Aller au contenu
savoirs.québec
Films

Le chat dans le sac

Le chat dans le sac est un long métrage de fiction québécois écrit et réalisé par Gilles Groulx, produit par l'Office national du film du Canada (ONF) et présenté en 1964. Tourné en noir et blanc, d'une durée de 74 minutes, il suit Claude, un jeune journaliste montréalais, et sa compagne Barbara, dont la relation se défait pendant que lui cherche sa place dans le Québec de la Révolution tranquille. Lauréat du Grand Prix du cinéma canadien au Festival du film de Montréal, il est considéré comme une œuvre fondatrice du cinéma de fiction québécois moderne.

Synopsis

Claude, un jeune Montréalais d'une vingtaine d'années, aspire à devenir journaliste. Il cherche à faire publier ses textes et s'interroge sur son identité de Canadien français, sur l'engagement politique et sur le sens à donner à sa vie. Sa compagne, Barbara, est une jeune femme juive anglophone qui étudie le théâtre et envisage son avenir avec plus de légèreté.

Au fil du récit, les divergences entre les deux personnages s'accentuent. Claude se replie sur lui-même et finit par s'isoler à la campagne pour réfléchir, tandis que Barbara s'éloigne de lui. La rupture amoureuse sert de fil conducteur à une méditation plus large sur la quête de soi.

Les conflits personnels du couple font écho aux questions d'identité et de maturité politique qui traversent alors la société québécoise. L'ONF présente le film comme une réflexion sur l'accession du peuple québécois à la maturité politique. Les deux interprètes principaux, Claude Godbout et Barbara Ulrich, portent à l'écran leur propre prénom, ce qui renforce la proximité entre fiction et réalité.

Genèse et production

Le film est produit par l'Office national du film du Canada, alors installé à Montréal, à une période où l'équipe française de l'institution renouvelle profondément la pratique documentaire. Gilles Groulx, déjà connu pour des courts métrages documentaires tels que Les raquetteurs (1958, coréalisé avec Michel Brault) et Golden Gloves (1961), en signe à la fois la réalisation et le scénario.

Le projet trouve son origine dans une commande de l'ONF plus modeste que le long métrage finalement livré. Groulx en fait une œuvre de fiction d'une durée de 74 minutes, tournée en noir et blanc. La photographie est confiée à Jean-Claude Labrecque, l'un des opérateurs associés au renouveau du cinéma québécois de l'époque.

La distribution réunit principalement des interprètes peu ou pas expérimentés au cinéma, au premier rang desquels Claude Godbout et Barbara Ulrich. Ce choix s'inscrit dans la volonté de Groulx de capter une parole et des attitudes proches du quotidien plutôt qu'un jeu théâtral.

Style et forme

Le chat dans le sac emprunte plusieurs procédés au cinéma direct, courant documentaire dont l'équipe française de l'ONF est alors l'un des foyers internationaux. Groulx combine ces méthodes avec une démarche qu'il qualifie de « cinéma spontané » :

  • tournage en décors naturels, dans les rues, appartements et lieux publics de Montréal ;
  • équipe technique réduite et caméra mobile ;
  • dialogues improvisés par les acteurs à partir d'un scénario établi ;
  • adresses directes à la caméra, monologues intérieurs et intertitres.

Le film se distingue par un montage fragmenté qui alterne scènes de vie, réflexions de Claude et références à l'actualité intellectuelle et politique du début des années 1960. Cette écriture libre est souvent rapprochée de la Nouvelle Vague française, tout en demeurant ancrée dans une réalité spécifiquement québécoise. La réplique d'ouverture de Claude, « Je suis Canadien français, donc je me cherche », est fréquemment citée comme l'expression condensée du propos du film.

Musique

La bande sonore occupe une place importante dans la construction du film. Elle associe des pièces de jazz de John Coltrane à des œuvres de la musique baroque européenne, notamment d'Antonio Vivaldi et de François Couperin.

Ce contraste musical accompagne la tension entre les deux protagonistes et entre les univers qu'ils représentent. Le jazz moderne de Coltrane, associé à l'inquiétude et à la recherche de Claude, confère au film une tonalité contemporaine qui contribue à son image d'œuvre de la jeunesse des années 1960. L'emploi de la musique de Coltrane dans une production de l'ONF est régulièrement souligné comme l'un des traits marquants du film.

Présentation et distinctions

Le film est présenté au Festival du film de Montréal le 8 août 1964. Il y remporte le Grand Prix du cinéma canadien, distinction qui consacre la place de Gilles Groulx parmi les cinéastes de la nouvelle génération.

La même année marque l'émergence d'un cinéma de fiction québécois à l'ONF, issu de l'expérience documentaire de ses cinéastes. Le chat dans le sac est souvent cité aux côtés d'autres productions contemporaines de l'institution qui, parties de projets documentaires, se sont transformées en longs métrages de fiction tournés avec les moyens légers du cinéma direct.

ÉlémentDonnée
Première présentation8 août 1964
FestivalFestival du film de Montréal
DistinctionGrand Prix du cinéma canadien

Contexte et postérité

Le film paraît au cœur de la Révolution tranquille, période de transformations politiques, sociales et culturelles au Québec. Les interrogations de Claude sur l'identité canadienne-française, la langue, l'engagement et l'émancipation collective rejoignent les débats qui animent alors les milieux intellectuels et la jeunesse québécoise.

La fiche pédagogique de l'ONF signale que le film propose un point de vue situé sur les rapports entre conquérants et conquis, ce qui en fait un document sur la pensée politique d'une génération autant qu'une œuvre de fiction.

Considéré comme un jalon du cinéma québécois moderne, Le chat dans le sac a fait l'objet de nombreuses rétrospectives et commémorations ; l'ONF a notamment souligné son cinquantième anniversaire en 2014. Le film demeure accessible sur la plateforme de visionnement de l'ONF, accompagné de ressources éducatives. Il occupe une place centrale dans la filmographie de Gilles Groulx, qui poursuivra une œuvre marquée par l'engagement politique, notamment avec Où êtes-vous donc ? (1969) et 24 heures ou plus (1973).

Sources

  1. Office national du film du Canada, Le chat dans le sac
  2. Toronto International Film Festival, Canadian Film Encyclopedia, Le Chat dans le sac
  3. Québec Cinéma, Guide de production, Le chat dans le sac
  4. Office national du film du Canada, blogue, Le chat dans le sac a 50 ans
  5. National Film Board of Canada, The Cat in the Bag: The Genesis of a Cult Film
  6. La journée du cinéma canadien, Le chat dans le sac
  7. TFO, Le chat dans le sac
  8. Wikipédia, Le Chat dans le sac
  9. IMDb, Le chat dans le sac (1964)
  10. Registre éditorial de Savoirs.Québec, fiche Le chat dans le sac

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. The Cat in the Bag (1964) ⭐ 7.4 | Drama

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : gilles groulx, cinéma québécois, office national du film du canada, cinéma direct, révolution tranquille, long métrage de fiction, 1964, jeunesse

Processus éditorial

Le débat du comité, les prompts des visuels et l'historique des mises à jour sont publics. Ouvrir le processus éditorial.

Discussion

Posez une question ou apportez une précision. Les messages sont publiés après vérification par l'équipe de modération. Savoir, l'assistante de recherche, répond lorsqu'elle peut citer une source ou vérifier un fait : cochez « Demander une réponse à Savoir » ou écrivez @Savoir.