Définition et principes
L'alternance travail-études (ATE) est une approche de formation qui articule, dans un même programme d'études, des périodes d'apprentissage en établissement scolaire et des périodes en milieu de travail. Les stages en entreprise visent à développer, dans un contexte réel de travail, les compétences prévues par le programme d'études.
La formule poursuit plusieurs objectifs :
- relier les compétences enseignées en classe aux situations concrètes de travail ;
- favoriser l'insertion professionnelle des élèves et des étudiants ;
- permettre aux personnes déjà en emploi d'accéder à de nouvelles fonctions de travail ;
- rapprocher les établissements d'enseignement et les milieux économiques.
L'ATE ne constitue pas un programme distinct : elle est une modalité d'organisation d'un programme existant. Au Québec, elle est présente à deux ordres d'enseignement, la formation professionnelle, relevant du secondaire, et la formation technique, relevant de l'ordre collégial. Les critères et les modalités ne sont pas identiques d'un ordre à l'autre, et l'offre varie selon les établissements.
En formation professionnelle
En formation professionnelle, plusieurs centres de formation professionnelle (CFP) offrent des programmes d'études en ATE. Pour être admissible, un programme doit :
- être offert par un établissement reconnu par le ministère de l'Éducation ;
- mener à un diplôme de formation professionnelle, soit le diplôme d'études professionnelles (DEP), l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP) ou l'attestation d'études professionnelles (AEP) ;
- être suivi à temps plein.
Le parcours comprend au moins deux stages en entreprise. Le cadre ministériel distingue deux types d'alternance, offerts selon le centre :
| Type d'alternance | Part des stages dans le programme |
|---|---|
| Alternance de base | De 20 % à 39 % |
| Alternance accrue | 40 % et plus |
La rémunération des stages n'est pas systématique : elle dépend du programme d'études et de l'entreprise d'accueil. Lorsque la formation est réussie, le relevé de notes de l'élève porte la mention « Programme complété en Alternance travail-études ». Les élèves peuvent obtenir des renseignements sur les programmes offerts et les modalités d'inscription auprès du responsable de l'ATE de leur établissement.
En formation technique collégiale
À l'ordre collégial, l'ATE s'applique aux programmes de formation technique menant au diplôme d'études collégiales (DEC) ou à une attestation d'études collégiales (AEC) de plus de 40 unités.
Selon les modalités présentées par le gouvernement du Québec, les parcours en ATE au collégial présentent les caractéristiques suivantes :
- au moins deux stages en entreprise ;
- des stages d'une durée de 8 à 32 semaines consécutives ;
- une durée totale de stage correspondant à au moins 20 % des heures de formation du programme ;
- une rémunération au salaire minimum ou davantage.
Les cégeps et les collèges privés organisent ces stages avec des employeurs qui accueillent des stagiaires étudiants. Le gouvernement du Québec publie, à l'intention des entreprises, de l'information sur l'accueil d'un stagiaire. Un crédit d'impôt pour stage en milieu de travail, administré dans le cadre de la fiscalité québécoise, est par ailleurs associé à l'accueil de stagiaires.
Encadrement et partenariat
L'ATE repose sur un partenariat formel entre l'établissement d'enseignement et l'entreprise d'accueil, qui vise à assurer que le stagiaire développe les compétences attendues par le programme d'études.
En formation professionnelle, l'encadrement est partagé entre deux intervenants :
- le superviseur de stage, un employé de l'entreprise, qui accompagne le stagiaire dans le milieu de travail ;
- l'enseignant de l'établissement, qui valide la progression des apprentissages et offre du soutien au stagiaire.
Cette répartition des rôles distingue l'ATE d'un emploi étudiant ordinaire : les tâches confiées en entreprise sont liées aux compétences du programme et font l'objet d'un suivi pédagogique. Le ministère publie un cadre de référence de la formation en alternance, accompagné d'un lexique, qui précise les définitions, les rôles des partenaires et les conditions d'organisation des stages. La version consacrée à la formation professionnelle date de 2022.
Histoire
Les premières expériences québécoises de formation en alternance mentionnées dans le cadre de référence ministériel remontent à 1966, à l'Université de Sherbrooke.
Le développement de l'ATE en formation professionnelle et en formation technique s'est accéléré à partir de 1986.
En 1998-1999, le ministère de l'Éducation a mis en œuvre un programme de soutien financier destiné à favoriser l'implantation de l'ATE dans les établissements. La recherche en éducation s'est également intéressée à la formule, notamment dans l'article « L'alternance au Québec, une idée ancienne pour de nouvelles pratiques de formation », publié en 1998 et diffusé sur Érudit.
Développements récents
Dans l'industrie de la construction, la Commission de la construction du Québec a publié en février 2025 un plan d'action visant à accélérer le recours à l'alternance travail-études pour les métiers du secteur.
Le Fonds de recherche du Québec a soutenu des travaux de recherche, dont ceux de Claudia Gagnon, portant sur les apprentissages accrus en milieu de travail et sur l'alternance travail-études en formation professionnelle.
Des formules apparentées coexistent dans le réseau scolaire, comme les dispositifs d'apprentissage accru en milieu de travail en formation professionnelle et les formations visant l'exercice d'un métier semi-spécialisé, qui comportent elles aussi une part de formation en entreprise.