Historique
Le prix Robert-Cliche est créé en 1979, l'année suivant la mort de Robert Cliche, afin d'honorer la mémoire de cette figure de la vie juridique, politique et intellectuelle du Québec. Dès l'origine, il prend la forme d'un concours de manuscrits destiné aux écrivains qui n'ont encore publié aucun roman.
Le prix est étroitement associé à VLB éditeur, maison montréalaise qui publie le roman lauréat. Cette formule, qui lie la récompense à la publication, distingue le prix Robert-Cliche de la plupart des distinctions littéraires québécoises, qui couronnent des ouvrages déjà parus. VLB éditeur fait aujourd'hui partie du Groupe Livre de Québecor, qui commandite la bourse remise au lauréat.
Depuis sa fondation, le concours est tenu sur une base annuelle et s'est imposé comme l'un des principaux tremplins de la relève romanesque au Québec. Les maisons du Groupe Livre et la revue Les libraires relaient régulièrement l'annonce du lauréat.
Fonctionnement
Le prix Robert-Cliche s'adresse aux auteurs d'un premier roman inédit rédigé en français. Il vise la relève du roman québécois et franco-canadien.
Déroulement du concours
- Les candidats soumettent un manuscrit de roman inédit à l'organisation du prix.
- Les manuscrits sont évalués de façon anonyme par un jury indépendant.
- Le jury désigne un lauréat unique pour chaque édition.
Récompense
- Le roman lauréat est publié chez VLB éditeur.
- L'auteur reçoit une bourse de 10 000 $ commanditée par Québecor.
Les éditions du concours sont désignées par l'année de remise du prix, ce qui explique le décalage entre la période de dépôt des manuscrits et le millésime de l'édition. Ainsi, l'édition désignée 2028 fixe la date limite de dépôt des manuscrits au 31 janvier 2027.
L'anonymat des manuscrits constitue un trait central du concours : le jury se prononce sur le texte seul, sans connaître l'identité, l'âge ni le parcours des candidats.
Robert Cliche
Robert Cliche (1921-1978), originaire de la Beauce, est un avocat, juge et homme politique québécois. Il s'est fait connaître comme plaideur, puis comme chef de l'aile québécoise du Nouveau Parti démocratique dans les années 1960, sans toutefois être élu lors de ses candidatures aux élections fédérales.
Nommé juge, il préside au milieu des années 1970 la Commission d'enquête sur l'exercice de la liberté syndicale dans l'industrie de la construction, communément appelée commission Cliche, dont les travaux ont eu un retentissement important au Québec.
Homme de lettres, Robert Cliche a également cosigné avec son épouse, l'écrivaine Madeleine Ferron, des ouvrages consacrés à l'histoire et aux mœurs de la Beauce, dont Quand le peuple fait la loi et Les Beaucerons, ces insoumis. Ce double engagement, juridique et littéraire, explique le choix de son nom pour un prix voué à l'émergence de nouveaux écrivains.
Palmarès
Le palmarès du prix Robert-Cliche comprend les premiers romans de plusieurs auteurs qui ont ensuite mené une carrière littéraire reconnue au Québec.
Lauréats notables
- Robert Lalonde, romancier et comédien
- Chrystine Brouillet, autrice de romans policiers
- Louise Leblanc, pour 37 1/2 AA
- Roxanne Bouchard, romancière
- Paul Serge Forest, romancier
Lauréats récents
| Édition | Lauréat ou lauréate | Roman |
|---|---|---|
| 2026 | Antoine Achard | Deuil et Divertissement |
| 2025 | Louis St-Pierre | La république de Kafka |
| 2024 | Laura Nicolae | Rue Escalei |
La liste complète des lauréats depuis 1979 est tenue par l'organisation du prix et publiée sur son site officiel.
Place dans la littérature québécoise
Le prix Robert-Cliche occupe une position particulière parmi les distinctions littéraires du Québec. Contrairement aux prix qui consacrent des œuvres déjà diffusées, comme le prix littéraire du Gouverneur général ou le Prix des libraires du Québec, il intervient en amont de la publication et fait office de voie d'accès à l'édition pour des auteurs inconnus.
Cette fonction de découverte a fait du concours un observatoire de la relève romanesque. Plusieurs romans lauréats ont fait l'objet d'études universitaires ; le premier roman de Louise Leblanc, 37 1/2 AA, a notamment été analysé dans la revue Studies in Canadian Literature sous l'angle du pastiche.
La revue Lettres québécoises et la revue Les libraires rendent compte de l'attribution du prix dans leurs rubriques consacrées aux prix et distinctions. Par son association avec VLB éditeur, le prix contribue aussi au renouvellement du catalogue de cette maison, l'une des maisons d'édition littéraire historiques de Montréal.