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Géologie

Mine Horne

La mine Horne est une ancienne mine souterraine de cuivre et d'or située à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. Elle exploitait un gisement de sulfures massifs volcanogènes riche en or, logé dans la Formation de Horne du Groupe de Blake River, au cœur de la sous-province archéenne de l'Abitibi. Jalonnée par le prospecteur Edmund Horne en 1920 et exploitée de 1927 à 1976 par Noranda Mines, elle a déclenché l'essor minier et industriel moderne de l'Abitibi et a donné naissance à la fonderie Horne.

Localisation et cadre géologique

La mine Horne se trouve dans le secteur Noranda de la ville de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, sur la rive nord du lac Osisko. Le site appartient à la Province du Supérieur, le plus vaste ensemble de roches archéennes du Bouclier canadien, et plus précisément à la sous-province de l'Abitibi, une ceinture de roches vertes composée d'assemblages volcaniques et sédimentaires mis en place il y a environ 2,7 milliards d'années.

Le gisement est encaissé dans la Formation de Horne, une unité du Groupe de Blake River. Ce groupe volcanique, qui forme le cœur du camp minier de Noranda, est réputé pour son abondance de gisements de sulfures massifs volcanogènes. Le district de Noranda compte une vingtaine de gisements de ce type, dont la mine Horne est le plus important par son tonnage et sa teneur en or.

Sur le plan structural, la Formation de Horne occupe un bloc limité par des failles régionales, séparé du reste du Groupe de Blake River. La faille de Cadillac–Larder Lake, une structure majeure de la sous-province de l'Abitibi, passe au sud de Rouyn-Noranda et marque la limite méridionale du Groupe de Blake River dans ce secteur.

Géologie du gisement

La Formation de Horne est constituée principalement de rhyolites (laves felsiques massives et bréchiques) et de roches volcanoclastiques felsiques. Elle affleure dans le territoire de Rouyn-Noranda et forme une séquence orientée est-ouest, à pendage subvertical, ce qui explique que les corps minéralisés aient été exploités en profondeur à partir de puits verticaux.

Le gisement Horne est classé parmi les gisements de sulfures massifs volcanogènes (SMV), une famille de gisements formés sur ou sous le fond marin par la circulation de fluides hydrothermaux chauds associés au volcanisme sous-marin. Les métaux dissous précipitent sous forme de sulfures au contact de l'eau de mer froide, formant des lentilles de sulfures massifs, souvent accompagnées en profondeur de zones de stockwerk et d'altération hydrothermale des roches encaissantes.

La mine Horne se distingue par sa richesse en or, au point d'être citée comme un exemple type des SMV aurifères de la ceinture de l'Abitibi. L'origine de cet enrichissement en or fait l'objet de travaux de recherche portant notamment sur la géochimie isotopique du soufre et des éléments traces des sulfures, ainsi que sur la contribution possible de fluides d'origine magmatique au système hydrothermal.

Le gisement comprend plusieurs corps minéralisés distincts, dont des lentilles exploitées pendant la vie de la mine et une zone profonde, dite zone 5, qui constitue aujourd'hui le gisement Horne 5.

Minéralisation

Les minéralisations du gisement Horne se présentent sous forme de sulfures massifs à disséminés. Les principaux minéraux métalliques sont :

  • la pyrite (sulfure de fer), sulfure dominant ;
  • la pyrrhotite (sulfure de fer) ;
  • la chalcopyrite (sulfure de cuivre et de fer), principal minerai de cuivre ;
  • la sphalérite (sulfure de zinc) ;
  • la galène (sulfure de plomb).

L'or et l'argent accompagnent les sulfures, ce qui a permis une récupération conjointe du cuivre et des métaux précieux. Le minerai était traité sur place, le concentré étant acheminé à la fonderie voisine.

Les zones plus profondes, notamment celle du gisement Horne 5, présentent un caractère polymétallique : l'étude d'impact du projet Horne 5 décrit des ressources en or, en cuivre, en zinc et en argent.

La localité figure dans les bases de données minéralogiques internationales sous les noms de mine Horne et de mine Noranda, ce qui témoigne de son statut de référence pour l'étude des sulfures volcanogènes archéens.

Découverte et exploitation

Découverte (1920-1922)

Le prospecteur Edmund Horne, originaire de la Nouvelle-Écosse, a parcouru le nord-ouest du Québec à plusieurs reprises avant de jalonner, en 1920, les terrains situés près du lac Osisko. Les travaux d'exploration qui ont suivi ont conduit à la formation de la société Noranda Mines en 1922. Le nom « Noranda » est une contraction de « North » et « Canada ».

Exploitation (1927-1976)

La production a commencé en 1927, en même temps que la mise en service de la fonderie construite à proximité. L'exploitation souterraine s'est poursuivie pendant près d'un demi-siècle, jusqu'à la fermeture de la mine en 1976.

