Origines et fondation
L'Union nationale naît en 1935 d'une alliance électorale entre deux formations d'opposition au gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau : le Parti conservateur du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, et l'Action libérale nationale, dirigée par Paul Gouin. L'Action libérale nationale regroupe alors des libéraux dissidents favorables à des réformes économiques et sociales.
Après l'élection générale de 1935, l'alliance mène à l'Assemblée législative une offensive contre le gouvernement libéral, notamment au sein du comité des comptes publics. En juin 1936, la coalition se transforme en parti unifié sous la seule direction de Duplessis, Paul Gouin et une partie de ses partisans se retirant de l'entente.
Lors de l'élection générale de 1936, la nouvelle formation remporte 76 sièges et met fin à près de quarante ans de gouvernements libéraux. Maurice Duplessis devient premier ministre du Québec.
Les gouvernements Duplessis
Premier mandat (1936-1939)
Le premier gouvernement de l'Union nationale adopte notamment une loi instaurant le crédit agricole et, en 1937, la Loi protégeant la province contre la propagande communiste, connue sous le nom de « loi du cadenas ». Défaite à l'élection générale de 1939, tenue au début de la Seconde Guerre mondiale, l'UN ne conserve que 14 sièges et retourne dans l'opposition.
Retour au pouvoir (1944-1960)
L'Union nationale reprend le pouvoir à l'élection générale de 1944 avec 51 sièges. Elle remporte ensuite les élections de 1948, 1952 et 1956, obtenant en 1948 son plus grand nombre de sièges, soit 82. Cette période, souvent désignée par l'expression « régime Duplessis », est marquée par :
- la défense de l'autonomie provinciale face au gouvernement fédéral, notamment en matière fiscale ;
- l'adoption du drapeau fleurdelisé comme drapeau du Québec en 1948 ;
- la création d'un impôt provincial sur le revenu en 1954 ;
- un appui marqué au monde rural, notamment par l'électrification des campagnes ;
- des relations étroites avec l'Église catholique et une attitude conflictuelle à l'égard de certains syndicats.
Maurice Duplessis meurt en fonction le 7 septembre 1959. Paul Sauvé lui succède comme premier ministre et amorce des changements d'orientation, mais il meurt à son tour au début de 1960. Antonio Barrette dirige ensuite le gouvernement et mène le parti à l'élection générale de 1960, remportée par le Parti libéral de Jean Lesage, ce qui ouvre la période de la Révolution tranquille.
Le gouvernement de 1966 à 1970
Dans l'opposition, l'Union nationale se réorganise sous la direction de Daniel Johnson, qui défend une révision constitutionnelle exprimée dans son ouvrage Égalité ou indépendance (1965). À l'élection générale de 1966, le parti remporte 56 sièges et reprend le pouvoir.
Les gouvernements de l'Union nationale de 1966 à 1970 poursuivent plusieurs réformes entreprises au cours de la Révolution tranquille. Ils mettent notamment en place :
- les collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) en 1967 ;
- la Société d'habitation du Québec en 1967 ;
- le réseau de l'Université du Québec en 1968.
Daniel Johnson meurt en fonction en septembre 1968. Jean-Jacques Bertrand lui succède. Son gouvernement fait adopter en 1969 la Loi pour promouvoir la langue française au Québec, dite « loi 63 », qui maintient le libre choix de la langue d'enseignement et suscite une vive contestation. L'UN est défaite à l'élection générale de 1970, remportée par le Parti libéral de Robert Bourassa ; elle conserve 20 sièges.
Déclin et disparition
Après 1970, l'Union nationale perd progressivement son poids électoral, concurrencée à la fois par le Parti libéral du Québec et par le Parti québécois. Sous la direction de Gabriel Loubier, elle adopte en 1971 le nom d'Unité-Québec, avant de reprendre le nom d'Union nationale en janvier 1973. À l'élection générale de 1973, elle ne fait élire aucun député.
Le parti connaît une remontée à l'élection générale de 1976, sous la direction de Rodrigue Biron, en faisant élire 11 députés. Cette embellie demeure sans lendemain : à l'élection générale de 1981, l'UN obtient 4 % des voix et n'obtient aucun siège.
La formation subsiste ensuite de manière marginale. En juin 1989, le Directeur général des élections du Québec lui retire son autorisation à titre de parti politique, ce qui marque la fin de l'Union nationale historique.
Résultats électoraux
Le tableau suivant présente les résultats de l'Union nationale aux élections générales québécoises, du scrutin le plus récent au plus ancien, selon les données compilées à partir d'Élections Québec et de l'Atlas Drouilly.
| Élection | Sièges | Votes | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 1981 | 0 | 144 070 | 4 % |
| 1976 | 11 | 611 666 | 19,08 % |
| 1973 | 0 | 146 209 | 5,46 % |
| 1970 | 20 | 564 544 | 22,13 % |
| 1966 | 56 | 948 928 | 44,74 % |
| 1962 | 31 | 900 817 | 42,15 % |
| 1960 | 43 | 977 318 | 46,61 % |
| 1956 | 72 | 956 082 | 51,8 % |
| 1952 | 68 | 847 983 | 50,5 % |
| 1948 | 82 | 775 747 | 51,24 % |
| 1944 | 51 | 505 661 | 44,42 % |
| 1939 | 14 | 217 413 | 38,6 % |
| 1936 | 76 | 323 812 | 56,88 % |
L'Union nationale a remporté six élections générales : 1936, 1944, 1948, 1952, 1956 et 1966. Le scrutin de 1981 est le dernier pour lequel les résultats du parti figurent dans cette compilation.
Orientations politiques
L'Union nationale est généralement associée à trois grands thèmes : l'autonomie provinciale, le conservatisme social et la défense de la vie rurale. Sous Maurice Duplessis, le parti s'oppose aux initiatives centralisatrices du gouvernement fédéral, en particulier dans le domaine fiscal, et valorise l'agriculture, la famille et le rôle de l'Église catholique dans les domaines de l'éducation et des services sociaux. Il favorise aussi l'exploitation des ressources naturelles par des capitaux privés, y compris étrangers.
Le programme et l'action du parti évoluent toutefois selon les périodes. Les gouvernements de Paul Sauvé, puis de Daniel Johnson et de Jean-Jacques Bertrand, s'inscrivent davantage dans le mouvement de modernisation de l'État québécois, notamment en éducation. Sur la question constitutionnelle, Daniel Johnson formule une revendication d'égalité entre les deux nations fondatrices du Canada.
L'historiographie québécoise a longtemps associé la période duplessiste à l'expression « Grande Noirceur ». Cette lecture fait l'objet de débats parmi les historiens, dont certains soulignent les transformations économiques et sociales du Québec de l'après-guerre.
Données récentes de financement
La fiche de la plateforme, attribuée à Élections Québec, présente les contributions suivantes sous le nom « Union nationale ». Ces données ne permettent pas d'établir une continuité avec le parti historique dont l'autorisation a été retirée en 1989. La fiche indique également zéro siège pour 2026.
| Année | Contributions | Nombre de contributions |
|---|---|---|
| 2026 | 16 947 $ | 580 |
| 2025 | 35 815 $ | 1 322 |
| 2024 | 29 378 $ | 1 310 |
| 2023 | 8 959 $ | 372 |
| 2022 | 4 813 $ | 153 |
| 2021 | 117 $ | 6 |
| 2020 | 400 $ | 4 |