Portrait et mode de vie
Colladonus clitellarius appartient à l'ordre des Hemiptera et à la famille des Cicadellidae, qui regroupe les insectes communément appelés cicadelles. Le genre Colladonus est rangé dans la sous-famille des Deltocephalinae, l'un des groupes de cicadelles les plus diversifiés d'Amérique du Nord.
Comme les autres cicadelles, l'espèce est un petit insecte au corps allongé, aux ailes antérieures disposées en toit au repos et aux pattes postérieures adaptées au saut. Ses pièces buccales forment un rostre de type piqueur-suceur, qui lui permet de prélever les liquides des tissus végétaux.
Les cicadelles du genre Colladonus sont actives durant la belle saison. Comme d’autres cicadelles, elles peuvent se déplacer par sauts ou par vols courts. L'identification fine au sein du genre repose souvent sur l'examen des pièces génitales mâles, pratique courante chez les Deltocephalinae.
Répartition
Colladonus clitellarius est signalée au Québec dans des compilations entomologiques.
Au Québec
L'espèce est inscrite dans la liste québécoise des cicadelles tenue par le site Hemipteres.net, ce qui confirme sa présence dans les compilations régionales. Une synthèse scientifique récente consacrée aux cicadelles d'intérêt agricole au Québec la mentionne comme espèce d'occurrence « locale » au Québec, d'après les travaux de Beirne (1956). Cette même synthèse la classe parmi les espèces historiquement signalées qui n'ont pas été retrouvées dans le Réseau d'avertissements phytosanitaires (RAP) au cours des activités de surveillance récentes.
La répartition fine de l'espèce dans les régions administratives du Québec et son abondance actuelle demeurent peu documentées.
Données d'occurrence
La base de données mondiale GBIF (clé taxonomique 2047315) recense 106 occurrences de l'espèce au moment de la consultation de la fiche du catalogue.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les Hémiptères, Colladonus clitellarius est un insecte hémimétabole : son développement ne comporte pas de stade de pupe. Le cycle précis de l’espèce au Québec est peu documenté; les caractéristiques qui suivent sont celles des cicadelles en général.
- Œuf : chez les Cicadellidae, la femelle insère généralement ses œufs dans les tissus végétaux à l'aide de son ovipositeur.
- Jeunes stades : les jeunes, qui ressemblent aux adultes mais sont dépourvus d'ailes fonctionnelles, passent par plusieurs mues successives en se nourrissant sur les plantes hôtes.
- Adulte : après la dernière mue, l'adulte ailé peut se disperser vers d'autres plantes et se reproduire.
Dans le climat québécois, les cicadelles passent l'hiver sous une forme de résistance, souvent au stade d'œuf ou d'adulte selon les espèces, et deviennent actives avec le retour de la végétation. Le nombre de générations annuelles de C. clitellarius sous les latitudes québécoises n'est pas établi avec précision.
Relations avec l'humain
L'intérêt principal de Colladonus clitellarius pour l'humain tient à son lien avec l'agriculture. La littérature entomologique nord-américaine l'associe aux cultures fruitières, en particulier au pêcher, et plusieurs espèces du genre Colladonus sont connues comme vectrices de phytoplasmes, micro-organismes responsables de maladies des plantes.
Les phytoplasmes transmis par les cicadelles causent notamment la maladie X des arbres fruitiers du genre Prunus et diverses jaunisses. Un rapport de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) porte sur le phytoplasme du bleuetier, tandis qu’une autre étude examine la diversité des cicadelles dans les vignobles canadiens; ces travaux ne démontrent pas un rôle de C. clitellarius dans ces milieux. Aucun rôle vecteur de C. clitellarius n'est toutefois démontré spécifiquement au Québec.
Statut
Elle ne figure pas sur la liste gouvernementale québécoise des espèces exotiques envahissantes animales visées par une interdiction.
Relations avec les autres espèces
Par son alimentation, Colladonus clitellarius entretient une relation directe avec ses plantes hôtes, dont elle prélève la sève. Chez les cicadelles vectrices, cette relation s'étend aux phytoplasmes : ces bactéries sans paroi sont acquises lorsque l'insecte se nourrit sur une plante infectée, se multiplient dans son organisme, puis sont transmises à de nouvelles plantes lors des repas suivants.
Comme les autres cicadelles, l'espèce sert de proie à de nombreux prédateurs invertébrés et vertébrés, notamment des araignées, des insectes prédateurs et des oiseaux insectivores. Les cicadelles sont également la cible de parasitoïdes, par exemple de petites guêpes qui s'attaquent aux œufs et de diptères de la famille des Pipunculidae qui se développent dans le corps des jeunes stades et des adultes.
Au sein des communautés d'insectes des milieux agricoles et des lisières, C. clitellarius côtoie de nombreuses autres cicadelles, dont plusieurs espèces du même genre répertoriées dans l'est du Canada.
Régime alimentaire
Colladonus clitellarius est un insecte strictement phytophage. À l'aide de son rostre, il perce les tissus des plantes pour en aspirer les liquides. Chez la plupart des Deltocephalinae, l'alimentation se fait principalement dans le phloème, le tissu conducteur de la sève élaborée, ce qui explique l'aptitude de nombreux représentants de cette sous-famille à transmettre des phytoplasmes, qui vivent précisément dans ce tissu.
La littérature associe l'espèce à des plantes ligneuses de systèmes fruitiers, dont le pêcher, sans que la gamme complète de ses plantes hôtes au Québec soit établie. Les cicadelles du genre Colladonus peuvent fréquenter à la fois des arbres, des arbustes et la végétation herbacée environnante, les larves et les adultes n'utilisant pas toujours les mêmes plantes.
Les dommages directs causés par la succion de la sève sont généralement limités ; l'importance agronomique des cicadelles de ce groupe tient surtout à la transmission éventuelle d'agents pathogènes.
