Deux formations homonymes
L'expression « Parti conservateur du Québec » désigne deux réalités distinctes de l'histoire politique québécoise.
La première est la formation conservatrice active dès l'entrée en vigueur du régime fédéral, en 1867, et qui domine la scène provinciale durant une partie du XIXᵉ siècle avant de s'effacer au milieu des années 1930. En 1935, les conservateurs concluent une alliance avec l'Action libérale nationale, à l'origine de l'Union nationale.
La seconde est le parti autorisé en 2009 auprès du Directeur général des élections du Québec, qui porte le sigle PCQ. Il s'agit d'une entité politique nouvelle, sans continuité juridique avec l'ancienne formation, même si elle en reprend la dénomination et une partie de la référence symbolique. Le présent article traite principalement de cette formation contemporaine, tout en présentant les résultats historiques associés à la dénomination conservatrice.
Le PCQ est également distinct du Parti conservateur du Canada, formation fédérale : le droit électoral québécois ne prévoit aucun lien organique obligatoire entre les partis provinciaux et les partis fédéraux.
Fondation et direction
Le Parti conservateur du Québec contemporain est fondé en 2009 ; les sources de référence indiquent une autorisation accordée par le Directeur général des élections du Québec le 25 mars 2009. Au cours de la décennie 2010, la formation demeure marginale, présentant des candidats sans obtenir de représentation à l'Assemblée nationale.
Le 17 avril 2021, le chroniqueur et animateur de radio Éric Duhaime est élu à la direction du parti avec une large majorité des voix des membres. Cette élection coïncide avec une croissance rapide de l'organisation : le nombre de contributions financières recueillies passe de 92 en 2019 à 8 210 en 2021, puis à 13 520 en 2022.
La direction du parti s'accompagne d'un effort d'implantation régionale et d'une structuration des instances, discutée notamment lors des congrès des membres. Le parti publie ses statuts, ses documents officiels et sa plateforme électorale sur son site officiel.
Orientations et programme
Le PCQ se présente comme une formation de droite. Les valeurs qu'il met de l'avant dans ses documents officiels portent notamment sur la liberté individuelle, la responsabilité personnelle, la limitation de l'intervention de l'État et la réduction du fardeau fiscal.
Ses propositions publiques touchent plusieurs champs de compétence provinciale :
- la santé, avec une insistance sur la place du patient dans l'organisation des services et sur l'ouverture à des modes de prestation diversifiés ;
- les finances publiques, avec la publication d'un cadre financier chiffré en période électorale ;
- la famille et la natalité, avec des mesures de soutien aux ménages ;
- l'autonomie du Québec et celle des régions.
Selon Mon La Tuque, le parti a dévoilé à Berthier-sur-Mer, le 18 septembre 2026, un plan consacré à l'autonomie des régions.
Ces positions font l'objet d'une couverture médiatique et de vérifications journalistiques, en particulier lorsqu'elles comportent des engagements budgétaires.
Résultats électoraux
Élection générale de 2022
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Sièges | 0 |
| Votes | 530 786 |
| Part des voix | 12,91 % |
Ce total brut est le plus élevé parmi les résultats présentés sous cette dénomination, mais aucun candidat du parti n'a été élu en 2022.
Formation historique (1867-1935)
| Année | Sièges | Votes | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 1935 | 17 | 101 544 | 26,96 % |
| 1931 | 11 | 213 223 | 43,54 % |
| 1927 | 9 | 109 105 | 34,31 % |
| 1923 | 20 | 114 285 | 39,32 % |
| 1919 | 3 | 21 990 | 17,16 % |
| 1916 | 3 | 73 147 | 35,09 % |
| 1912 | 16 | 125 277 | 43,01 % |
| 1908 | 14 | 97 738 | 39,92 % |
| 1904 | 7 | 60 662 | 26,73 % |
| 1900 | 7 | 43 277 | 41,85 % |
| 1897 | 22 | 98 941 | 43,82 % |
| 1892 | 43 | 91 579 | 52,41 % |
| 1890 | 20 | 71 695 | 45,40 % |
| 1886 | 23 | 68 141 | 46,19 % |
| 1881 | 37 | 49 152 | 50,38 % |
| 1878 | 31 | 136 070 | 49,49 % |
| 1875 | 31 | 88 656 | 50,99 % |
| 1871 | 25 | 31 168 | 51,69 % |
| 1867 | 35 | 40 479 | 53,47 % |
Cette série montre une domination conservatrice durant les premières décennies suivant 1867, un recul marqué après 1897 face au Parti libéral du Québec, puis une remontée dans les années 1920 avant l'effacement des années 1930.
Financement
Les partis politiques québécois sont soumis à un régime strict de financement encadré par la Loi électorale : les contributions proviennent uniquement d'électrices et d'électeurs, sont plafonnées annuellement et sont rendues publiques par Élections Québec.
Contributions recueillies par le PCQ, par année :
| Année | Total | Nombre de contributions |
|---|---|---|
| 2026 | 131 984 $ | 1 120 |
| 2025 | 65 756 $ | 982 |
| 2024 | 88 906 $ | 1 516 |
| 2023 | 58 911 $ | 1 257 |
| 2022 | 679 581 $ | 13 520 |
| 2021 | 300 877 $ | 8 210 |
| 2020 | 50 479 $ | 1 457 |
| 2019 | 7 511 $ | 92 |
Les contributions atteignent un sommet de 679 581 $ en 2022, pour 13 520 contributions. Les montants diminuent ensuite en 2023, augmentent en 2024, diminuent en 2025, puis remontent à 131 984 $ en 2026.
Place dans le paysage politique
À l'Assemblée nationale, composée de 125 sièges répartis dans autant de circonscriptions, les données courantes de la plateforme attribuent un siège au PCQ, occupé par Maïté Blanchette Vézina dans la circonscription de Rimouski, alors qu'aucun candidat du parti n'avait été élu à l'élection générale de 2022. La répartition des sièges consignée dans le registre parlementaire de la 43ᵉ législature attribue 79 sièges à la Coalition avenir Québec, 18 au Parti libéral du Québec, 11 à Québec solidaire, 9 à des députés indépendants, 7 au Parti québécois et 1 au Parti conservateur du Québec.
Le PCQ se situe dans un espace électoral disputé avec la Coalition avenir Québec et, selon les régions, avec le Parti libéral du Québec. La formation partage le sort d'autres partis québécois ayant obtenu une part appréciable du vote populaire sans représentation correspondante en sièges, situation régulièrement invoquée dans les débats sur la réforme du mode de scrutin.