Portrait et mode de vie
Erynnis juvenalis est un lépidoptère de la famille des Hespériidés, groupe de papillons trapus au vol rapide et saccadé, dont les antennes se terminent par une massue recourbée en crochet. Il appartient au genre Erynnis, dont les espèces, appelées « duskywings » en anglais, se reconnaissent à leurs ailes brun foncé marbrées de gris et de brun.
L’espèce a été décrite par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius en 1793. Au Canada, seule la sous-espèce nominale, Erynnis juvenalis juvenalis, est présente.
Description
- Envergure : de 30 à 37 mm chez l’adulte.
- Dessus des ailes antérieures : fond brun sombre parsemé de petites marques blanches translucides, plus visibles et plus contrastées chez la femelle que chez le mâle.
- Dessous des ailes postérieures : présence de deux taches pâles arrondies près du sommet de l’aile, caractère utile pour la distinguer des autres espèces du genre.
Le genre Erynnis compte plusieurs espèces très semblables, et l’identification sur photographie demeure parfois délicate. Les marques blanches des ailes antérieures et les taches pâles du dessous des ailes postérieures constituent les principaux critères retenus par les guides d’identification.
Comme les autres hespéries du genre, l’adulte se pose souvent les ailes étalées à plat, attitude qui le distingue de nombreux papillons diurnes qui les replient au-dessus du corps.
Répartition
Erynnis juvenalis est une espèce de l’est de l’Amérique du Nord. Au Canada, sa répartition s’étend des Cantons-de-l’Est, au Québec, jusqu’à l’Ontario et au sud du Manitoba ; une population est également signalée en Nouvelle-Écosse.
Au Québec
Au Québec, l’espèce se trouve à la limite septentrionale de son aire. Elle est signalée notamment dans les Cantons-de-l’Est, dans le sud de la province. Sa présence est étroitement liée à celle des chênes, ses plantes hôtes, qui se concentrent dans les forêts feuillues et mixtes du sud du Québec.
Données d’occurrence
Le catalogue du vivant associe l’espèce à la clé taxonomique GBIF 5977208 et indique 297 occurrences pour ce taxon. Ce décompte ne constitue pas une mesure de l’abondance de l’espèce.
Habitat
L’espèce fréquente les milieux où poussent des chênes : boisés feuillus, lisières, clairières et chemins forestiers ensoleillés, où les adultes trouvent à la fois les plantes hôtes et des fleurs nectarifères.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les lépidoptères, Erynnis juvenalis connaît une métamorphose complète comprenant quatre stades : l’œuf, la chenille, la chrysalide et l’adulte.
Générations et période de vol
Dans l’est de son aire de répartition, dont fait partie le Québec, l’espèce ne produit qu’une seule génération par année. La période de vol des adultes s’étend du début de mai à la fin de juin, ce qui en fait l’une des hespéries printanières de la faune québécoise.
Développement larvaire
Les chenilles se nourrissent du feuillage des chênes et vivent dans des abris de feuilles sur leurs plantes hôtes.--|
| Adulte | Début de mai à fin de juin |
|---|---|
| Chenille | Été et hivernage |
| Chrysalide | Printemps |
Régime alimentaire
Chenille
Les chenilles d’Erynnis juvenalis se nourrissent du feuillage de diverses espèces de chênes (Quercus spp.). Cette spécialisation alimentaire détermine en grande partie la répartition de l’espèce : elle ne se maintient que là où ces arbres sont présents. Au Québec, les chênes, dont le chêne rouge, sont surtout répandus dans la partie méridionale de la province, ce qui concorde avec la répartition connue du papillon.
Les abris de feuilles que construisent les chenilles leur permettent de s’alimenter tout en restant protégées des prédateurs et des intempéries.
Adulte
Comme la plupart des hespéries, l’adulte se nourrit du nectar des fleurs.
Relations avec les autres espèces
Plantes hôtes
La relation la plus étroite qu’entretient Erynnis juvenalis est celle qui la lie aux chênes. L’espèce dépend de ces arbres pour l’alimentation de ses chenilles, et la qualité de son habitat dépend du maintien de chênaies et de forêts mixtes comprenant des chênes.
Pollinisation
En butinant, les adultes peuvent contribuer au transport du pollen entre les fleurs printanières qu’ils visitent, à l’instar d’autres papillons diurnes.
Espèces voisines
Le genre Erynnis comprend plusieurs espèces semblables présentes dans le sud du Québec, dont certaines volent à la même période. La confusion est donc fréquente entre ces hespéries sombres. Les deux taches pâles arrondies du dessous des ailes postérieures, près du sommet, aident à reconnaître E. juvenalis.
Prédateurs
Comme les autres petits lépidoptères, l’espèce constitue une proie potentielle pour les oiseaux insectivores, les araignées et divers insectes prédateurs ou parasitoïdes ; les abris de feuilles des chenilles réduisent leur exposition.
Relations avec l’humain et conservation
Erynnis juvenalis intéresse les entomologistes et les observateurs de papillons, notamment dans le cadre des inventaires et des atlas de lépidoptères.
Statut
À l’échelle de son aire de répartition, l’espèce est décrite comme commune et largement répandue. Cette appréciation porte cependant sur l’ensemble de son aire nord-américaine et ne constitue pas une évaluation de son abondance au Québec, où elle atteint la limite nord de sa répartition.
Nom
L’épithète juvenalis a été donnée par Fabricius en 1793. L’espèce est également désignée sous le nom de Gesta juvenalis dans certaines références.
