Portrait et mode de vie
Le colibri roux est un colibri de petite taille, d'environ 7 à 9 cm de longueur, appartenant à l'ordre des Apodiformes et à la famille des Trochilidés. Comme les autres colibris, il possède un bec long et fin adapté à la récolte du nectar, des ailes capables d'un vol stationnaire et d'un vol à reculons, ainsi qu'un métabolisme très élevé qui l'oblige à s'alimenter fréquemment.
Identification
- Mâle adulte : dos, flancs et queue d'un brun-roux vif, gorge iridescente orangé cuivré à rouge selon l'éclairage, poitrine blanchâtre.
- Femelle et jeune : dessus vert, flancs teintés de roux, base de la queue rousse et gorge tachetée, parfois marquée d'une petite tache centrale orangée.
Les femelles et les jeunes du genre Selasphorus se distinguent très difficilement de ceux du colibri d'Allen (Selasphorus sasin), espèce proche. L'identification certaine repose souvent sur l'examen détaillé des rectrices, parfois en main lors du baguage.
Comportement
L'espèce est connue pour son comportement territorial marqué. Les individus défendent vigoureusement les massifs de fleurs et les abreuvoirs, poursuivant les autres colibris, y compris des espèces plus grandes. Les mâles effectuent des vols de parade en piqué au-dessus des femelles pendant la période de reproduction.
Répartition
Aire de répartition générale
Le colibri roux niche dans l'ouest de l'Amérique du Nord, du sud-est de l'Alaska au Yukon, en Colombie-Britannique et dans l'ouest de l'Alberta, jusqu'au nord-ouest des États-Unis. Au Canada, il est considéré comme un nicheur commun dans une grande partie de la Cordillère. Il hiverne principalement au Mexique ; un nombre croissant d'individus passe aussi l'hiver dans le sud-est des États-Unis, notamment le long de la côte du golfe du Mexique.
Au Québec
Au Québec, l'espèce est indigène au sens biogéographique nord-américain, mais sa présence est qualifiée d'accidentelle ou de non régulière. La liste des oiseaux du Québec la classe parmi les visiteurs et non parmi les nicheurs. Dans l'Est du Canada, le colibri normalement observé est le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris), seul colibri nicheur de la province.
Les observations québécoises sont exceptionnelles. Une observation tardive à une mangeoire peut attirer l'attention, mais ne suffit pas à identifier l'espèce.
| Élément | Situation au Québec |
|---|---|
| Régularité | Accidentel/non régulier |
| Statut de nidification | Non nicheur (visiteur) |
| Rang de conservation infranational (rang S) | SNA (non applicable) |
| Statut au regard de la LEMV | Non suivie |
Croissance et cycle de vie
Reproduction
La reproduction a lieu dans l'aire de nidification de l'Ouest, dans des forêts de conifères, des lisières, des clairières et des milieux arbustifs. Le mâle ne participe pas aux soins des jeunes : la femelle construit seule le nid, une petite coupe faite de duvet végétal, de mousses et de lichens, liée par des fils d'araignée, généralement placée sur une branche d'arbre ou d'arbuste.
La ponte compte habituellement deux œufs blancs. La femelle assure seule l'incubation, qui dure un peu plus de deux semaines, puis l'alimentation des oisillons jusqu'à leur envol, environ trois semaines après l'éclosion.
Migration
Le colibri roux effectue une migration en boucle. Au printemps, il remonte vers le nord surtout le long de la côte du Pacifique, où la floraison est précoce. Dès la fin de l'été, il redescend vers le sud en empruntant plutôt les chaînes de montagnes de l'intérieur, profitant des fleurs subalpines. Les mâles quittent les sites de nidification avant les femelles et les jeunes.
Cette migration est souvent citée comme l'une des plus longues du monde des oiseaux lorsqu'on la rapporte à la taille du corps.
Relations avec l'humain
Observation et mangeoires
Au Québec, la présence d'un colibri roux suscite l'intérêt des ornithologues amateurs, car chaque mention est exceptionnelle. Les abreuvoirs à nectar laissés en place à l'automne permettent parfois de découvrir ces oiseaux égarés. La confusion possible avec le colibri d'Allen et avec le colibri à gorge rubis femelle ou juvénile incite à documenter les observations au moyen de photographies détaillées.
Cadre légal
Le colibri roux est un oiseau migrateur protégé au Canada en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, qui interdit notamment de le capturer, de le tuer ou de détruire ses nids. Au Québec, il figure dans la liste des oiseaux visés par la réglementation sur les animaux en captivité, et sa garde est soumise à l'obtention d'un permis.
État des populations
Les données canadiennes de suivi indiquent une baisse importante des populations depuis environ 1970. L'Union internationale pour la conservation de la nature classe l'espèce comme « quasi menacée ».
Relations avec les autres espèces
Le colibri roux est un pollinisateur de nombreuses plantes à fleurs tubulaires, souvent de couleur rouge ou orangée, dans son aire de nidification et le long de ses routes migratoires. En visitant les fleurs, il transporte le pollen d'une plante à l'autre, rôle qu'il partage avec certains insectes.
L'espèce entretient une relation étroite avec les pics du genre Sphyrapicus, dont le pic à poitrine rousse dans l'Ouest. Ces pics creusent dans l'écorce des arbres des puits d'où s'écoule la sève ; les colibris s'y nourrissent, particulièrement au début du printemps, lorsque les fleurs sont encore rares. Les insectes attirés par la sève constituent en outre une source de protéines.
Par son comportement agressif, le colibri roux domine souvent les autres colibris aux sources de nourriture qu'il défend, notamment lors de la migration, lorsque plusieurs espèces se concentrent sur les mêmes prés fleuris.
Sa très petite taille l'expose à divers prédateurs, parmi lesquels certains oiseaux de proie de petite taille, des mammifères ou des reptiles s'attaquant aux nids, et, occasionnellement, de grands insectes prédateurs ou des araignées.
Régime alimentaire
Le régime alimentaire du colibri roux repose sur trois sources principales :
- Le nectar des fleurs, qui fournit l'essentiel de l'énergie nécessaire au vol stationnaire et à la migration ;
- La sève des arbres, prélevée aux puits creusés par les pics ;
- Les petits insectes et les araignées, capturés en vol ou cueillis sur la végétation, qui apportent les protéines indispensables, notamment aux oisillons.
En raison de son métabolisme très élevé, l'oiseau doit s'alimenter à de nombreuses reprises au cours de la journée. Pendant les nuits froides, il peut entrer en torpeur, un état d'abaissement de la température corporelle et du rythme cardiaque qui réduit ses dépenses énergétiques.
Avant et pendant la migration, il accumule des réserves de graisse qui lui permettent de franchir de longues distances. Les abreuvoirs contenant une solution d'eau sucrée sont fréquentés par l'espèce, ce qui facilite la détection des individus égarés dans l'Est, dont le Québec, à la fin de la saison.
Anecdotes
L'épithète spécifique rufus fait référence à la couleur rousse du plumage du mâle.- Le mâle adulte figure parmi les colibris les plus faciles à reconnaître en Amérique du Nord, alors que la femelle et le jeune comptent parmi les plus difficiles à identifier.
