Portrait et mode de vie
Le colibri thalassin est un colibri de taille moyenne pour sa famille, d'environ 10 à 12 cm de longueur. Son plumage est dominé par un vert métallique brillant sur le dessus comme sur le dessous. Il porte une tache violet bleuté qui s'étend de l'arrière de l'œil jusqu'aux couvertures auriculaires, d'où son nom anglais de Mexican Violetear. La poitrine présente aussi des reflets bleu violacé chez l'adulte. La queue, vert bleuté, est traversée d'une bande subterminale sombre. Le bec, noir, est droit ou légèrement arqué. Les deux sexes se ressemblent, la femelle étant un peu plus terne.
L'espèce est réputée pour son comportement vocal : les mâles chantent longuement, souvent depuis une branche dégagée, en répétant une courte note sèche et métallique. Comme la plupart des colibris, il est vif et territorial autour des sources de nectar.
Taxinomie
L'espèce a longtemps été englobée dans un taxon plus large nommé en anglais Green Violetear. Les autorités taxinomiques ont ensuite séparé les populations du Mexique et d'Amérique centrale septentrionale (Colibri thalassinus) de celles du sud de l'Amérique centrale et d'Amérique du Sud (Colibri cyanotus). Certaines bases de référence emploient encore l'ancienne appellation.
Répartition
L'aire de nidification du colibri thalassin couvre les zones montagneuses du Mexique et du nord de l'Amérique centrale. Il y occupe principalement les forêts de pins et de chênes, les lisières, les clairières fleuries et les milieux semi-ouverts d'altitude. Les populations du nord de l'aire sont en partie migratrices ou effectuent des déplacements saisonniers, ce qui favorise l'apparition d'individus égarés bien au-delà de l'aire habituelle.
Au Québec
Au Québec, l'espèce est indigène au sens de la nomenclature provinciale, mais elle n'y niche pas. Elle figure dans la Liste des oiseaux du Québec parmi les visiteurs, et la Liste de la faune vertébrée du Québec la classe comme accidentelle / non régulière. Les mentions sont donc exceptionnelles et correspondent à des individus égarés. La fiche du catalogue indique trois occurrences GBIF, sans préciser si ce décompte porte uniquement sur le Québec.
| Critère | Statut au Québec |
|---|---|
| Origine | Indigène |
| Régularité | Accidentel / non régulier |
| Rang S | SNA (non applicable) |
| Statut légal (LEMV) | Non suivie |
Croissance et cycle de vie
Comme chez les autres Trochilidés, la femelle assume seule la construction du nid, l'incubation et l'élevage des jeunes. Le nid est une petite coupe faite de fibres végétales, de duvet et de toiles d'araignées, généralement fixée sur une branche basse ou une fourche d'arbuste. La ponte habituelle compte deux œufs blancs.
Les jeunes naissent nus et dépendent entièrement de la femelle, qui les nourrit par régurgitation de nectar et de petits arthropodes. Après l'envol, ils demeurent quelque temps à proximité avant de devenir autonomes.
Les mâles ne participent pas aux soins parentaux ; ils consacrent la saison de reproduction à défendre un territoire et à chanter pour attirer les femelles. Après la nidification, une partie des oiseaux des populations nordiques se déplace, parfois sur de longues distances, période durant laquelle surviennent la plupart des observations hors de l'aire normale.
Relations avec l'humain
Cadre légal
Au Québec, le colibri thalassin figure dans la liste des oiseaux visés par le Règlement sur les animaux en captivité ; un permis provincial est requis pour les catégories indiquées dans cette liste.
Observation
En raison de sa rareté extrême au Québec, toute mention de l'espèce suscite l'intérêt des ornithologues amateurs. Les individus égarés en Amérique du Nord sont fréquemment découverts aux mangeoires à colibris installées dans les jardins, ce qui en fait l'un des rares oiseaux accidentels dont la présence dépend souvent de l'observation du public.
Conservation
Au Québec, la fiche du catalogue lui attribue le rang SNA, soit non applicable, et porte la mention « Non suivie ».
Relations avec les autres espèces
Le colibri thalassin joue un rôle de pollinisateur pour de nombreuses plantes à fleurs tubulaires des forêts montagnardes, dont il transporte le pollen d'une fleur à l'autre en se nourrissant de nectar.
Il entre en concurrence avec les autres colibris pour l'accès aux ressources florales. Les mâles défendent activement les massifs fleuris et chassent les intrus, y compris d'autres espèces de Trochilidés. Lorsqu'un individu égaré se présente en Amérique du Nord, il côtoie parfois aux mangeoires le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris), seul colibri nicheur régulier au Québec.
En raison de sa petite taille, il peut être la proie de rapaces agiles, de certains serpents arboricoles ou d'autres prédateurs opportunistes ; les nids sont exposés à la prédation par divers oiseaux et mammifères.
Régime alimentaire
Le régime du colibri thalassin repose principalement sur le nectar des fleurs, qu'il prélève en vol stationnaire grâce à sa langue bifide et extensible. Il visite une grande variété de plantes indigènes et ornementales, et fréquente volontiers les abreuvoirs à eau sucrée.
Le nectar est complété par de petits arthropodes, notamment des insectes et des araignées, capturés en vol ou glanés sur la végétation. Cette source de protéines est particulièrement importante pour l'alimentation des oisillons et pendant la mue.
Comme les autres colibris, l'espèce a un métabolisme très élevé et doit s'alimenter fréquemment au cours de la journée.
Anecdotes
- Le nom de genre Colibri correspond aussi au nom commun des oiseaux de cette famille en français.
- L'épithète thalassinus dérive du grec et évoque la couleur de la mer, en référence aux reflets vert bleuté de son plumage.
- Parmi les colibris néotropicaux, il est l'un de ceux qui s'égarent le plus souvent en Amérique du Nord, où il a été observé dans de nombreux États et provinces loin de son aire d'origine.
