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Le vivant

Esturgeon jaune

L'esturgeon jaune (Acipenser fulvescens), aussi appelé esturgeon de lac ou camus, est un grand poisson d'eau douce indigène du Québec, de la famille des Acipenséridés. Dépourvu d'écailles, il porte des rangées de plaques osseuses et fréquente les fonds de vase, de sable ou de gravier des grands cours d'eau et des lacs. Au Québec, on le trouve dans le bassin du Saint-Laurent ainsi que dans les régions de la baie James et du sud de la baie d'Hudson. Il est inscrit depuis 1993 sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.

Observations au Québec

40 301 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Esturgeon jaune
Visuel documentaire des traces typiques
  • Au printemps (mai-juin), des groupes d'esturgeons s'agitent en surface dans les rapides et au pied des barrages, avec des dos et des nageoires caudales qui fendent l'eau.
  • Des sauts spectaculaires hors de l'eau, suivis d'un grand éclaboussement, s'observent surtout en début d'été sur les lacs et les grandes rivières.
  • Des œufs gris-brun foncé, collants, d'environ 3 mm, adhèrent aux roches et au gravier propre des frayères en eau vive.
  • Sur les fonds mous de vase ou de sable, on peut trouver de petites dépressions et des traînées laissées par le museau lorsque l'esturgeon fouille le substrat avec ses barbillons pour aspirer des larves et des mollusques.
  • Les carcasses échouées sur les berges sont reconnaissables à leurs rangées de plaques osseuses (scutelles) sur le dos et les flancs ainsi qu'à leur queue asymétrique, dont le lobe supérieur est plus long.
  • Des scutelles osseuses isolées, en forme de bouclier avec une crête centrale, peuvent persister sur les grèves bien après la décomposition du poisson.
  • Des coquilles de moules et d'escargots aquatiques broyées ou vides s'accumulent parfois dans les secteurs d'alimentation reconnus, mais cet indice demeure peu spécifique.

Portrait et mode de vie

L'esturgeon jaune est un poisson de grande taille au corps allongé et fusiforme. Au lieu d'écailles, sa peau porte cinq rangées de plaques osseuses, appelées scutelles, plus saillantes chez les jeunes individus et qui s'émoussent avec l'âge. Son museau est conique et sa bouche, située sous la tête, est protractile et dépourvue de dents. Quatre barbillons sensoriels, placés devant la bouche, lui permettent de détecter ses proies sur le fond. La nageoire caudale est hétérocerque : son lobe supérieur est plus long que l'inférieur, une caractéristique partagée avec d'autres poissons au squelette en grande partie cartilagineux.

L'espèce appartient à une lignée ancienne, l'ordre des Acipensériformes, dont l'allure générale a peu changé depuis des dizaines de millions d'années. Elle est souvent présentée comme le plus grand poisson d'eau douce du Québec.

L'esturgeon jaune est un poisson benthique : il vit près du fond, dans les grands cours d'eau et les lacs, sur des substrats de vase, de sable ou de gravier. Il effectue des déplacements saisonniers entre ses aires d'alimentation, d'hivernage et de reproduction, ce qui le rend particulièrement sensible à la fragmentation des cours d'eau.

Répartition

L'esturgeon jaune est une espèce d'Amérique du Nord, présente dans les bassins des Grands Lacs et du Saint-Laurent, de la baie d'Hudson et du Mississippi.

Au Québec, il occupe trois grands secteurs :

  • le bassin du Saint-Laurent, notamment le fleuve et ses principaux tributaires, dont la rivière des Outaouais ;
  • la région de la baie James ;
  • le sud de la baie d'Hudson.

L'espèce vit dans la province toute l'année. Sa répartition atteint sa limite nord au nord-est de la baie James.

État des populations

La situation varie selon les secteurs. D'après le gouvernement du Québec, la population du fleuve Saint-Laurent se porte relativement bien, tandis que celles du sud de la baie d'Hudson et de la baie James sont jugées préoccupantes et celles de la rivière des Outaouais, précaires.

SecteurÉtat selon le gouvernement du Québec
Fleuve Saint-LaurentRelativement bon
Baie JamesPréoccupant
Sud de la baie d'HudsonPréoccupant
Rivière des OutaouaisPrécaire

Le rang de précarité provincial de l'espèce est S3S4, ce qui la situe entre « vulnérable » et « apparemment en sécurité » à l'échelle du Québec. La base de données GBIF recense plus de 40 000 mentions d'occurrence de l'espèce dans l'ensemble de son aire de répartition.

Croissance et cycle de vie

L'esturgeon jaune se distingue par une croissance lente, une maturité sexuelle tardive et une longévité exceptionnelle. Certains individus dépassent largement le siècle, ce qui en fait l'un des poissons d'eau douce les plus longévifs d'Amérique du Nord. Les femelles atteignent la maturité plus tard que les mâles, souvent après une quinzaine d'années ou davantage, et ne se reproduisent pas chaque année.

Reproduction

La fraie a lieu au printemps. Les géniteurs remontent les cours d'eau vers des frayères situées dans des secteurs à courant rapide, au pied de rapides ou de chutes, sur des fonds de gravier, de galets ou de roche. Les œufs, adhésifs, sont libérés en grand nombre et se fixent au substrat ; aucune garde parentale n'est assurée. Après l'éclosion, les larves dérivent avec le courant vers des zones plus calmes où elles commencent à s'alimenter.

