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Germaine Guèvremont

Germaine Guèvremont, née Grignon à Saint-Jérôme en 1893 et morte en 1968, est une romancière, nouvelliste et journaliste québécoise. Elle est l'autrice du cycle du Survenant : le recueil de contes En pleine terre (1942), le roman Le Survenant (1945) et sa suite Marie-Didace (1947). Situés au Chenal du Moine, près de Sorel, ces récits la placent parmi les figures de transition entre le roman de la terre et la modernité littéraire québécoise. Son œuvre a été primée au Québec et en France, puis adaptée à la radio, à la télévision et au cinéma.

Biographie

Germaine Grignon naît à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, en 1893. Elle est issue de la famille Grignon, qui compte aussi l'écrivain Claude-Henri Grignon, son cousin, auteur d'Un homme et son péché.

Après son mariage avec Hyacinthe Guèvremont, elle s'établit à Sorel, ville de l'actuelle Montérégie, à la confluence du Richelieu et du fleuve Saint-Laurent. Cette région, et particulièrement le Chenal du Moine, au cœur des îles de Sorel, devient le cadre principal de son œuvre littéraire.

Dans les années 1930, elle s'installe à Montréal, où elle poursuit une carrière dans la presse avant de se consacrer à l'écriture de fiction. Elle meurt en 1968. Son parcours, de la chronique locale au roman primé à l'étranger, illustre l'accès progressif des femmes à la vie littéraire et journalistique québécoise de la première moitié du XXe siècle.

Journalisme

Germaine Guèvremont commence à écrire comme journaliste à Sorel, notamment pour Le Courrier de Sorel. Ce travail de chroniqueuse locale l'amène à observer de près la vie des habitants des îles et des rives du lac Saint-Pierre, matériau qu'elle réinvestira dans sa fiction.

À Montréal, elle collabore à plusieurs journaux et revues, dont Paysana, publication destinée aux femmes du milieu rural. Ses textes de presse et ses récits brefs, publiés dans des périodiques, constituent le laboratoire de son écriture : plusieurs personnages et lieux du futur cycle du Survenant y apparaissent sous une forme préliminaire.

La critique a souligné la continuité entre cette pratique journalistique et l'œuvre romanesque, au point de qualifier l'autrice de « journaliste en pleine terre », en écho au titre de son premier recueil. L'attention portée au parler populaire, aux gestes quotidiens et aux saisons du travail agricole procède directement de cette expérience de reporter.

Le cycle du Survenant

L'œuvre principale de Germaine Guèvremont forme un ensemble cohérent, désigné comme le cycle du Survenant.

TitreGenrePremière parution
En pleine terreRecueil de contes1942 (édition augmentée en 1946)
Le SurvenantRomanMontréal, 1945 ; Paris, 1946
Marie-DidaceRomanMontréal, 1947

En pleine terre

Ce recueil réunit des récits brefs consacrés à la vie paysanne de la région de Sorel. Il introduit l'univers de la famille Beauchemin et du Chenal du Moine.

Le Survenant

Le roman raconte l'arrivée, un soir d'automne, d'un étranger sans nom chez les Beauchemin, famille d'habitants du Chenal du Moine. Le « Survenant », voyageur libre et insaisissable, bouleverse l'ordre familial et communautaire avant de repartir. Le personnage oppose à l'enracinement terrien l'appel du large et de l'ailleurs, tension qui fait du roman une œuvre charnière entre le roman de la terre et la modernité.

Marie-Didace

Suite du Survenant, ce roman poursuit la chronique des Beauchemin après le départ de l'étranger. Il met notamment en scène l'Acayenne, personnage d'origine acadienne, et la naissance de Marie-Didace, qui donne son titre au livre. Le récit évoque le déclin d'une lignée et d'un mode de vie traditionnel.

Réception et distinctions

Le Survenant assure à Germaine Guèvremont une reconnaissance au Québec et à l'étranger. Sa parution à Paris en 1946, un an après l'édition montréalaise, lui ouvre le public français.

