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Le vivant

Dickcissel d'Amérique

Le Dickcissel d'Amérique (Spiza americana) est un passereau de la famille des Cardinalidés, seul représentant actuel du genre Spiza. Il niche surtout dans les prairies et les champs du Midwest américain et hiverne principalement dans les Llanos du Venezuela. Au Québec, situé hors de son aire habituelle de nidification, il est un visiteur accidentel ou non régulier. Il y est observé chaque automne en migration et, plus rarement, en été, surtout en Montérégie.

Observations au Québec

2 051 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Dickcissel d'Amérique
Visuel documentaire des traces typiques
  • Empreintes minuscules d'environ 2 cm de long, avec trois doigts fins vers l'avant et un doigt arrière (hallux) bien marqué, typiques d'un petit passereau.
  • Au sol, les empreintes apparaissent souvent par paires côte à côte, ce qui révèle des déplacements par petits sauts, parfois mêlés à quelques pas marchés en terrain herbeux.
  • Écales de graines de graminées, de millet ou de tournesol fendues proprement par un bec conique puissant, accumulées sous les mangeoires ou dans les champs en friche.
  • Fientes de 3 à 5 mm, sombres avec une calotte blanche d'urates, regroupées sous les perchoirs bas comme les tiges hautes, les clôtures ou les arbustes.
  • Nid en coupe volumineuse fait de tiges d'herbes grossières et de feuilles, tapissé de radicelles et d'herbes fines, placé au sol ou à moins d'un mètre dans une végétation herbacée dense ou un arbuste.
  • Œufs bleu pâle, unis et sans taches, habituellement au nombre de 3 à 5 dans le nid.
  • Les traces se trouvent surtout dans les prairies de fauche, les champs de luzerne ou de trèfle et les friches herbeuses ouvertes, rarement en forêt.
  • Au Québec, où l'espèce est rare et erratique, les indices hivernaux se concentrent souvent aux mangeoires, parmi des traces et des écales laissées par des moineaux domestiques.

Portrait et mode de vie

Le Dickcissel d'Amérique est un passereau trapu au bec conique et robuste, adapté à la consommation de graines. Sa taille rappelle celle d'un moineau. Le mâle nuptial se distingue par sa poitrine jaune, marquée d'une bavette noire en forme de V, par sa tête grisâtre, son sourcil jaune et une tache rousse à l'épaule. La femelle et le jeune ont des teintes plus ternes : ils ressemblent à un bruant ou à une femelle de Moineau domestique, mais conservent habituellement une trace de jaune à la poitrine et au sourcil, ainsi qu'un peu de roux à l'aile.

L'espèce fréquente les milieux herbeux ouverts : prairies naturelles, pâturages, champs de foin et friches. Le mâle chante depuis un perchoir dégagé, comme une clôture, un fil ou une tige haute. Son chant sec et répétitif est à l'origine du nom anglais Dickcissel, qui en imite les syllabes.

On le classait autrefois parmi les bruants. Les études de systématique le placent aujourd'hui dans la famille des Cardinalidés, aux côtés des cardinaux, des passerins et des cardinaux à poitrine rose. Le genre Spiza ne compte qu'une seule espèce vivante.

Répartition

Aire générale

L'aire de nidification du Dickcissel d'Amérique se trouve principalement dans le centre des États-Unis. Elle couvre les grandes plaines et le Midwest, avec une présence marginale dans le sud des Prairies canadiennes. En hiver, la majorité de la population se rassemble dans les Llanos du Venezuela et, dans une moindre mesure, dans d'autres régions du nord de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale. Ses effectifs nicheurs fluctuent d'une année à l'autre et la limite de son aire peut se déplacer selon les conditions des prairies.

Au Québec

Le Québec se trouve hors de l'aire habituelle de nidification de l'espèce. Le Dickcissel y est néanmoins observé chaque année en migration automnale, souvent en petit nombre. Des incursions estivales ont aussi été signalées, surtout en Montérégie.

Pendant les travaux du Deuxième atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, un mâle territorial a fréquenté un champ en friche à Franklin, dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, du 7 juin au 17 juillet 2014. Un second mâle l'a rejoint le 18 juin 2014, mais n'a pas été revu par la suite. Aucune nidification n'a été constatée au Québec. Dans les régions voisines, la nidification de l'espèce en Ontario et dans l'État de New York demeure exceptionnelle.

Statut de situation générale

AnnéeCote pour le Québec
2020Sans objet
2015Sans objet
2010Accidentel
2005Accidentel
2000Accidentel

À l'échelle canadienne, le statut général de l'espèce est « indéterminé ». Ces cotes de situation générale n'ont pas de valeur juridique. Au Québec, le rang de conservation S attribué à l'espèce est SNA (non applicable), ce qui correspond aux espèces accidentelles ou non régulières. L'espèce n'est pas suivie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Croissance et cycle de vie

Le Dickcissel est un migrateur de longue distance. Dans son aire de nidification, il arrive tardivement au printemps et repart vers le sud dès la fin de l'été. Les mâles arrivent les premiers et établissent un territoire dans la végétation herbacée.

