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Le vivant

Colibri roux

Le colibri roux (Selasphorus rufus) est un petit oiseau de la famille des Trochilidés qui niche dans l'ouest de l'Amérique du Nord, de l'Alaska jusqu'au nord-ouest des États-Unis, et qui hiverne principalement au Mexique. Au Québec, il est inscrit comme visiteur accidentel et non régulier : l'espèce n'y niche pas, et le colibri habituellement observé dans la province est le colibri à gorge rubis. Ses mentions québécoises sont exceptionnelles et concernent des individus observés hors de leur aire habituelle.

Observations au Québec

76 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Colibri roux
Visuel documentaire des traces typiques
  • Le nid est une minuscule coupe d'environ 4 à 5 cm de diamètre, faite de duvet végétal lié par de la soie d'araignée.
  • L'extérieur du nid est camouflé de lichens, de mousse ou de fragments d'écorce, ce qui le fait ressembler à un nœud de branche.
  • Le nid est souvent posé sur une branche inclinée de conifère ou dans un enchevêtrement de racines ou de vignes, parfois à faible hauteur.
  • Les fientes sont de minuscules jets liquides blanchâtres, visibles sous un perchoir habituel ou près d'une mangeoire.
  • Les fleurs tubulaires rouges ou orangées visitées ne montrent aucune déchirure, car le nectar est prélevé par l'ouverture de la corolle.
  • Il fréquente les puits de sève creusés par le Pic maculé, où il revient régulièrement s'alimenter.
  • Le mâle en vol produit un bourdonnement métallique aigu et strident, audible avant même de voir l'oiseau.
  • Au Québec, c'est un visiteur rare, surtout signalé tard à l'automne à des mangeoires d'eau sucrée encore en place, qu'il défend agressivement.

Portrait et mode de vie

Le colibri roux est un colibri de petite taille, d'environ 7 à 9 cm de longueur, appartenant à l'ordre des Apodiformes et à la famille des Trochilidés. Comme les autres colibris, il possède un bec long et fin adapté à la récolte du nectar, des ailes capables d'un vol stationnaire et d'un vol à reculons, ainsi qu'un métabolisme très élevé qui l'oblige à s'alimenter fréquemment.

Identification

  • Mâle adulte : dos, flancs et queue d'un brun-roux vif, gorge iridescente orangé cuivré à rouge selon l'éclairage, poitrine blanchâtre.
  • Femelle et jeune : dessus vert, flancs teintés de roux, base de la queue rousse et gorge tachetée, parfois marquée d'une petite tache centrale orangée.

Les femelles et les jeunes du genre Selasphorus se distinguent très difficilement de ceux du colibri d'Allen (Selasphorus sasin), espèce proche. L'identification certaine repose souvent sur l'examen détaillé des rectrices, parfois en main lors du baguage.

Comportement

L'espèce est connue pour son comportement territorial marqué. Les individus défendent vigoureusement les massifs de fleurs et les abreuvoirs, poursuivant les autres colibris, y compris des espèces plus grandes. Les mâles effectuent des vols de parade en piqué au-dessus des femelles pendant la période de reproduction.

Répartition

Aire de répartition générale

Le colibri roux niche dans l'ouest de l'Amérique du Nord, du sud-est de l'Alaska au Yukon, en Colombie-Britannique et dans l'ouest de l'Alberta, jusqu'au nord-ouest des États-Unis. Au Canada, il est considéré comme un nicheur commun dans une grande partie de la Cordillère. Il hiverne principalement au Mexique ; un nombre croissant d'individus passe aussi l'hiver dans le sud-est des États-Unis, notamment le long de la côte du golfe du Mexique.

Au Québec

Au Québec, l'espèce est indigène au sens biogéographique nord-américain, mais sa présence est qualifiée d'accidentelle ou de non régulière. La liste des oiseaux du Québec la classe parmi les visiteurs et non parmi les nicheurs. Dans l'Est du Canada, le colibri normalement observé est le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris), seul colibri nicheur de la province.

Les observations québécoises sont exceptionnelles. Une observation tardive à une mangeoire peut attirer l'attention, mais ne suffit pas à identifier l'espèce.

ÉlémentSituation au Québec
RégularitéAccidentel/non régulier
Statut de nidificationNon nicheur (visiteur)
Rang de conservation infranational (rang S)SNA (non applicable)
Statut au regard de la LEMVNon suivie

Croissance et cycle de vie

Reproduction

La reproduction a lieu dans l'aire de nidification de l'Ouest, dans des forêts de conifères, des lisières, des clairières et des milieux arbustifs. Le mâle ne participe pas aux soins des jeunes : la femelle construit seule le nid, une petite coupe faite de duvet végétal, de mousses et de lichens, liée par des fils d'araignée, généralement placée sur une branche d'arbre ou d'arbuste.

La ponte compte habituellement deux œufs blancs. La femelle assure seule l'incubation, qui dure un peu plus de deux semaines, puis l'alimentation des oisillons jusqu'à leur envol, environ trois semaines après l'éclosion.

Migration

Le colibri roux effectue une migration en boucle. Au printemps, il remonte vers le nord surtout le long de la côte du Pacifique, où la floraison est précoce. Dès la fin de l'été, il redescend vers le sud en empruntant plutôt les chaînes de montagnes de l'intérieur, profitant des fleurs subalpines. Les mâles quittent les sites de nidification avant les femelles et les jeunes.

Cette migration est souvent citée comme l'une des plus longues du monde des oiseaux lorsqu'on la rapporte à la taille du corps.

