Définition et nature
L'attestation d'études collégiales est l'un des titres officiels de l'ordre d'enseignement collégial au Québec, aux côtés du diplôme d'études collégiales (DEC). Elle atteste la réussite d'un programme d'études techniques établi par un collège et non par le ministre responsable de l'enseignement supérieur.
Le collège décerne l'AEC à l'étudiant ou à l'étudiante qui a atteint les objectifs du programme auquel il ou elle a été admis. Le titre est donc délivré par l'établissement d'enseignement, ce qui le distingue du DEC, qui est décerné par le ministre sur recommandation du collège.
Les programmes menant à l'AEC poursuivent essentiellement des objectifs de formation technique liés à l'exercice d'une fonction de travail. Ils se composent uniquement d'une formation spécifique, sans la composante de formation générale (langue d'enseignement et littérature, philosophie, éducation physique, langue seconde) exigée pour l'obtention d'un DEC. Leur durée et leur contenu varient selon les programmes et les établissements.
L'AEC s'inscrit dans la mission de formation continue des collèges : elle permet de répondre rapidement à des besoins précis du marché de l'emploi, de soutenir la requalification de la main-d'œuvre et de faciliter l'intégration professionnelle de personnes déjà engagées dans la vie active.
Cadre réglementaire
L'AEC relève du Règlement sur le régime des études collégiales (RLRQ, c. C-29, r. 4), adopté en vertu de la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel. Ce règlement définit les deux titres de l'ordre collégial, les conditions générales d'admission et les règles de sanction des études.
Les principaux éléments encadrés par le règlement sont les suivants :
- la possibilité, pour un collège, d'établir ses propres programmes d'études conduisant à l'AEC ;
- les conditions d'admission propres à ces programmes ;
- la règle selon laquelle le collège décerne lui-même l'attestation à la personne qui a atteint les objectifs du programme.
Les programmes d'AEC peuvent être élaborés à partir de compétences tirées des programmes d'études techniques conduisant au DEC, ce qui facilite, le cas échéant, la reconnaissance des acquis lors d'une poursuite d'études vers un diplôme.
La Charte de la langue française (RLRQ, c. C-11) et le Règlement concernant les exigences de connaissance du français nécessaires pour la délivrance d'une attestation d'études collégiales (RLRQ, c. C-11, r. 7.1) ajoutent une condition linguistique à la délivrance du titre.
Le ministère de l'Enseignement supérieur publie par ailleurs de l'information sur les diplômes et documents officiels d'études collégiales, de même que des listes de programmes menant à l'AEC, dont une liste de programmes prioritaires pour l'année 2025-2026.
Admission
L'admission à un programme d'AEC repose à la fois sur les conditions du Règlement sur le régime des études collégiales et sur les règles propres au programme fixées par le collège. L'établissement doit notamment juger que la formation antérieure de la personne candidate est suffisante pour lui permettre d'entreprendre le programme.
En plus de cette formation jugée suffisante, la personne doit généralement satisfaire à l'une des situations suivantes :
- avoir interrompu ses études à temps plein pendant une période déterminée par le règlement ;
- avoir poursuivi des études postsecondaires ;
- être titulaire d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) ;
- être visée par une entente conclue entre le collège et un employeur, ou par un programme gouvernemental.
Ces voies d'accès traduisent la vocation de l'AEC, qui s'adresse d'abord aux adultes plutôt qu'aux élèves passant directement de l'école secondaire au collégial. Les collèges peuvent exiger des préalables particuliers selon la nature du programme.
Les demandes d'admission se font auprès du collège ou du service régional d'admission concerné, selon l'établissement. Le gouvernement du Québec recommande de consulter directement les collèges pour connaître les programmes offerts et leurs modalités.
Programmes et offre de formation
L'offre d'AEC est répartie dans l'ensemble des régions du Québec et provient des cégeps, des collèges privés et d'autres établissements autorisés à offrir l'enseignement collégial. Elle est le plus souvent rattachée aux services de formation continue des établissements.
