Portrait et mode de vie
Le colibri circé est un colibri de taille moyenne pour sa famille, mesurant environ 8 à 10 cm de longueur et pesant quelques grammes. Son nom anglais, Broad-billed Hummingbird, et son épithète latine latirostris évoquent la base relativement large de son bec.
Plumage
- Mâle : corps vert foncé irisé, gorge bleu saphir, sous-caudales blanchâtres, queue sombre légèrement fourchue. Le bec est rouge vif avec une pointe noire.
- Femelle : dessus vert, dessous gris pâle, trait blanc derrière l'œil et queue arrondie bordée de blanc. Son bec est plus sombre, avec du rouge surtout à la base de la mandibule inférieure.
Comportement
Comme les autres Trochilidés, il pratique le vol stationnaire devant les fleurs grâce à des battements d'ailes très rapides. Il remue fréquemment la queue lorsqu'il se nourrit. Son cri est un bref gazouillis sec, souvent répété. L'espèce fréquente surtout les canyons boisés, les ripisylves et les milieux semi-arides à végétation arbustive de son aire d'origine.
Répartition
L'aire de répartition naturelle du colibri circé couvre une grande partie du Mexique et s'étend, en période de nidification, jusqu'au sud de l'Arizona, au sud-ouest du Nouveau-Mexique et à l'extrême ouest du Texas. Les populations nord-américaines migrent en grande partie vers le Mexique en hiver, alors que plusieurs populations mexicaines sont sédentaires.
Au Québec
Le colibri circé n'est pas une espèce nicheuse au Québec. La liste des oiseaux du Québec du Regroupement QuébecOiseaux le range dans la catégorie « Visiteur (1) », qui indique une présence très rare. Le catalogue du vivant le classe comme espèce indigène de régularité « accidentelle ou non régulière ».
Sa présence dans la province relève donc de l'errance d'individus isolés, bien loin de leur aire habituelle. De tels déplacements vers le nord-est du continent ont été observés chez plusieurs colibris de l'Ouest, surtout à la fin de l'été et en automne.
| Contexte | Statut |
|---|---|
| Aire principale | Mexique, sud-ouest des États-Unis |
| Québec | Visiteur accidentel |
| Rang de conservation provincial (rang S) | SNA (non applicable) |
Croissance et cycle de vie
Comme chez la plupart des colibris, la femelle assume seule la construction du nid, l'incubation et l'élevage des jeunes. Le mâle ne participe pas aux soins parentaux après l'accouplement.
Parade et nidification
Le mâle exécute des vols de parade en arc de pendule devant la femelle. Le nid est une petite coupe faite de fibres végétales duveteuses liées par de la soie d'araignée, souvent recouverte à l'extérieur de fragments d'écorce ou de feuilles. Il est généralement fixé sur une branche basse ou une tige d'arbuste, fréquemment près d'un cours d'eau.
Œufs et jeunes
La ponte compte habituellement deux petits œufs blancs. La femelle nourrit les oisillons par régurgitation d'un mélange de nectar et de petits arthropodes jusqu'à leur envol, quelques semaines après l'éclosion. Dans les régions les plus chaudes de son aire, l'espèce peut élever plus d'une couvée par saison.
Aucune nidification n'a été documentée au Québec, où l'espèce n'est connue que par des individus de passage.
Régime alimentaire
Le colibri circé se nourrit principalement de nectar, qu'il prélève dans des fleurs tubulaires, souvent rouges ou orangées, adaptées à la pollinisation par les oiseaux. Sa longue langue extensible lui permet d'atteindre le fond des corolles.
Le nectar fournit l'essentiel de l'énergie nécessaire à son métabolisme très élevé. Il complète cet apport par de petits insectes et des araignées, capturés en vol ou cueillis sur le feuillage et dans les toiles. Cette source de protéines est particulièrement importante pour les femelles en période de reproduction et pour la croissance des jeunes.
Dans son aire d'origine, l'espèce fréquente aussi volontiers les abreuvoirs à colibris installés dans les jardins.
Relations avec les autres espèces
Par sa quête de nectar, le colibri circé contribue à la pollinisation de nombreuses plantes à fleurs tubulaires de son aire d'origine. Le pollen se dépose sur son front et sa gorge lorsqu'il plonge le bec dans les corolles, puis est transporté de fleur en fleur.
Les mâles défendent souvent des massifs de fleurs ou des abreuvoirs contre d'autres colibris, qu'ils chassent par des poursuites aériennes. Dans le sud-ouest des États-Unis, il partage son habitat avec plusieurs autres Trochilidés, notamment le colibri à gorge noire et le colibri d'Anna, avec lesquels il entre en compétition pour les ressources florales.
Ses prédateurs incluent de petits rapaces, certains serpents, ainsi que des mammifères et des oiseaux qui s'attaquent aux nids. De grands insectes prédateurs, comme les mantes, sont également connus pour capturer occasionnellement des colibris.
Au Québec, l'espèce la plus proche sur le plan écologique est le colibri à gorge rubis, seul colibri nicheur régulier de la province.
Relations avec l'humain
Statut et conservation
À l'échelle mondiale, le colibri circé est évalué comme espèce de préoccupation mineure par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Cette cote relève d'une évaluation globale et ne constitue pas un statut légal au Québec.
Au Québec, l'espèce porte le rang de conservation SNA, qui signifie qu'un rang de conservation n'est pas applicable, puisqu'elle n'y forme pas de population établie. Le catalogue du vivant indique « Non suivie » dans son champ LEMV, sans que cette mention établisse un statut légal.
Captivité
Le colibri circé figure dans la liste des oiseaux visée par la réglementation québécoise sur la garde d'animaux en captivité, publiée par le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Sa garde y est assujettie à l'obtention d'un permis. Cette disposition concerne exclusivement la captivité et non la présence de l'espèce à l'état sauvage.
Observation
Toute observation d'un colibri circé au Québec suscite un vif intérêt chez les ornithologues amateurs. Les mentions d'espèces rares sont généralement documentées par des photographies et soumises aux instances ornithologiques provinciales pour validation.
Anecdotes
- Le nom de genre Cynanthus provient du grec et évoque une « fleur bleue », allusion probable à la gorge bleue du mâle.
- Chez de nombreux colibris, le bec est entièrement sombre ; le bec rouge vif du mâle colibri circé constitue donc un caractère d'identification très utile.
- La classification de l'espèce a été révisée au fil du temps : certaines autorités taxonomiques traitent aujourd'hui comme espèces distinctes des populations autrefois rattachées au colibri circé, notamment dans l'ouest et le sud du Mexique.
- Le nom anglais Broad-billed renvoie à la largeur de la base du bec, visible surtout de dessous.
