Définition et portée
Dans le vocabulaire scolaire québécois, le terme « accueil » renvoie principalement aux mesures destinées aux élèves issus de l'immigration qui ne maîtrisent pas suffisamment le français pour suivre l'enseignement régulier. L'expression « classe d'accueil » est d'usage courant dans les écoles et les centres de services scolaires.
Le ministère de l'Éducation regroupe ces mesures sous la notion d'intégration linguistique, scolaire et sociale. Cette triple dimension traduit l'idée que l'accueil ne se limite pas à l'enseignement de la langue : il comprend aussi la familiarisation avec le fonctionnement de l'école québécoise, l'évaluation du parcours scolaire antérieur de l'élève et l'établissement de liens avec sa famille.
Le mot « accueil » peut aussi désigner, de manière plus large, la réception des élèves et des familles dans tout établissement au début de l'année scolaire, ou encore la page d'entrée des portails d'information en éducation. Ces sens généraux ne constituent toutefois pas une notion encadrée par un texte normatif distinct.
Cadre légal et institutionnel
L'accueil des élèves allophones s'inscrit dans l'organisation générale du système d'éducation québécois, qui comprend l'éducation préscolaire, l'enseignement primaire et secondaire, les études collégiales et universitaires. La fréquentation scolaire est obligatoire à partir de 6 ans et jusqu'à la fin de l'année scolaire au cours de laquelle l'élève atteint 16 ans, sauf s'il a obtenu auparavant un diplôme décerné par le ministre.
Langue d'enseignement
En vertu de la Charte de la langue française, adoptée en 1977, l'enseignement au préscolaire, au primaire et au secondaire se donne en français, sauf pour les personnes admissibles à l'enseignement en anglais. La plupart des enfants issus de l'immigration fréquentent donc l'école de langue française, ce qui rend nécessaire une offre de services de francisation au sein du réseau scolaire. Au collégial et à l'université, la langue d'enseignement dépend de l'établissement.
Orientations ministérielles
La Politique d'intégration scolaire et d'éducation interculturelle, publiée par le ministère de l'Éducation en 1998, établit les principes généraux de l'accueil : promotion du français comme langue commune, égalité des chances et éducation au vivre-ensemble dans une société pluraliste. Le ministère a ensuite publié un cadre de référence consacré à l'accueil et à l'intégration des élèves issus de l'immigration, qui traite notamment de l'organisation des services et du protocole d'accueil.
Organisation des services
Les services d'accueil sont organisés par les centres de services scolaires et les commissions scolaires, selon le nombre d'élèves concernés et les ressources disponibles dans chaque territoire. Plusieurs modèles coexistent :
- Classe d'accueil fermée : l'élève suit l'essentiel de son horaire dans un groupe composé d'élèves allophones, où l'enseignement porte prioritairement sur le français.
- Intégration partielle : l'élève fréquente une classe d'accueil pour une partie de la journée et une classe ordinaire pour certaines matières.
- Intégration en classe ordinaire avec soutien linguistique : l'élève est inscrit dans un groupe régulier et reçoit un soutien à l'apprentissage du français, individuel ou en petit groupe.
Le choix du modèle dépend notamment de l'âge de l'élève, de son niveau de français, de sa scolarisation antérieure et du contexte régional. Les milieux à forte concentration d'élèves immigrants, en particulier dans la région de Montréal, disposent de classes d'accueil spécialisées, tandis que les régions accueillant moins d'élèves privilégient souvent l'intégration directe accompagnée de soutien.
Le Programme de formation de l'école québécoise comprend un programme d'intégration linguistique, scolaire et sociale, destiné aux élèves en processus de francisation au primaire et au secondaire.
Protocole d'accueil
Le protocole d'accueil désigne la démarche structurée que suit un établissement lors de l'arrivée d'un nouvel élève issu de l'immigration et de sa famille. Il précède et accompagne l'inscription dans un service particulier.
Les étapes généralement associées à ce protocole comprennent :
- l'accueil de la famille et la transmission de l'information sur le fonctionnement de l'école québécoise ;
- la collecte de renseignements sur le parcours scolaire antérieur de l'élève et sur les langues qu'il parle ;
- l'évaluation de ses acquis, notamment en français et en mathématiques, afin de déterminer le classement le plus approprié ;
- le choix du service d'accueil ou de soutien ;
- le suivi de l'élève jusqu'à son intégration complète en classe ordinaire.
La collaboration avec les familles occupe une place importante dans cette démarche. Les établissements peuvent recourir à des interprètes ou à des intervenants communautaires pour faciliter la communication, et s'appuyer sur des organismes locaux d'accueil des personnes immigrantes présents dans plusieurs régions du Québec.
Contexte historique
Pendant une grande partie du XXe siècle, une forte proportion des enfants d'immigrants s'inscrivait dans les écoles de langue anglaise. Les classes d'accueil sont apparues dans le réseau scolaire francophone de Montréal à la fin des années 1960, dans un contexte de débats sur la langue d'enseignement des enfants immigrants.
L'adoption de la Charte de la langue française en 1977 a profondément modifié la composition des écoles francophones en y orientant la majorité des élèves issus de l'immigration. Les services d'accueil se sont alors étendus et diversifiés.
La Politique d'intégration scolaire et d'éducation interculturelle de 1998 a donné un cadre d'ensemble à ces services. Dans les décennies suivantes, l'augmentation et la régionalisation de l'immigration ont conduit des milieux hors de la région métropolitaine à organiser à leur tour des services d'accueil et de soutien à l'apprentissage du français.
Autres sens en éducation
Dans le domaine de l'éducation au Québec, « Accueil » est également l'intitulé de la page d'entrée de plusieurs portails d'information. C'est notamment le cas de l'Inforoute de la formation professionnelle et technique (Inforoute FPT), qui répertorie l'offre de formation professionnelle et technique dans le réseau public. Ce portail présente notamment :
- le diplôme d'études professionnelles (DEP) ;
- l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) ;
- l'attestation d'études professionnelles (AEP) ;
- les attestations d'études collégiales (AEC) en formation technique ;
- l'activité « Élève d'un jour », qui permet de découvrir un programme de formation professionnelle.
Le portail gouvernemental Québec.ca rassemble par ailleurs les renseignements et services relatifs à la garde d'enfants, aux écoles, aux cégeps, aux universités, à la formation et à l'aide financière aux études.