Le répertoire Inforoute FPT, qui recense la formation professionnelle et technique au Québec, répertorie un grand nombre de groupes de formation menant à l'AEC. À titre d'exemples :
| Programme | Établissement | Région administrative |
|---|---|---|
| Courtage immobilier résidentiel | Cégep de Lanaudière à Joliette | Lanaudière |
| Courtage immobilier résidentiel | Cégep de Matane | Bas-Saint-Laurent |
| Courtier en immobilier résidentiel | Institut Teccart | Montréal |
| Techniques spécialisées en production scénique | Cégep de Drummondville | Centre-du-Québec |
D'autres programmes, comme l'installation et l'administration des réseaux, relèvent des technologies de l'information. Les domaines couverts comprennent notamment l'administration, l'informatique, l'immobilier, la santé, les arts de la scène et les techniques industrielles.
Parce que chaque collège établit ses propres programmes, des formations portant sur un même champ peuvent présenter des intitulés, des durées et des contenus différents d'un établissement à l'autre. Les horaires sont souvent adaptés à une clientèle adulte, avec des formules à temps partiel, en soirée, intensives ou à distance selon les établissements.
Exigences de connaissance du français
La Charte de la langue française prévoit qu'une AEC ne peut être délivrée à une personne qui n'a pas une connaissance suffisante du français. Le règlement d'application fixe les seuils requis selon l'Échelle québécoise des niveaux de compétence en français :
| Compétence | Niveau exigé |
|---|---|
| Compréhension orale | 7 |
| Production orale | 7 |
| Compréhension écrite | 4 |
| Production écrite | 4 |
La réussite d'un programme dont tous les cours sont donnés en français est réputée satisfaire à cette exigence. Pour les programmes offerts en tout ou en partie dans une autre langue, notamment en anglais, la personne peut démontrer sa connaissance du français au moyen de tests standardisés reconnus. Certaines situations scolaires ou personnelles prévues par le règlement permettent par ailleurs d'être exempté du test.
Le ministère de l'Enseignement supérieur a publié un document précisant les modalités d'application de ces exigences, à l'intention des collèges et des personnes étudiantes concernées.
Distinction avec les autres titres
Dans le système scolaire québécois, l'AEC occupe une place intermédiaire entre la formation professionnelle du secondaire et le diplôme d'études collégiales.
| Titre | Ordre d'enseignement | Autorité qui établit le programme | Formation générale |
|---|---|---|---|
| Diplôme d'études professionnelles (DEP) | Secondaire (formation professionnelle) | Ministre | Non |
| Attestation d'études collégiales (AEC) | Collégial | Collège | Non |
| Diplôme d'études collégiales (DEC) | Collégial | Ministre (avec une part établie par le collège) | Oui |
Le DEC technique, d'une durée prévue de trois ans, combine une formation générale commune à tous les programmes et une formation spécifique. L'AEC, centrée sur la seule formation spécifique, est généralement plus courte et plus ciblée.
L'AEC ne donne pas, à elle seule, les mêmes droits que le DEC en matière d'admission à l'université, où le DEC demeure la voie habituelle. Les universités peuvent néanmoins prendre en considération une AEC jointe à une expérience pertinente dans l'évaluation d'une candidature, selon leurs propres règles.
Il ne faut pas confondre l'AEC avec l'attestation d'études professionnelles (AEP) ou l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP), qui relèvent de la formation professionnelle de l'ordre secondaire.
Terminologie et reconnaissance
L'expression « attestation d'études collégiales » et son abréviation « AEC » figurent au Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française. En anglais, la réglementation québécoise emploie l'appellation « Attestation of College Studies ».
Le Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux (CICDI) recense le titre dans ses guides terminologiques, ce qui facilite sa description et son évaluation par les organismes de reconnaissance des diplômes au Canada et à l'étranger.
Dans les textes officiels, l'AEC est désignée comme un titre d'études collégiales au même titre que le DEC, mais sa valeur sur le marché du travail dépend largement du programme suivi, de l'établissement qui l'a établi et de la reconnaissance que lui accordent les employeurs et, le cas échéant, les ordres ou organismes de réglementation d'une profession.