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Films

L'homme qui plantait des arbres

L'homme qui plantait des arbres est un court métrage d'animation de 30 minutes réalisé par Frédéric Back et produit par la Société Radio-Canada en 1987. Il adapte la nouvelle de Jean Giono parue en 1953 et raconte comment le berger Elzéard Bouffier redonne vie à une contrée aride de Haute-Provence en y plantant des arbres. Narré en français par Philippe Noiret et en anglais par Christopher Plummer, le film a remporté l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 1988.

Synopsis

Le film suit le récit d'un narrateur qui, lors d'une longue marche dans une région désertique des Alpes de Haute-Provence au début du XXe siècle, rencontre un berger solitaire, Elzéard Bouffier. Veuf, l'homme vit à l'écart et consacre ses journées à planter des glands, puis d'autres essences, sur des terres que personne ne revendique.

Au fil de visites espacées sur plusieurs décennies, traversées par les deux guerres mondiales, le narrateur constate la transformation progressive du paysage : la forêt s'étend, les sources réapparaissent, les villages abandonnés se repeuplent. Le berger poursuit son œuvre dans l'anonymat, sans chercher de reconnaissance.

Le récit, fidèle au texte de Jean Giono, présente Elzéard Bouffier comme un personnage réel, bien qu'il s'agisse d'une fiction. L'action se déroule entièrement en France ; l'ancrage québécois de l'œuvre tient à sa création par un cinéaste établi à Montréal et à sa production par la télévision publique canadienne.

Production

Le film est réalisé par Frédéric Back, illustrateur et cinéaste d'animation arrivé à Montréal à la fin des années 1940 et longtemps attaché au service graphique et au studio d'animation de la Société Radio-Canada. La production est assurée par Radio-Canada, qui soutient alors les projets d'animation d'auteur de Back, notamment sous la responsabilité du producteur Hubert Tison.

Selon Radio-Canada, la réalisation a exigé environ cinq ans de travail et près de 20 000 dessins, en grande partie exécutés par Back lui-même.

La bande sonore réunit le texte de Giono, lu en français par l'acteur Philippe Noiret et en anglais par Christopher Plummer, et une musique originale de Normand Roger, compositeur québécois associé à de nombreux films d'animation. Le film a ensuite été vendu à l'étranger et adapté dans plusieurs autres langues.

ÉlémentInformation
RéalisationFrédéric Back
ProductionSociété Radio-Canada
Œuvre adaptéeNouvelle de Jean Giono (1953)
Narration françaisePhilippe Noiret
Narration anglaiseChristopher Plummer
MusiqueNormand Roger
Durée30 minutes

Technique et esthétique

Frédéric Back travaille au crayon de couleur sur des feuilles d'acétate dépoli, procédé qui donne à l'image une texture granuleuse et lumineuse proche du dessin sur papier. Plutôt que de recourir aux décors fixes et aux personnages découpés de l'animation traditionnelle, il fait évoluer l'ensemble de l'image : les paysages se métamorphosent en continu, les formes se fondent les unes dans les autres et les transitions s'opèrent par glissements plutôt que par coupes.

Cette esthétique sert directement le propos du film. Le passage des terres arides, dominées par des tons ocre et gris, à la forêt foisonnante, traitée en verts et en bleus, rend visible l'écoulement du temps et l'effet cumulatif du geste du berger. Le trait demeure volontairement esquissé, laissant transparaître la main de l'artiste.

La narration occupe une place centrale : le texte de Giono est lu presque intégralement, et l'image l'accompagne sans l'illustrer de manière littérale, dans un rapport qui rapproche le film du conte illustré. La musique de Normand Roger souligne les changements de saison et d'époque sans dominer la voix du narrateur.

Réception et distinctions

Le film est présenté en 1987 en sélection officielle au Festival international du film d'animation d'Annecy, en France, l'une des principales manifestations mondiales consacrées au cinéma d'animation.

