Portrait et mode de vie
Le coyote est un canidé de taille intermédiaire entre le renard roux et le loup. Son pelage, long et fourni, varie du gris au brun roussâtre, avec une gorge et un ventre plus pâles ; la queue touffue, souvent à extrémité noire, est tenue basse lors de la course. Le museau est effilé et les oreilles, dressées et pointues, sont proportionnellement grandes.
Les coyotes de l'est de l'Amérique du Nord, dont ceux du Québec, sont en moyenne plus massifs que ceux de l'Ouest. Des analyses génétiques ont montré que ces populations portent une part d'ascendance de loup, héritée d'hybridations anciennes et récentes.
L'espèce vit généralement en couple territorial, accompagné des jeunes de l'année ; des individus solitaires, souvent de jeunes adultes en dispersion, se déplacent entre les territoires. Le coyote est surtout actif au crépuscule et la nuit, particulièrement en milieu habité, mais il peut être observé de jour. Il communique par des hurlements, des jappements et des aboiements, ainsi que par le marquage olfactif de son territoire.
La fiche gouvernementale québécoise souligne qu'il « s'adapte habilement aux milieux urbains et naturels », un trait qui explique en grande partie son expansion récente.
Répartition
Le coyote est originaire des plaines et des milieux ouverts du centre et de l'ouest de l'Amérique du Nord. Au cours du XXe siècle, la transformation des paysages par le défrichement et la raréfaction du loup dans plusieurs régions ont favorisé sa progression vers l'est.
Au Québec
La première mention québécoise de l'espèce remonte à 1944, en Outaouais. Le coyote s'est ensuite rapidement répandu vers le sud et l'est de la province. Il est aujourd'hui largement réparti dans le Québec méridional, notamment dans les basses-terres du Saint-Laurent, en Estrie, en Outaouais, dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, et il est signalé en milieu urbain, entre autres à Montréal et à Québec.
Le bilan provincial de l'exploitation du coyote pour la période 2012-2021 indique que les populations « semblent stables et communes dans l'aire de répartition principale », malgré une légère baisse récente des récoltes.
Habitats
L'espèce occupe une grande diversité de milieux : forêts mixtes et feuillues, friches, terres agricoles, bordures de routes, parcs et boisés urbains. Les milieux fragmentés, où alternent zones ouvertes et couverts forestiers, lui sont particulièrement favorables.
Statut
Au Québec, l'espèce est considérée comme indigène et régulière. Son rang de priorité pour la conservation est S5 (espèce commune et en sécurité), et le champ « Statut LEMV » du catalogue porte la mention « Non suivie ».
Croissance et cycle de vie
Le coyote se reproduit une fois par année. L'accouplement a lieu à la fin de l'hiver, généralement entre janvier et mars, période durant laquelle les hurlements et les déplacements des couples deviennent plus fréquents.
Après une gestation d'environ deux mois, la femelle met bas au printemps dans une tanière, qui peut être creusée par le couple, récupérée d'un autre animal (marmotte, renard) ou aménagée dans un talus, sous des racines ou dans un amoncellement de roches. La portée compte le plus souvent quelques petits, son nombre variant selon l'abondance de nourriture.
Les deux parents participent à l'élevage : le mâle ravitaille la femelle et les petits, puis les adultes régurgitent de la nourriture aux jeunes. Les petits quittent la tanière au bout de quelques semaines et accompagnent progressivement les adultes durant l'été.
À l'automne ou au cours de l'hiver suivant, une partie des jeunes se disperse, parfois sur de grandes distances, à la recherche d'un territoire et d'un partenaire. Cette capacité de dispersion a joué un rôle dans la colonisation rapide du Québec. La mortalité juvénile est élevée ; la chasse, le piégeage, les collisions routières, les maladies, dont la gale sarcoptique figurent parmi les principales causes de mortalité chez l'adulte.
Relations avec l'humain
Exploitation et gestion
Au Québec, le coyote est traité comme une espèce faunique commune. Il est classé parmi les animaux à fourrure et fait l'objet de chasse et de piégeage encadrés par la réglementation provinciale. Le gouvernement du Québec publie des bilans de son exploitation, dont un bilan couvrant les années 2012 à 2021.
