Histoire
Le Carrousel international du film de Rimouski est fondé en 1983 à Rimouski, ville du Bas-Saint-Laurent située sur la rive sud de l'estuaire du Saint-Laurent. Dès ses débuts, l'événement associe la projection de films destinés aux enfants et aux adolescents à des ateliers qui leur sont offerts. Il compte parmi les premiers festivals de cinéma consacrés spécifiquement au jeune public en Amérique.
Au fil des années, le festival élargit sa programmation et accueille des œuvres provenant de nombreux pays. Vers 1990, la presse spécialisée québécoise rapporte qu'une quarantaine de films, représentant une quinzaine de pays, figurent au programme de l'événement, et que des prix Camério y sont décernés. Des revues comme Ciné-Bulles et Lurelu, cette dernière consacrée à la littérature et à la culture pour la jeunesse, lui consacrent alors des articles.
Le festival s'inscrit durablement dans la vie culturelle rimouskoise pendant plus de quarante ans. Il développe parallèlement un volet éducatif et un volet professionnel qui complètent les projections publiques. L'organisme cesse ses activités en janvier 2025, à la suite d'une cession de biens, alors qu'une nouvelle édition était prévue pour le mois de mars suivant.
Mission et programmation
La mission du Carrousel consistait à favoriser l'épanouissement des jeunes par l'image en mouvement, envisagée à la fois comme forme d'art, comme outil éducatif et comme moyen d'expression. L'organisme visait également à promouvoir le cinéma jeunesse québécois, canadien et international, ainsi qu'à initier les jeunes à la création cinématographique.
La programmation réunissait des longs et des courts métrages issus de divers pays, choisis en fonction de leur adéquation avec un public d'enfants et d'adolescents. Le festival offrait ainsi aux jeunes spectateurs de l'Est du Québec l'accès à des œuvres rarement distribuées dans les salles commerciales de la région, notamment des films étrangers destinés à la jeunesse.
Selon les présentations de l'événement publiées par Québec Cinéma, l'édition de 2015 proposait une programmation de films québécois et internationaux. La présence simultanée de productions locales et étrangères faisait partie de l'identité du festival, qui se voulait à la fois une vitrine pour le cinéma jeunesse d'ici et une fenêtre ouverte sur la production mondiale.
Le festival remettait les prix Camério, distinctions associées à l'événement depuis au moins le début des années 1990, qui récompensaient des films de la sélection.
Éducation cinématographique et volet professionnel
L'éducation cinématographique occupait une place centrale dans les activités du Carrousel. Dès sa fondation, le festival complétait les projections par des ateliers destinés aux jeunes, afin de les familiariser avec le langage cinématographique et de les initier aux différentes étapes de la réalisation d'un film.
Cette orientation éducative s'inscrivait dans un mouvement plus large d'éducation à l'image au Québec, auquel des travaux récents, notamment publiés dans la revue Nouveaux Cahiers du Québec en 2023, se sont intéressés. Le Carrousel y figurait comme l'un des acteurs régionaux de la sensibilisation des jeunes au cinéma.
En plus de ses activités grand public, l'organisme a développé un volet professionnel. Celui-ci comprenait notamment des résidences de création et des ateliers, qui permettaient d'accompagner des créateurs et de favoriser les échanges entre artisans du cinéma destiné à la jeunesse.
Par ces différents volets, le Carrousel ne se limitait pas à la diffusion de films : il se présentait comme un organisme de médiation culturelle, liant la découverte d'œuvres, l'apprentissage et la pratique de la création audiovisuelle.
Ancrage régional
Le Carrousel contribuait à l'animation culturelle de Rimouski et, plus largement, de la région administrative du Bas-Saint-Laurent. Rimouski, chef-lieu de la MRC de Rimouski-Neigette, constitue l'un des principaux pôles culturels et universitaires de l'Est du Québec, et le festival faisait partie des événements récurrents qui y attiraient un public jeune et scolaire.
L'édition de 2015, telle que présentée par Québec Cinéma, se déroulait dans trois lieux :
- Rimouski ;
- Pointe-au-Père, secteur de la ville de Rimouski ;
- Mont-Joli, dans la MRC de La Mitis.
Cette répartition géographique témoigne de la volonté de l'organisme de rejoindre des publics au-delà du centre urbain rimouskois. Le festival figurait par ailleurs dans les répertoires touristiques et internationaux d'événements cinématographiques, notamment ceux de Bonjour Québec et du British Council, ce qui en faisait l'une des manifestations culturelles bas-laurentiennes connues à l'extérieur de la région.
Faillite et fin des activités
Le 24 janvier 2025, l'organisme qui produisait le Carrousel international du film de Rimouski a fait cession de ses biens. Selon Radio-Canada, ses dettes s'élevaient alors à environ 153 000 $. Le diffuseur public associe cette faillite à une diminution des subventions dont bénéficiait l'organisme.
L'édition qui devait se tenir en mars 2025 a été annulée à la suite de cette décision, mettant fin à plus de quatre décennies d'activité.
La disparition du festival a suscité des réactions dans le milieu culturel de l'Est du Québec. Dans un reportage de Radio-Canada, des intervenants ont qualifié la faillite du Carrousel de « pointe de l'iceberg », la situant dans un contexte de difficultés financières plus larges touchant les organismes culturels régionaux, dont certains musées. Des chroniques publiées dans la presse québécoise au début de 2025 ont également évoqué la fragilité du milieu culturel et la question du financement public des arts.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1983 | Fondation du festival à Rimouski |
| 2015 | Édition présentée à Rimouski, Pointe-au-Père et Mont-Joli |
| 24 janvier 2025 | Cession de biens de l'organisme |
| Mars 2025 | Édition prévue, annulée |