniques ou biologiques d'agents pathogènes ; en Amérique du Nord, des espèces du genre ont été associées à la transmission de la tularémie.