Au Québec, la reproduction de l'espèce a notamment été documentée dans la rivière Saint-François, tributaire du fleuve Saint-Laurent, dans le cadre de travaux publiés dans Le Naturaliste canadien.

Détermination de l'âge

L'âge d'un esturgeon se détermine généralement par l'examen de fines coupes transversales d'un rayon de nageoire pectorale, sur lesquelles on dénombre des anneaux de croissance annuels, à la manière des cernes d'un arbre. Cette méthode, peu dommageable pour le poisson, est utilisée par les biologistes pour suivre la structure d'âge des populations exploitées.

Relations avec l'humain

Exploitation

L'esturgeon jaune est un poisson recherché pour sa chair et ses œufs. La surexploitation commerciale a contribué aux déclins historiques de plusieurs de ses populations en Amérique du Nord. Au Québec, une pêche commerciale est pratiquée dans le fleuve Saint-Laurent sous le régime des permis de pêche commerciale en eau douce. La pêche récréative est également permise dans plusieurs plans d'eau ; les saisons, les limites de prise et les tailles permises varient selon la zone de pêche et parfois selon le plan d'eau.

Menaces

Les principales menaces recensées sont :

  • les barrages, qui entravent les déplacements vers les frayères et modifient les habitats en aval ;
  • la pollution et la dégradation des frayères ;
  • le braconnage.

La maturité tardive et la reproduction espacée de l'espèce ralentissent le rétablissement des populations après une baisse d'effectifs.

Statut légal

Au Québec, l'esturgeon jaune est inscrit depuis 1993 sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables, en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Cette inscription provinciale est distincte des évaluations menées à l'échelle fédérale par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), qui examine séparément les différentes populations de l'espèce.

Relations avec les autres espèces

Grâce à sa grande taille et à ses plaques osseuses, l'esturgeon jaune adulte a peu de prédateurs naturels. Les œufs et les larves sont en revanche vulnérables : ils sont consommés par divers poissons et invertébrés, ce qui explique en partie la forte mortalité aux premiers stades de vie.

En tant que consommateur benthique, l'esturgeon jaune joue un rôle dans les réseaux trophiques des fonds de rivières et de lacs. Il partage ses habitats fluviaux avec de nombreuses espèces de poissons d'eau douce du Saint-Laurent et de ses tributaires.

Au Québec, l'esturgeon jaune côtoie dans le secteur de l'estuaire une espèce apparentée, l'esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus), poisson anadrome qui passe une partie de sa vie en mer. L'esturgeon jaune, lui, accomplit tout son cycle de vie en eau douce.

Régime alimentaire

L'esturgeon jaune se nourrit principalement d'organismes vivant sur le fond ou dans les sédiments. Ses barbillons sensoriels lui permettent de détecter ses proies sur le fond, puis il les aspire grâce à sa bouche protractile dépourvue de dents.

Son alimentation comprend surtout des invertébrés benthiques :

  • larves d'insectes aquatiques ;
  • mollusques, comme des escargots et de petites moules ;
  • crustacés ;
  • vers et autres petits organismes des sédiments.

De petits poissons et des œufs peuvent occasionnellement compléter ce régime. La composition exacte varie selon l'âge de l'individu, le plan d'eau et la saison. Les larves et les jeunes se nourrissent d'abord de très petits invertébrés, avant de passer progressivement à des proies plus grosses en grandissant.

Anecdotes

  • Au Québec, l'esturgeon jaune est aussi connu sous les noms d'esturgeon de lac et de camus. Son nom anglais est Lake Sturgeon.
  • Contrairement à la plupart des poissons osseux, il ne porte pas d'écailles, mais des plaques osseuses disposées en rangées le long du corps.
  • Son âge peut être lu sur une coupe de rayon de nageoire pectorale, comme les cernes d'un arbre ; certains spécimens examinés dépassaient le siècle.
  • Ses œufs sont utilisés pour la production de caviar, ce qui a historiquement accru la pression de pêche sur l'espèce.
  • L'esturgeon jaune appartient à un groupe de poissons très ancien, ce qui lui vaut parfois le surnom de « fossile vivant ».

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche Esturgeon jaune
  2. Gouvernement du Québec — Esturgeon jaune
  3. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 2
  4. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 5
  5. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 8
  6. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 10
  7. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 11
  8. COSEPAC — Évaluation et rapport de situation sur l'esturgeon jaune, chapitre 12
  9. Gouvernement du Québec — Pêcher dans la zone 8
  10. Gouvernement du Québec — Pêcher dans la zone 21
  11. Gouvernement du Québec — Permis de pêche commerciale en eau douce
  12. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Pleins feux sur l'esturgeon jaune et l'âge des poissons
  13. Le Naturaliste canadien (2021) — Reproduction de l'esturgeon jaune dans la rivière Saint-François
  14. Gouvernement de l'Ontario — Esturgeon jaune (espèces en péril)
  15. WWF-Canada — L'esturgeon jaune, un poisson fascinant

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. S C C S C S A S - Canada.ca

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6.1 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6.1 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : esturgeon jaune, acipenser fulvescens, poisson d'eau douce, saint-laurent, baie james, espèce susceptible, pêche commerciale, frayère

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