Relations avec l'humain

Observation et mangeoires

Au Québec, la présence d'un colibri roux suscite l'intérêt des ornithologues amateurs, car chaque mention est exceptionnelle. Les abreuvoirs à nectar laissés en place à l'automne permettent parfois de découvrir ces oiseaux égarés. La confusion possible avec le colibri d'Allen et avec le colibri à gorge rubis femelle ou juvénile incite à documenter les observations au moyen de photographies détaillées.

Cadre légal

Le colibri roux est un oiseau migrateur protégé au Canada en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, qui interdit notamment de le capturer, de le tuer ou de détruire ses nids. Au Québec, il figure dans la liste des oiseaux visés par la réglementation sur les animaux en captivité, et sa garde est soumise à l'obtention d'un permis.

État des populations

Les données canadiennes de suivi indiquent une baisse importante des populations depuis environ 1970. L'Union internationale pour la conservation de la nature classe l'espèce comme « quasi menacée ».

Relations avec les autres espèces

Le colibri roux est un pollinisateur de nombreuses plantes à fleurs tubulaires, souvent de couleur rouge ou orangée, dans son aire de nidification et le long de ses routes migratoires. En visitant les fleurs, il transporte le pollen d'une plante à l'autre, rôle qu'il partage avec certains insectes.

L'espèce entretient une relation étroite avec les pics du genre Sphyrapicus, dont le pic à poitrine rousse dans l'Ouest. Ces pics creusent dans l'écorce des arbres des puits d'où s'écoule la sève ; les colibris s'y nourrissent, particulièrement au début du printemps, lorsque les fleurs sont encore rares. Les insectes attirés par la sève constituent en outre une source de protéines.

Par son comportement agressif, le colibri roux domine souvent les autres colibris aux sources de nourriture qu'il défend, notamment lors de la migration, lorsque plusieurs espèces se concentrent sur les mêmes prés fleuris.

Sa très petite taille l'expose à divers prédateurs, parmi lesquels certains oiseaux de proie de petite taille, des mammifères ou des reptiles s'attaquant aux nids, et, occasionnellement, de grands insectes prédateurs ou des araignées.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du colibri roux repose sur trois sources principales :

  • Le nectar des fleurs, qui fournit l'essentiel de l'énergie nécessaire au vol stationnaire et à la migration ;
  • La sève des arbres, prélevée aux puits creusés par les pics ;
  • Les petits insectes et les araignées, capturés en vol ou cueillis sur la végétation, qui apportent les protéines indispensables, notamment aux oisillons.

En raison de son métabolisme très élevé, l'oiseau doit s'alimenter à de nombreuses reprises au cours de la journée. Pendant les nuits froides, il peut entrer en torpeur, un état d'abaissement de la température corporelle et du rythme cardiaque qui réduit ses dépenses énergétiques.

Avant et pendant la migration, il accumule des réserves de graisse qui lui permettent de franchir de longues distances. Les abreuvoirs contenant une solution d'eau sucrée sont fréquentés par l'espèce, ce qui facilite la détection des individus égarés dans l'Est, dont le Québec, à la fin de la saison.

Anecdotes

L'épithète spécifique rufus fait référence à la couleur rousse du plumage du mâle.- Le mâle adulte figure parmi les colibris les plus faciles à reconnaître en Amérique du Nord, alors que la femelle et le jeune comptent parmi les plus difficiles à identifier.

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche Colibri roux
  2. Service canadien de la faune — Situation des populations d'oiseaux au Canada : Colibri roux
  3. Regroupement QuébecOiseaux — Liste des oiseaux du Québec (2014)
  4. Musée Nature de Winnipeg — Colibri roux
  5. Musée Nature de Winnipeg — Les colibris du Canada
  6. Musée Nature de Winnipeg — Comment les identifier ?
  7. Gouvernement du Québec — Liste des oiseaux pour l'application du Règlement sur les animaux en captivité
  8. Faune et flore du pays — Le Colibri à gorge rubis
  9. Fédération canadienne de la faune — Les colibris
  10. Environnement et Changement climatique Canada — Les oiseaux protégés au Canada
  11. Union internationale pour la conservation de la nature — Liste rouge : Selasphorus rufus
  12. GBIF — Selasphorus rufus (clé taxonomique 2476855)

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Musée Nature de Winnipeg — Répartition géographique
  2. Prairie Pollination — Colibris
  3. factsheet_ruby_throated_humming_bird_fr
  4. Les Oiseaux
  5. Le monde fascinant des oiseaux-mouches
  6. Mon oiseau fétiche : Madeleine Robidoux
  7. List of birds of Quebec - Wikipedia
  8. Birds protected
  9. CW66-569-2017-fra.pdf

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : colibri roux, selasphorus rufus, trochilidés, oiseau migrateur, espèce accidentelle, colibri, pollinisateur, oiseaux du québec

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Synthèse de l'arbitre : Les deux membres jugent solides la présentation de l’espèce et la distinction entre son aire de nidification et sa présence accidentelle au Québec. Leurs divergences portent surtout sur des précisions relatives aux mentions québécoises : le dossier n’établit ni leur fréquence aux mangeoires ni le rôle particulier des jeunes oiseaux dans ces observations. Ces extrapolations, ainsi que les causes du déclin non étayées et quelques imprécisions de forme, peuvent être retirées directement. Comme il s’agit du dernier tour et qu’aucun motif de blocage ne subsiste, l’article est publié avec les retouches indiquées. Confiance : 89 % (28 septembre 2026)

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