Lors de la cérémonie des Oscars tenue en 1988, il reçoit l'Oscar du meilleur court métrage d'animation. Il s'agit de la deuxième statuette remportée par Frédéric Back dans cette catégorie, après celle obtenue pour Crac ! à la cérémonie de 1982. Le discours de réception du cinéaste est conservé dans la base de données des discours de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

Diffusé à la télévision et en salle, le film connaît une large circulation internationale, favorisée par ses versions en plusieurs langues. Il est fréquemment utilisé en milieu scolaire, en France comme au Québec, notamment dans le cadre de programmes d'éducation à l'image et à l'environnement.

Place dans l'œuvre de Frédéric Back

L'homme qui plantait des arbres s'inscrit dans une filmographie marquée par les thèmes de la nature, du rapport de l'humain à son milieu et de la transmission. Il fait suite à des films comme Tout rien et Crac !, ce dernier retraçant l'évolution de la société québécoise à travers l'histoire d'une chaise berçante. Back réalise ensuite Le fleuve aux grandes eaux, consacré au fleuve Saint-Laurent.

Le film est souvent considéré comme l'expression la plus achevée des préoccupations écologiques du cinéaste. Dans des entrevues diffusées par Radio-Canada, Back a exprimé son inquiétude quant à la dégradation de l'environnement et sa conviction que le geste individuel peut contribuer à la préservation de la planète. Le personnage d'Elzéard Bouffier, qui agit avec constance et sans attente de récompense, correspond à cette vision.

L'œuvre a contribué à la notoriété internationale du studio d'animation de Radio-Canada et à la reconnaissance de l'animation d'auteur produite au Québec, aux côtés des réalisations de l'Office national du film du Canada.

Postérité

La Cinémathèque québécoise conserve le film dans ses collections et le répertorie comme une œuvre du Québec. Elle l'a présenté à plusieurs reprises dans le cadre de rétrospectives consacrées à Frédéric Back, aux côtés de ses autres courts métrages.

L'œuvre graphique de Back, dont des éléments liés au film, a fait l'objet d'expositions, notamment à Sherbrooke. En 2024, à l'occasion du centenaire de la naissance du cinéaste, la TOHU, à Montréal, a organisé une célébration consacrée à son œuvre et à son engagement environnemental.

Le Musée canadien de la nature, à Ottawa, a par ailleurs conçu une exposition immersive inspirée du conte et de son adaptation, présentée comme une première mondiale.

Le titre du film est devenu une référence courante au Québec pour évoquer les initiatives de reboisement et de protection de l'environnement, au point d'être repris dans des reportages consacrés à des projets locaux de plantation d'arbres.

Sources

  1. Cinémathèque québécoise, fiche de l'œuvre
  2. Festival international du film d'animation d'Annecy, fiche du film (sélection officielle 1987)
  3. Academy Awards Acceptance Speech Database, discours de réception de Frédéric Back
  4. Radio-Canada, Frédéric Back : la portée de l'œuvre d'un pionnier de Radio-Canada
  5. Radio-Canada, Frédéric Back, un maître de l'animation inquiet de la survie de la planète
  6. Cinémathèque québécoise, rétrospective consacrée à Frédéric Back
  7. Radio-Canada, La TOHU fête le centenaire de Frédéric Back
  8. Musée canadien de la nature, L'homme qui plantait des arbres : un récit immersif
  9. Radio-Canada, Des œuvres de Frédéric Back exposées à Sherbrooke
  10. Radio-Canada, Le jeune homme qui plantait des arbres (Le téléjournal Est-du-Québec)
  11. Savoirs.Québec, registre éditorial
  12. Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres (nouvelle, 1953)

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. L'homme qui plantait des arbres
  2. L'Homme qui plantait des arbres — Wikipédia
  3. L'homme qui plantait des arbres - Bibliothèques de la Ville de Paris
  4. L'Homme qui plantait des arbres (film) — Wikipédia
  5. Base de données des films
  6. Ecole et cinéma C3 25-26
  7. CINEMATHEQUE.QC.CA
  8. Cinéma canadien : les 100 films les plus marquants (deuxième partie)
  9. La Tohu célèbre les 100 ans de l'artiste environnementaliste Frédéric Back

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : frédéric back, jean giono, court métrage d'animation, radio-canada, oscar, elzéard bouffier, environnement, cinéma québécois

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