Les principales distinctions associées au cycle sont les suivantes :

  • le prix David, décerné par le gouvernement du Québec, pour Le Survenant ;
  • le prix Sully-Olivier-de-Serres de l'Académie française, pour Le Survenant ;
  • une reconnaissance de l'Académie canadienne-française pour Marie-Didace.

La critique littéraire québécoise a fait de l'œuvre un jalon de l'histoire du roman national. Elle y voit à la fois l'aboutissement du roman du terroir, par la précision de sa peinture des mœurs rurales, et l'annonce de sa remise en question, par la figure d'un personnage étranger aux valeurs de la terre. La langue de l'autrice, qui intègre le vocabulaire régional des îles de Sorel, a aussi retenu l'attention des chercheurs. L'œuvre fait l'objet d'études universitaires régulières, notamment dans la revue Voix et Images.

Adaptations

Le cycle du Survenant a connu une importante postérité médiatique. Germaine Guèvremont participe elle-même à l'adaptation de ses romans pour la radio puis pour la télévision de Radio-Canada, dans les années 1950. Le feuilleton télévisé Le Survenant figure parmi les premiers téléromans québécois et contribue à la popularité durable du personnage auprès du grand public.

Les archives de l'autrice conservent des scénarios rédigés pour ces adaptations, ce qui témoigne de son rôle actif dans le passage de l'écrit à l'écran.

En 2005, le roman est porté au cinéma sous le titre Le Survenant, dans une réalisation d'Érik Canuel. L'expression « survenant », désignant un étranger arrivé à l'improviste, est par ailleurs passée dans l'usage courant au Québec.

Archives et hommages

Le fonds Germaine Guèvremont est conservé à Bibliothèque et Archives Canada. Il comprend des documents textuels et des enregistrements sonores, notamment des manuscrits, des scénarios radiophoniques et télévisuels ainsi que des exemplaires annotés de ses romans. Un instrument de recherche en facilite la consultation.

Plusieurs lieux portent son nom au Québec, officialisés par la Commission de toponymie du Québec :

  • la rue Germaine-Guèvremont, à Lévis ;
  • la rue Germaine-Guèvremont, à Sherbrooke ;
  • la bibliothèque Germaine-Guèvremont, à Laval.

La région de Sorel et du Chenal du Moine, dans la municipalité régionale de comté de Pierre-De Saurel, demeure associée à son œuvre, qui a contribué à faire connaître le paysage des îles de Sorel et du lac Saint-Pierre.

Sources

  1. Commission de toponymie du Québec, notice biographique de Germaine Guèvremont
  2. Université de Saint-Boniface, Germaine Guèvremont
  3. Voix et Images, « Bibliographie de Germaine Guèvremont »
  4. Voix et Images, « Germaine Guèvremont : nouvelles survenances »
  5. Voix et Images, « Le relais des survenants chez Germaine Guèvremont »
  6. Études françaises, « Germaine Guèvremont (1900-1968) »
  7. Cap-aux-Diamants, « Germaine Guèvremont, une journaliste en pleine terre »
  8. Port Acadie, « Aux sources de l'Acayenne de Germaine Guèvremont dans le roman Marie-Didace »
  9. Bibliothèque et Archives Canada, Fonds Germaine Guèvremont
  10. Bibliothèque et Archives Canada, Instrument de recherche du fonds Germaine Guèvremont
  11. L'Île, Centre de documentation virtuel sur la littérature québécoise, Guèvremont, Germaine
  12. Commission de toponymie du Québec, Rue Germaine-Guèvremont (Lévis)
  13. Commission de toponymie du Québec, Bibliothèque Germaine-Guèvremont (Laval)
  14. Commission de toponymie du Québec, Rue Germaine-Guèvremont (Sherbrooke)
  15. Savoirs.Québec, registre éditorial

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Bibliothèque du Cégep de Bois-de-Boulogne, notice de Le cycle du Survenant
  2. Germaine Guèvremont — Wikipédia
  3. Germaine Guèvremont fonds [textual record, sound recording]
  4. Germaine Guèvremont - Wikipedia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : germaine guèvremont, le survenant, marie-didace, en pleine terre, roman de la terre, chenal du moine, sorel, littérature québécoise

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