PériodeOr produit (approx.)Cuivre produit (approx.)
1927-1976260 tonnes1,13 million de tonnes

Ces chiffres de production historique sont généralement présentés comme couvrant l'ensemble de la période d'exploitation. Ils font de la mine Horne l'un des plus importants producteurs de cuivre et d'or de l'histoire minière québécoise.

Rôle dans le développement de l'Abitibi

La découverte et la mise en production de la mine Horne ont déclenché l'expansion minière et industrielle moderne de l'Abitibi. La ville minière de Noranda a été établie à proximité immédiate de la mine, tandis que Rouyn se développait sur la rive opposée du lac Osisko. Les deux villes ont fusionné en 1986 pour former Rouyn-Noranda.

Le succès de Noranda Mines a stimulé la prospection dans l'ensemble de la ceinture de roches vertes de l'Abitibi, conduisant à la découverte de nombreux autres gisements de sulfures massifs volcanogènes dans le district de Noranda et à l'essor de la Faille de Cadillac comme axe aurifère. Noranda Mines est devenue l'une des principales sociétés minières canadiennes.

La fonderie Horne, construite pour traiter le minerai de la mine, a continué ses activités après la fermeture de celle-ci en 1976 en traitant des concentrés de cuivre provenant d'autres mines ainsi que des matériaux recyclés. Les émissions atmosphériques de la fonderie, notamment d'arsenic, ont fait l'objet d'une consultation publique menée par le gouvernement du Québec en 2022. Des études scientifiques ont par ailleurs documenté la dégradation environnementale passée autour des fonderies de la région de Rouyn-Noranda.

Gisement Horne 5

Le gisement Horne 5 se situe sous l'ancienne mine Horne, en profondeur, et se distingue des corps minéralisés exploités entre 1927 et 1976. Il correspond à une zone profonde reconnue pendant l'exploitation historique, mais demeurée inexploitée.

Un projet d'exploitation souterraine de ce gisement polymétallique aurifère a été présenté à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement du Québec, sous le numéro de dossier 3211-16-018 du Registre des évaluations environnementales. L'étude d'impact décrit notamment des ressources en or, en cuivre, en zinc et en argent, ainsi que des infrastructures minières prévues en milieu urbain, à proximité de la fonderie et des quartiers de Rouyn-Noranda.

Le dossier d'évaluation environnementale comprend plusieurs documents déposés entre 2018 et 2024, dont des réponses aux questions du ministère de l'Environnement du Québec. Le développement du projet s'inscrit dans le contexte plus large de la mise en valeur de gisements situés dans des camps miniers parvenus à maturité, où les ressources résiduelles se trouvent à grande profondeur.

Sources

  1. Géologie Québec, « Formation de Horne », Lexique stratigraphique
  2. Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec, rapport MB 2018-46 sur la caractérisation du gisement Horne
  3. Géologie Québec, « L'exploitation minière à maturité » (GT 2013-01)
  4. Canadian Mining Hall of Fame, « Edmund Horne »
  5. Paul Dumas, « La mine Horne », Magazine RMI
  6. Registre des évaluations environnementales du Québec, « Projet Horne 5 »
  7. Registre des évaluations environnementales du Québec, résumé de l'étude d'impact du projet Horne 5
  8. Registre des évaluations environnementales du Québec, projet Horne 5, document d'août 2024
  9. Leverington et Schindler, « Delineating Areas of Past Environmental Degradation near Smelters », Scientific Reports
  10. Mindat, « Horne Mine (Noranda Mine), Rouyn-Noranda, Abitibi-Témiscamingue »
  11. « Sulfur isotope and trace element data from ore sulfides in the Noranda district », Mineralium Deposita
  12. « Evolution of the south-central part of the Archean Abitibi Belt, Quebec. Part I », Revue canadienne des sciences de la Terre
  13. Harquail Earth Sciences, Université Laurentienne, « Volcanogenic massive sulphide deposits of the Archean Noranda district, Quebec »
  14. Dubé et Gosselin, « Gold-rich volcanogenic massive sulphide deposits »
  15. Ministère de l'Environnement du Québec, consultation sur la fonderie Horne (2022), mémoire du CREAT

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Mémoire
  2. Microsoft Word - 2022-10-20 QMM - Mémoire Consultation Fonderie Horne - version finale.docx
  3. Juillet 2018
  4. Sulfur isotope and trace element data from ore sulfides in the Noranda district (Abitibi, Canada): implications for volcanogenic massive sulfide deposit genesis - Mineralium Deposita
  5. Geology, gold mineralization and alteration of the Horne West Property Rouyn-Noranda

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : mine horne, rouyn-noranda, sulfures massifs volcanogènes, groupe de blake river, sous-province de l'abitibi, cuivre, or, noranda mines, horne 5

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