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Droit et lois

Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel en milieu de travail

La Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel en milieu de travail est une loi québécoise issue du projet de loi no 42 de la 1re session de la 43e législature. Présentée le 23 novembre 2023 par le ministre du Travail, Jean Boulet, elle a été adoptée le 21 mars 2024 et sanctionnée le 27 mars 2024 (Lois du Québec 2024, chapitre 4). Elle modifie plusieurs lois du travail, dont le Code du travail, la Loi sur les normes du travail, la Loi sur la santé et la sécurité du travail et la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Contexte

Le projet de loi no 42 s'inscrit dans la continuité des réformes québécoises en matière de harcèlement au travail. Le droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique est inscrit dans la Loi sur les normes du travail depuis 2004, et la notion de harcèlement psychologique y comprend expressément le harcèlement de nature sexuelle depuis 2018.

En 2022, le ministre du Travail, Jean Boulet, a mandaté un comité d'expertes chargé d'examiner l'accompagnement des personnes victimes de harcèlement sexuel et d'agressions à caractère sexuel dans le cadre du travail. Le rapport de ce comité, rendu public en 2023, a formulé un ensemble de recommandations visant les régimes de prévention, d'indemnisation et de recours. Le projet de loi no 42 donne suite à une partie de ces recommandations.

Le texte relève du champ de compétence législative du Québec sur les relations de travail et la santé et sécurité du travail. Il ne s'applique pas aux entreprises de compétence fédérale, régies par le Code canadien du travail.

Cheminement parlementaire

Le projet de loi a été présenté à l'Assemblée nationale du Québec par Jean Boulet, député de Trois-Rivières (Coalition avenir Québec) et ministre du Travail. Son étude s'est déroulée sur environ quatre mois.

ÉtapeDate
Présentation23 novembre 2023
Consultations particulières30 janvier 2024
Dépôt du rapport de commission (consultation)6 février 2024
Adoption du principe7 février 2024
Étude détaillée en commission8 février 2024
Dépôt du rapport de commission (étude détaillée)22 février 2024
Prise en considération du rapport20 mars 2024
Adoption21 mars 2024
Sanction27 mars 2024

À la sanction, la loi est devenue le chapitre 4 des Lois du Québec de 2024. Le texte a ensuite été publié à la Gazette officielle du Québec.

Objet et lois modifiées

La loi a pour objet déclaré de renforcer la prévention du harcèlement psychologique et de la violence à caractère sexuel en milieu de travail, la protection des travailleurs et travailleuses qui en sont victimes, ainsi que les recours dont ils disposent.

Il s'agit d'une loi modificative : elle ne crée pas de régime autonome, mais intervient dans plusieurs lois existantes, notamment :

  • le Code du travail, qui encadre les rapports collectifs de travail, les griefs et l'arbitrage ;
  • la Loi sur les normes du travail, qui établit le droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique et le recours devant le Tribunal administratif du travail ;
  • la Loi sur la santé et la sécurité du travail, qui définit les obligations de prévention de l'employeur ;
  • la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, qui régit l'indemnisation des lésions professionnelles.

L'administration des régimes touchés relève principalement de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et, pour les litiges, du Tribunal administratif du travail ainsi que des arbitres de griefs.

Principales mesures

Santé et sécurité du travail

La loi introduit dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail une définition de la « violence à caractère sexuel ». Elle habilite la CNESST à déterminer, par règlement, des mesures visant à prévenir cette violence ou à la faire cesser, complétant les obligations de prévention imposées aux employeurs.

Indemnisation des lésions professionnelles

La loi modifie le régime d'indemnisation afin de faciliter la reconnaissance des lésions résultant de violence à caractère sexuel subie au travail, notamment par l'instauration d'une présomption en faveur de la personne victime et par l'allongement du délai pour présenter une réclamation à la CNESST dans ces situations.

Griefs et arbitrage

Dans le cadre du Code du travail, la loi prévoit :

  • une formation obligatoire sur la violence à caractère sexuel pour les arbitres appelés à entendre des griefs en matière de harcèlement psychologique ;
  • la possibilité, pour une partie, de demander la tenue d'une conférence préparatoire à l'audition d'un grief ;
  • un encadrement des clauses d'amnistie des conventions collectives à l'égard des sanctions disciplinaires liées au harcèlement ou à la violence à caractère sexuel.

Normes du travail

La loi précise le contenu attendu de la politique de prévention du harcèlement psychologique et de traitement des plaintes que tout employeur doit adopter et rendre disponible en vertu de la Loi sur les normes du travail.

Entrée en vigueur et mise en œuvre

La loi est entrée en vigueur le 27 mars 2024, date de sa sanction, à l'exception de certaines dispositions dont l'entrée en vigueur a été fixée au 27 septembre 2024. L'application d'une mesure particulière dépend donc de la date prévue pour la disposition visée dans le texte sanctionné.

Lors de l'annonce de l'adoption, le gouvernement du Québec a également présenté des mesures administratives d'accompagnement, dont la mise en place d'une équipe spécialisée au Tribunal administratif du travail pour le traitement des dossiers de harcèlement et de violence à caractère sexuel.

La mise en œuvre réglementaire relève en partie de la CNESST, à qui la loi confie le pouvoir de préciser par règlement les mesures de prévention et de cessation de la violence à caractère sexuel.

Consultations

Les consultations particulières tenues en commission parlementaire à compter du 30 janvier 2024 ont permis d'entendre des organismes publics, des groupes syndicaux et patronaux ainsi que des organismes d'aide aux victimes. Plusieurs institutions ont transmis des mémoires ou des commentaires écrits.

Parmi les organismes publics ayant pris position figurent :

  • la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a adressé une lettre portant sur le projet de loi ;
  • le Conseil du statut de la femme, qui a déposé des commentaires sur le projet de loi.

Ces interventions s'inscrivent dans l'examen du projet de loi au regard de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, qui protège notamment le droit à des conditions de travail justes et raisonnables et respectueuses de la santé, de la sécurité et de l'intégrité physique, et interdit le harcèlement fondé sur un motif de discrimination, dont le sexe.

Sources

  1. Assemblée nationale du Québec, Projet de loi no 42 (43e législature, 1re session) — cheminement
  2. Éditeur officiel du Québec, Lois du Québec 2024, chapitre 4 (texte sanctionné)
  3. Gazette officielle du Québec, publication de la loi
  4. Assemblée nationale du Québec, Rapport sur le cheminement des projets de loi, 43e législature, 1re session
  5. Gouvernement du Québec, Adoption de la Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel en milieu de travail
  6. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Lettre sur le projet de loi no 42
  7. Conseil du statut de la femme, Commentaires sur le projet de loi no 42
  8. Éditeur officiel du Québec, Bill 42, Statutes of Québec 2024, chapter 4 (version anglaise)
  9. Assemblée nationale du Québec, Bill 42 (version anglaise de la fiche)
  10. Assemblée nationale du Québec, fiche du député Jean Boulet

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Assemblée nationale du Québec, Mémoire portant sur le projet de loi no 42
  2. © Éditeur officiel du Québec, 2024

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : harcèlement psychologique, violence à caractère sexuel, droit du travail, santé et sécurité du travail, normes du travail, cnesst, projet de loi 42, jean boulet

Processus éditorial

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