Histoire
L'association est fondée à Montréal le 28 juillet 1966 sous le nom d'Association des producteurs de films du Québec (APFQ). Elle obtient sa charte en 1971. Sa création s'inscrit dans une période de structuration de l'industrie cinématographique québécoise, marquée par l'émergence d'une production privée aux côtés des institutions publiques comme l'Office national du film du Canada.
Au fil de l'évolution des technologies et des marchés, l'association élargit son champ d'action et modifie sa dénomination à plusieurs reprises :
| Période | Sigle | Dénomination |
|---|---|---|
| À partir de 1966 | APFQ | Association des producteurs de films du Québec |
| Par la suite | APFVQ | Association des producteurs de films et de vidéo du Québec |
| Par la suite | APFTQ | Association des producteurs de films et de télévision du Québec |
| Depuis 2013 | AQPM | Association québécoise de la production médiatique |
L'adoption du nom actuel, en 2013, traduit l'élargissement du mandat de l'organisme au-delà du cinéma et de la télévision, afin d'englober la production destinée aux plateformes numériques. L'association a publié en 2026 un historique couvrant la période de 1966 à 2026, à l'occasion de son soixantième anniversaire.
Mission et mandat
L'AQPM a pour mission de conseiller, de représenter et d'accompagner les entreprises de production indépendante du Québec. Son mandat couvre l'ensemble des écrans : cinéma, télévision et web.
Ses principaux champs d'intervention comprennent :
- le financement de la production audiovisuelle et l'accès aux programmes de soutien publics ;
- la fiscalité, notamment les crédits d'impôt applicables à la production cinématographique et télévisuelle ;
- les lois et règlements encadrant la radiodiffusion, la diffusion en ligne et le droit d'auteur ;
- les relations de travail et la négociation d'ententes collectives avec les associations d'artistes et d'artisans.
L'association offre également à ses membres des services d'information et de conseil sur les conditions d'exercice de la profession de producteur. Elle agit comme interlocutrice des pouvoirs publics provinciaux et fédéraux ainsi que des organismes de financement et de réglementation du secteur.
Membres
Selon ses documents récents, l'AQPM regroupe plus de 150 entreprises québécoises de production indépendante. L'Institut de la statistique du Québec la décrit comme la principale association du domaine et indique qu'elle réunit la plupart des entreprises québécoises de production indépendante en cinéma et en télévision.
Les entreprises membres produisent ou coproduisent des œuvres destinées à différents écrans : longs et courts métrages, séries de fiction, documentaires, émissions de variétés, magazines et contenus numériques. Ces œuvres sont réalisées en français, en anglais et dans des langues autochtones.
La notion de production indépendante désigne les entreprises qui ne sont pas contrôlées par un radiodiffuseur ou un distributeur. Ce statut conditionne l'accès à plusieurs sources de financement public et privé, ce qui en fait un enjeu central de la représentation exercée par l'association. Les données de production publiées par l'AQPM varient selon l'année et le périmètre retenu ; elles doivent être lues en fonction des définitions propres à chaque publication.
Relations de travail
Les relations de travail constituent l'un des volets historiques de l'action de l'association. Au Québec, les conditions d'engagement des artistes du cinéma sont encadrées par la loi provinciale sur le statut professionnel des artistes de la scène, du disque et du cinéma, qui prévoit la négociation d'ententes collectives entre associations de producteurs et associations d'artistes reconnues.
Dans ce cadre, l'AQPM négocie au nom des producteurs des ententes collectives avec les organisations représentant notamment les interprètes, les scénaristes, les réalisateurs et les techniciens du cinéma et de la télévision. Ces ententes fixent des conditions minimales de rémunération et de travail applicables aux productions.
L'association accompagne aussi ses membres dans l'application de ces ententes et dans le règlement des différends qui en découlent. Ce rôle de partie patronale distingue l'AQPM des organismes de promotion ou de financement du cinéma québécois.
Représentation et politiques publiques
L'AQPM intervient régulièrement auprès des gouvernements du Québec et du Canada. Elle est inscrite au Registre des lobbyistes du Canada et dépose des mémoires dans le cadre de consultations publiques.
Échelle québécoise
L'association soumet des mémoires lors des consultations prébudgétaires du ministère des Finances du Québec, dont celle portant sur le budget 2026-2027. Ses interventions portent notamment sur les mesures fiscales et les programmes de soutien à la production audiovisuelle.
Échelle fédérale
Auprès des instances fédérales, l'AQPM a présenté un mémoire au Comité permanent de l'industrie de la Chambre des communes, ainsi qu'un mémoire à Innovation, Sciences et Développement économique Canada dans le cadre de la consultation sur un cadre moderne du droit d'auteur applicable aux intermédiaires en ligne. Le 12 juin 2025, elle a déposé des réponses à une demande de renseignements du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dans le cadre de l'instance 2024-288, consacrée à la modernisation du cadre de soutien à la programmation canadienne.
Ces interventions visent à préserver la place de la production indépendante québécoise et francophone dans un environnement transformé par les plateformes de diffusion en ligne.
Place dans le milieu audiovisuel
L'AQPM s'inscrit dans un écosystème associatif structuré qui réunit, au Québec, les organisations d'artistes, d'artisans, de distributeurs et de diffuseurs. L'Institut de la statistique du Québec, dans son état des lieux du cinéma et de la télévision consacré à l'encadrement législatif et à l'organisation associative, la présente comme l'association la plus importante du côté de la production.
Par son rôle de représentation patronale, elle constitue un interlocuteur des organismes publics de financement, tels que la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et Téléfilm Canada, ainsi que des fonds destinés à la production télévisuelle et numérique. Son action touche l'ensemble de la chaîne de création, depuis le développement des projets jusqu'à leur diffusion.
Depuis sa fondation en 1966, l'association a accompagné l'évolution de la production québécoise, du cinéma d'auteur et de la télévision traditionnelle jusqu'aux contenus conçus pour les plateformes numériques.