Portrait et mode de vie
Colocasia propinquilinea est un lépidoptère de la famille des Noctuidae, l'une des plus vastes familles de papillons nocturnes. Elle appartient au genre Colocasia. Son nom anglais est Closebanded Yellowhorn.
Il ne faut pas confondre ce genre d'insectes avec le genre végétal homonyme Colocasia, qui regroupe des plantes tropicales de la famille des Aracées, cultivées notamment sous le nom d'« oreilles d'éléphant ». Les deux genres relèvent de codes de nomenclature distincts (zoologique et botanique), ce qui permet l'existence de noms identiques.
Comme la plupart des noctuelles, l'adulte est actif la nuit et se repose le jour, les ailes repliées, sur l'écorce ou dans la végétation. Il est attiré par les sources lumineuses, ce qui explique qu'une bonne partie des mentions de l'espèce provienne d'inventaires réalisés au piège lumineux par des entomologistes amateurs et professionnels. Dans la liste de référence nord-américaine des papillons (numérotation de Hodges), l'espèce porte le numéro 9185.
Répartition
L'aire de répartition publiée de Colocasia propinquilinea couvre le nord-est et le centre-est de l'Amérique du Nord. L'espèce est signalée dans le sud de la forêt boréale et dans la région des Grands Lacs, et son aire s'étend vers le sud le long des Appalaches ; certaines synthèses la mentionnent jusque dans plusieurs États du sud-est des États-Unis.
Au Canada, l'espèce est signalée dans l'est du pays. Le dossier ne permet toutefois pas de confirmer sa présence dans une région précise du Québec.
La Global Biodiversity Information Facility (GBIF) recense l'espèce sous la clé taxonomique 5114192 et y rattachait 190 occurrences à l'échelle de son aire au moment de la consultation du catalogue.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les lépidoptères, Colocasia propinquilinea connaît une métamorphose complète comprenant quatre stades : l'œuf, la chenille (larve), la chrysalide (nymphe) et l'adulte (imago).
Dans les régions septentrionales de son aire, dont l'est du Canada, l'espèce ne produit qu'une seule génération par année (espèce univoltine). Les adultes y volent principalement de mai à juillet.
Les chenilles se développent pendant la saison estivale en consommant le feuillage de leurs hôtes. Une fois leur croissance terminée, elles se transforment en chrysalide, stade au cours duquel se déroule la transformation en adulte.
Régime alimentaire
La chenille de Colocasia propinquilinea est polyphage : elle se nourrit du feuillage de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes feuillus. Les plantes hôtes mentionnées dans les sources entomologiques comprennent notamment :
- les érables (Acer) ;
- les bouleaux (Betula) ;
- les châtaigniers (Castanea) ;
- les hêtres (Fagus) ;
- les peupliers (Populus) ;
- les saules (Salix) ;
- les tilleuls (Tilia).
Plusieurs de ces genres sont bien représentés dans les forêts du sud du Québec, qu'il s'agisse de l'érable à sucre, du bouleau jaune, du hêtre à grandes feuilles, du peuplier faux-tremble ou du tilleul d'Amérique. Cette diversité d'hôtes permet à l'espèce d'occuper une variété de milieux forestiers feuillus et mixtes. Le régime alimentaire de l'adulte n'est pas documenté de façon détaillée pour cette espèce.
Relations avec les autres espèces
En tant que consommatrice de feuillage, la chenille de Colocasia propinquilinea fait partie de la communauté des insectes phytophages des forêts feuillues. Aucune source ne la présente comme un ravageur forestier d'importance.
Comme les autres noctuelles, l'espèce constitue une ressource alimentaire pour de nombreux prédateurs. Les chenilles sont susceptibles d'être consommées par les oiseaux insectivores, en particulier pendant la saison de nidification, lorsque les besoins en protéines des oisillons sont élevés. Les adultes nocturnes font partie des proies potentielles des chauves-souris insectivores. Les noctuelles en général sont aussi la cible de guêpes et de mouches parasitoïdes qui se développent aux dépens des chenilles.
Les interactions spécifiques de cette espèce avec des prédateurs ou des parasitoïdes particuliers ne sont pas documentées en détail dans les sources consultées.
Relations avec l'humain et statut
Colocasia propinquilinea n'a pas d'importance économique connue. Elle n'est pas considérée comme nuisible pour les forêts ou les cultures.
L'espèce intéresse surtout les naturalistes et les entomologistes qui dressent l'inventaire des papillons de nuit. Des organismes et des projets de science participative, comme Mass Moths au Massachusetts, BugGuide, Butterflies and Moths of North America ou le Moth Photographers Group de l'Université d'État du Mississippi, documentent l'espèce au moyen de photographies et de mentions géoréférencées.
La fiche du Catalogue du vivant ne renseigne ni rang de priorité pour la conservation (rang S) ni désignation en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables pour cette espèce au Québec.