Milieu urbain
La présence du coyote en ville est documentée dans plusieurs municipalités québécoises. À Montréal, les observations dans les grands parcs, les terrains vagues et certains quartiers résidentiels ont amené la Ville à se doter d'un plan de gestion axé sur la cohabitation, l'information du public et l'intervention auprès des individus au comportement problématique. Les recommandations courantes consistent à ne jamais nourrir l'animal, à sécuriser les ordures et la nourriture pour animaux domestiques, à surveiller les petits animaux de compagnie et à effaroucher un coyote trop audacieux.
Conflits
L'espèce peut s'attaquer à des animaux d'élevage, notamment aux moutons, ce qui occasionne des conflits avec le milieu agricole. Sa prédation sur le cerf de Virginie, en particulier sur les faons et en hiver, suscite aussi l'intérêt des gestionnaires de la faune et des chasseurs.
Relations avec les autres espèces
Le coyote occupe une position de prédateur de niveau intermédiaire. Dans le sud du Québec, il chasse notamment le cerf de Virginie et le lièvre d'Amérique.
Hybridation avec le loup
Le coyote peut s'hybrider avec le loup, en particulier avec le loup de l'Est (Canis lycaon). Des travaux d'identification génétique menés au Québec distinguent plusieurs groupes parmi les grands canidés de la province, dont le coyote, le loup de l'Est, le loup gris et des individus hybrides. Cette hybridation complique l'identification sur le terrain et constitue un enjeu pour la conservation du loup de l'Est, espèce désignée préoccupante à l'échelle fédérale et visée par un plan de gestion.
Compétition
Le coyote entre en compétition avec d'autres carnivores, notamment le renard roux, qu'il peut chasser de son territoire, et le lynx roux, avec qui il partage certaines proies. Le loup, là où il est présent, peut à l'inverse limiter l'abondance du coyote.
Parasites et maladies
L'espèce peut être touchée par la gale sarcoptique et est susceptible de contracter la rage, comme d'autres carnivores sauvages.
Régime alimentaire
Le coyote est un carnivore opportuniste au régime très varié, qui s'ajuste aux saisons et aux ressources disponibles.
- Petits mammifères : campagnols, souris, écureuils, marmottes et surtout lièvres d'Amérique constituent une part importante de son alimentation.
- Cerf de Virginie : il capture des faons au printemps et des adultes affaiblis en hiver, lorsque la neige épaisse entrave les déplacements des cerfs ; il consomme aussi des carcasses.
- Oiseaux, œufs, amphibiens et insectes : ils complètent le régime selon les occasions.
- Végétaux : en été et à l'automne, il consomme des fruits, notamment des petits fruits sauvages et des pommes.
- Charognes et nourriture d'origine humaine : en milieu habité, il peut se nourrir de déchets, de compost, de nourriture pour animaux domestiques ou de petits animaux de compagnie.
Il chasse le plus souvent seul ou en couple ; le bond du coyote sur les petits rongeurs cachés sous la neige ou dans l'herbe est une technique caractéristique. En hiver, les membres d'un même groupe familial peuvent collaborer pour capturer des proies plus grandes.
Anecdotes
- Le nom scientifique Canis latrans signifie « chien qui aboie » en latin, en référence à la variété de ses vocalisations.
- Le mot « coyote » vient du nahuatl coyotl, langue des Aztèques, par l'intermédiaire de l'espagnol.
- Les hurlements en chœur d'un groupe familial peuvent donner l'impression d'un nombre d'individus bien supérieur à la réalité.
- L'expansion du coyote vers l'est de l'Amérique du Nord, dont le Québec, figure parmi les exemples les plus marquants de colonisation récente d'un vaste territoire par un mammifère carnivore.
- La confusion entre coyote, loup et hybrides est fréquente ; l'identification certaine des grands canidés québécois repose souvent sur des analyses génétiques.
