Portrait et mode de vie
Cheumatopsyche campyla est un insecte de l'ordre des Trichoptera, dont les représentants sont appelés trichoptères ou phryganes. Il appartient à la famille des Hydropsychidae, parfois désignés en anglais sous le nom de netspinning caddisflies, en raison de l'habitude de leurs larves de filer des filets de soie dans le courant. L'espèce a été décrite par l'entomologiste Herbert H. Ross en 1938.
Comme les autres trichoptères, l'espèce mène une vie en deux temps : un stade larvaire et nymphal aquatique, puis un stade adulte aérien et terrestre. Les larves des Hydropsychidae ne construisent pas de fourreau portatif ; elles aménagent plutôt une retraite fixée au substrat, à laquelle est associé un filet de capture orienté face au courant.
Les adultes du genre Cheumatopsyche sont de petits insectes à ailes brunâtres repliées en toit au repos, munis de longues antennes filiformes. Leur activité est principalement crépusculaire et nocturne, et ils sont fréquemment attirés par les sources lumineuses, ce qui explique leur récolte courante au piège lumineux dans les études faunistiques. L'identification à l'espèce repose en général sur l'examen des genitalia des mâles, les espèces du genre étant difficiles à distinguer à l'œil nu.
Répartition
Cheumatopsyche campyla est une espèce nord-américaine. Des inventaires biogéographiques nord-américains mentionnent l'espèce au Québec.
Au Québec
L'espèce est nommée dans la liste des trichoptères du Québec diffusée par l'IQBIO, ce qui confirme son intégration à la faune entomologique provinciale. Elle figure également parmi les espèces traitées dans l'ouvrage collectif sur les insectes et arachnides du Canada publié avec la Société d'entomologie du Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Habitat
L'espèce fréquente les eaux courantes. Un relevé faunistique de référence la signale dans des cours d'eau de petite, de moyenne et de grande taille, ce qui correspond à l'écologie générale du genre, associé aux rivières et ruisseaux bien oxygénés où le courant assure l'apport de particules alimentaires.
Données d'occurrence
Le Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF) regroupe, sous la clé taxonomique 1439723, 29 occurrences de l'espèce selon la fiche du catalogue du vivant. Ce nombre, qui englobe l'ensemble de l'aire de répartition, évolue au gré de l'intégration de nouvelles données de collection et ne constitue pas une mesure d'abondance.
Croissance et cycle de vie
Le cycle de vie de Cheumatopsyche campyla suit le schéma à métamorphose complète (holométabole) propre aux trichoptères : œuf, larve, nymphe et adulte.
- Œuf : chez les Hydropsychidae, les femelles déposent leurs œufs dans l'eau ou sur des supports immergés, souvent en masses.
- Larve : la larve, entièrement aquatique, passe par plusieurs stades de croissance. Elle vit sur le substrat grossier (galets, blocs, débris ligneux) des zones de courant, où elle construit sa retraite et son filet.
- Nymphe : au terme de sa croissance, la larve s'enferme dans un abri fixé au substrat pour se transformer en nymphe. La nymphe mûre gagne la surface pour l'émergence.
- Adulte : l'adulte ailé vit hors de l'eau, à proximité des cours d'eau. Il se reproduit durant la belle saison ; les vols nocturnes des trichoptères ont fait l'objet d'études de périodicité au moyen de pièges lumineux.
Relations avec l'humain
Les adultes peuvent toutefois se rassembler en nombre autour des éclairages situés près des cours d'eau lors des émergences estivales, comme c'est le cas pour d'autres trichoptères.
Bio-indication
Les larves de trichoptères font partie des macroinvertébrés benthiques utilisés pour évaluer la qualité des cours d'eau, notamment dans les programmes de suivi biologique fondés sur les indices EPT (éphéméroptères, plécoptères et trichoptères). Au sein de ce groupe, le genre Cheumatopsyche est généralement considéré comme relativement tolérant à l'enrichissement organique en comparaison d'autres trichoptères ; sa présence s'interprète donc de concert avec l'ensemble de la communauté benthique.
Recherche
L'espèce apparaît dans des inventaires faunistiques des insectes aquatiques et dans des travaux de biogéographie sur le genre Cheumatopsyche. Des études de piégeage lumineux portent également sur les trichoptères. Les trichoptères du Canada ont aussi fait l'objet de programmes de codage à barres de l'ADN, qui facilitent l'identification des larves, difficiles à déterminer à l'espèce par la seule morphologie.
Relations avec les autres espèces
Dans les cours d'eau, les larves de Cheumatopsyche partagent souvent leur habitat avec d'autres Hydropsychidae, notamment des espèces des genres Hydropsyche et Ceratopsyche, ainsi qu'avec d'autres filtreurs comme les larves de simulies. Ces organismes se disputent les emplacements favorables sur le substrat, là où le courant apporte le plus de particules en suspension ; des comportements territoriaux entre larves d'Hydropsychidae ont été décrits dans la littérature.
Rôle de proie
Les larves et les nymphes constituent une ressource alimentaire pour de nombreux prédateurs aquatiques : poissons de rivière, larves de plécoptères prédateurs, larves de libellules et autres invertébrés carnassiers. Les trichoptères figurent de façon régulière dans les relevés d'alimentation des poissons des eaux courantes.
Rôle des adultes
Lors de l'émergence et des vols de reproduction, les adultes sont consommés par des oiseaux insectivores, des chauves-souris et des araignées riveraines. Les trichoptères contribuent ainsi au transfert d'énergie du milieu aquatique vers les écosystèmes terrestres adjacents.
Régime alimentaire
La larve de Cheumatopsyche campyla, comme celles des autres Hydropsychidae, se nourrit principalement par filtration. Elle tisse un filet de soie à mailles fines, tendu dans le courant à l'entrée de sa retraite. Le filet retient les particules transportées par l'eau, que la larve recueille ensuite à l'aide de ses pièces buccales.
Le régime des larves du genre Cheumatopsyche comprend :
- des particules de matière organique fine en suspension (débris végétaux fragmentés) ;
- des algues, dont des diatomées, entraînées par le courant ;
- de petits invertébrés capturés dans le filet.
Ce mode d'alimentation classe les larves parmi les collecteurs-filtreurs dans les classifications par groupes fonctionnels alimentaires des invertébrés d'eau douce. En retenant la matière organique fine, elles participent au recyclage de la matière dans le cours d'eau.
Les adultes des trichoptères se nourrissent peu ; lorsqu'ils le font, il s'agit essentiellement de liquides sucrés ou d'eau. Leur vie adulte est consacrée avant tout à la reproduction et à la dispersion.