Le système d'appariement est souvent polygyne : un même mâle peut s'apparier à plusieurs femelles sur son territoire. La femelle construit seule un nid en coupe, placé au sol ou à faible hauteur dans des herbes denses, un buisson bas ou une touffe de plantes. La ponte compte généralement de trois à cinq œufs bleu pâle. La femelle assure l'essentiel de l'incubation et du nourrissage des oisillons.

Après la nidification, les oiseaux se regroupent et entament leur migration vers l'Amérique du Sud. En hiver, ils forment des volées très nombreuses dans les savanes et les zones agricoles. Au Québec, l'espèce est observée en migration automnale, hors de son aire habituelle de nidification.

Relations avec l'humain

Dans son aire de nidification, le Dickcissel dépend en bonne partie des milieux agricoles herbeux, comme les champs de foin, les pâturages et les friches. La date de fauche des prairies influe sur le succès de la nidification, car la fauche peut détruire les nids établis au sol ou à faible hauteur. La conversion des prairies en grandes cultures réduit aussi son habitat.

Dans ses quartiers d'hiver, notamment au Venezuela, les grandes volées s'alimentent dans les champs de riz et de sorgho. Les agriculteurs le considèrent parfois comme un ravageur, et l'espèce y a fait l'objet de mesures de contrôle.

Au Québec, l'espèce suscite surtout l'intérêt des ornithologues amateurs. Les observations sont consignées dans des plateformes de science citoyenne comme eBird et contribuent au suivi des espèces rares de la province.

Relations avec les autres espèces

Comme plusieurs passereaux des prairies, le Dickcissel est fréquemment parasité par le Vacher à tête brune (Molothrus ater). Celui-ci pond ses œufs dans le nid du Dickcissel, qui élève alors le jeune vacher, souvent au détriment de sa propre couvée. Les nids au sol ou près du sol sont aussi exposés aux prédateurs, notamment les couleuvres, les petits mammifères et certains oiseaux.

Dans les prairies, le Dickcissel partage son habitat avec d'autres espèces des milieux ouverts, comme les sturnelles et divers bruants.

En migration et en hiver, il se joint volontiers à des volées mixtes.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Dickcissel varie selon les saisons :

  • en période de nidification, il consomme une forte proportion d'insectes et d'autres invertébrés, notamment des sauterelles, des criquets, des chenilles et des coléoptères ; les oisillons sont nourris surtout d'insectes ;
  • en migration et en hiver, il se nourrit principalement de graines, dont celles de graminées sauvages et de céréales cultivées comme le riz et le sorgho.

Son bec conique et épais lui permet de décortiquer efficacement les graines. Il s'alimente surtout au sol ou en s'agrippant aux tiges des plantes herbacées. Les individus observés au Québec à l'automne fréquentent parfois les mangeoires, où ils consomment des graines comme les autres granivores.

Anecdotes

  • Le nom anglais Dickcissel, repris en français, est une onomatopée inspirée du chant du mâle.
  • Au XIXe siècle, l'espèce nichait plus à l'est qu'aujourd'hui, jusque dans certaines régions proches de la côte atlantique des États-Unis, avant de se retirer vers le centre du continent.
  • Le Deuxième atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional rapporte la présence d'un mâle territorial à Franklin du 7 juin au 17 juillet 2014.
  • Le Québec se trouve hors de l'aire habituelle de nidification du Dickcissel.

Sources

  1. Savoirs.Québec — Catalogue du vivant, fiche Dickcissel d'Amérique
  2. Deuxième atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional — Sturnelle de l'Ouest et Dickcissel d'Amérique
  3. Deuxième atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional — téléchargement et notice bibliographique
  4. Espèces sauvages (Canada) — Dickcissel (Spiza americana)
  5. Avibase — Dickcissel, Spiza americana
  6. Cornell Lab of Ornithology, Birds of the World — Spiza americana
  7. Audubon — Dickcissel, guide de terrain
  8. eBird — Région du Québec
  9. GBIF — Recherche des espèces
  10. Wikipédia — Dickcissel d'Amérique

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Dickcissel — Facts, Habitat & Identification | Birdfact | Birdfact
  2. Dickcissel Animal Facts - Spiza americana
  3. Dickcissel - Wikipedia
  4. Dickcissel
  5. USGS PWRC - Bird Phenology Program
  6. Download
  7. Occurrence Download
  8. Le nouvel atlas est paru!
  9. iDigBio Portal

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6.1 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6.1 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : dickcissel d'amérique, spiza americana, cardinalidés, passereau, oiseau des prairies, espèce accidentelle, montérégie, migration

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