Portrait et mode de vie
Le chevalier rouge est un poisson au corps allongé et légèrement comprimé, couvert de grandes écailles. Comme les autres membres du genre Moxostoma, il possède une bouche infère, orientée vers le fond et munie de lèvres charnues. Ces lèvres lui permettent de fouiller les sédiments. L'espèce doit son nom anglais, Shorthead Redhorse, à sa tête relativement courte par rapport au reste du corps. Son nom français renvoie à la teinte rouge orangé de ses nageoires, plus particulièrement de la caudale.
Caractères distinctifs
- Dos brun olive à reflets bronzés, flancs dorés ou argentés, ventre pâle.
- Nageoire caudale et nageoires inférieures teintées de rouge ou d'orangé. La dorsale est plutôt grisâtre et présente un bord concave.
- Nageoire dorsale comptant de 12 à 14 rayons. Ce critère est couramment utilisé pour distinguer l'espèce des autres chevaliers.
- Lèvres plissées, dont la lèvre inférieure présente un bord postérieur presque droit.
L'adulte mesure généralement de 30 à 45 cm. Il se tient près du fond, dans les eaux claires à modérément turbides des rivières à courant modéré, des grands cours d'eau et des lacs. Il y recherche les fonds de gravier, de sable ou de roche.
Au Québec, le chevalier rouge peut être confondu avec le chevalier blanc, le chevalier jaune, le chevalier de rivière et le chevalier cuivré. Une identification attentive est donc nécessaire, en particulier là où ces espèces à statut précaire sont présentes.
Répartition
Le chevalier rouge est présent en Amérique du Nord.
Au Québec, le catalogue classe l'espèce comme indigène et régulière, sans préciser sa répartition à l'intérieur de la province.
Le glossaire gouvernemental de la pêche sportive range le chevalier rouge parmi les cinq chevaliers présents au Québec, avec le chevalier blanc, le chevalier jaune, le chevalier de rivière et le chevalier cuivré.
Le catalogue du vivant de la plateforme associe l'espèce à la clé taxonomique GBIF 2359006. Il indique 120 occurrences GBIF pour cette espèce, sans préciser l'étendue géographique ni la date du décompte.
| Attribut | Valeur |
|---|---|
| Origine | Indigène |
| Régularité | Régulier |
| Rang S | S4 |
| Statut LEMV | Non suivie |
Croissance et cycle de vie
Le chevalier rouge fraie au printemps. Les chevaliers fraient généralement en eau courante, sur des fonds graveleux.
Les détails de la ponte et du développement varient selon les conditions du milieu.
Les jeunes se nourrissent de petits invertébrés.
Régime alimentaire
Le chevalier rouge est un poisson benthique qui s'alimente en aspirant les particules et les petits organismes du fond. Ses dents pharyngiennes sont minces et disposées en peigne. Elles conviennent davantage à la consommation de proies à corps mou qu'au broyage de coquilles épaisses. Cette particularité le distingue du chevalier cuivré et du chevalier de rivière, dont les dents sont adaptées à l'écrasement des mollusques.
Son régime se compose principalement :
- de larves d'insectes aquatiques, notamment de chironomes, d'éphémères et de trichoptères ;
- de petits crustacés ;
- de petits mollusques et d'autres invertébrés benthiques.
Il ingère aussi des débris végétaux et des sédiments en même temps que ses proies. Sa quête de nourriture se fait surtout sur les fonds de sable, de gravier et de roche.
Relations avec les autres espèces
Au sein des écosystèmes fluviaux québécois, le chevalier rouge occupe une position intermédiaire dans le réseau trophique. Il consomme des invertébrés benthiques. Les juvéniles et les adultes de petite taille servent de proies :
- aux grands poissons piscivores, comme le grand brochet, le doré jaune et le maskinongé ;
- à des oiseaux piscivores.
Le chevalier rouge partage souvent ses habitats et ses frayères avec d'autres Catostomidés, en particulier les autres chevaliers et le meunier noir. Cette cohabitation, combinée à de fortes ressemblances morphologiques, complique l'identification des espèces. Elle revêt une importance particulière pour la conservation des chevaliers à statut précaire. Au Québec, le chevalier cuivré et le chevalier de rivière font en effet l'objet de mesures de protection particulières. Au niveau fédéral, le chevalier de rivière est aussi visé par un plan de gestion.
Relations avec l'humain
Le glossaire gouvernemental de la pêche sportive range le chevalier rouge parmi les chevaliers présents au Québec. Certaines espèces voisines font l'objet de mesures de protection particulières.
L'identification des espèces revêt donc une importance particulière dans le contexte de la pêche.
Le classement S4 indique que l'espèce est jugée apparemment non en péril à l'échelle du Québec. Le catalogue porte la mention « Non suivie » dans le champ LEMV.
Anecdotes
- Le nom de genre Moxostoma combine deux racines grecques et évoque une bouche servant à sucer. Il fait allusion au mode d'alimentation par aspiration des chevaliers.
- L'épithète macrolepidotum signifie « à grandes écailles ».
- L'espèce a été décrite par le naturaliste français Charles Alexandre Lesueur au début du XIXe siècle, sous le nom de genre Catostomus.
- L'appellation anglaise redhorse, commune à tout le genre, fait référence à la teinte rougeâtre des nageoires de plusieurs espèces.
