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Films

Frédéric Back

Frédéric Back (1924-2013) est un illustrateur, peintre et réalisateur de films d'animation québécois d'origine alsacienne. Établi à Montréal en 1948, il entre à la Société Radio-Canada en 1952, où il est illustrateur et concepteur visuel, puis réalise une série de courts métrages d'animation. Deux de ses films, Crac ! et L'homme qui plantait des arbres, ont remporté l'Oscar du meilleur court métrage d'animation, en 1982 et en 1988. Son œuvre associe la mémoire des transformations de la société québécoise à des préoccupations environnementales.

Origines et formation

Frédéric Back naît le 8 avril 1924 à Sarrebruck, dans une famille d'origine alsacienne, et grandit en Alsace. Il étudie les beaux-arts en France, notamment à Rennes, où il reçoit une formation en dessin et en peinture qui marquera son style figuratif et son attention au monde rural et naturel.

En 1948, il s'installe à Montréal. Il y poursuit une activité de peintre et d'illustrateur et enseigne quelque temps le dessin. Il épouse Ghislaine Paquin, dont le nom est aujourd'hui associé au sien dans la toponymie québécoise.

Son arrivée au Québec coïncide avec une période de profonds changements sociaux et culturels, qui précède l'avènement de la télévision au Canada. Cette conjoncture oriente durablement sa carrière vers le nouveau média.

Carrière à Radio-Canada

En 1952, année de l'entrée en ondes de la télévision de Radio-Canada à Montréal, Frédéric Back est engagé par la société d'État. Il y travaille d'abord comme illustrateur et concepteur visuel : décors, éléments graphiques, illustrations et effets visuels pour des émissions éducatives, scientifiques et pour la jeunesse.

À la fin des années 1960, Radio-Canada se dote d'un service d'animation, au sein duquel Back peut se consacrer à la réalisation de courts métrages. Contrairement à la majorité des cinéastes d'animation canadiens de l'époque, rattachés à l'Office national du film du Canada, il produit l'essentiel de son œuvre dans le cadre d'un diffuseur public de télévision.

Cette situation lui permet de travailler sur de longues périodes, souvent presque seul, à des films dessinés image par image, dont certains exigent plusieurs années de travail. Il demeure associé à Radio-Canada pendant l'essentiel de sa carrière, jusqu'à la fin des années 1980.

Œuvre cinématographique

La filmographie d'animation de Frédéric Back comprend une dizaine de courts métrages, réalisés entre 1970 et 1993.

AnnéeTitreRemarque
1970AbracadabraPremier film d'animation
1972Inon ou la conquête du feuInspiré de légendes autochtones
1973La création des oiseauxInspiré de légendes autochtones
1975Illusion ?
1977Taratata
1978Tout rienMis en nomination aux Oscars
1981Crac !Oscar 1982
1987L'homme qui plantait des arbresOscar 1988
1993Le fleuve aux grandes eauxConsacré au Saint-Laurent

Crac !

Sans dialogue, Crac ! suit l'histoire d'une chaise berçante, depuis sa fabrication dans un milieu rural jusqu'à son exposition dans un musée d'art moderne. À travers cet objet, le film évoque les transformations de la société québécoise au fil du XXe siècle. Il vaut à Frédéric Back et à Radio-Canada l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 1982.

L'homme qui plantait des arbres

Adapté du récit de Jean Giono, le film raconte comment un berger solitaire, Elzéard Bouffier, reboise patiemment une région aride de Provence. Réalisé aux crayons de couleur sur acétate dépoli, il est narré par Philippe Noiret dans la version française et par Christopher Plummer dans la version anglaise. Il reçoit l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 1988 et figure parmi les œuvres répertoriées par la Cinémathèque québécoise.

Le fleuve aux grandes eaux

Dernier film de Back, il retrace l'histoire du fleuve Saint-Laurent et de son exploitation par les humains, depuis l'époque précoloniale jusqu'à l'ère industrielle.

Style et thèmes

Le cinéma de Frédéric Back se caractérise par un dessin entièrement exécuté à la main, aux traits souples et en mouvement continu, où les images semblent se transformer les unes dans les autres. Ses films privilégient souvent la narration visuelle et la musique au détriment du dialogue.

Deux grands thèmes traversent son œuvre :

  • La mémoire collective québécoise : Crac ! et Le fleuve aux grandes eaux évoquent la vie rurale, les traditions, l'industrialisation et la modernisation du Québec.
  • La nature et l'environnement : Tout rien, L'homme qui plantait des arbres et Le fleuve aux grandes eaux interrogent les rapports entre l'humain et le milieu naturel, la destruction des écosystèmes et la possibilité de leur restauration.

Ces préoccupations dépassent le cadre cinématographique. Frédéric Back s'est engagé publiquement en faveur de la protection de l'environnement et des animaux, et L'homme qui plantait des arbres a été largement utilisé pour sensibiliser le public au reboisement. Son travail est fréquemment cité comme un exemple précoce de cinéma d'animation à portée écologique.

Distinctions et reconnaissance

Au cours de sa carrière, Frédéric Back reçoit de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux de cinéma d'animation, ainsi que plusieurs distinctions honorifiques au Québec et au Canada.

  • Oscar du meilleur court métrage d'animation pour Crac ! (1982)
  • Oscar du meilleur court métrage d'animation pour L'homme qui plantait des arbres (1988)
  • Nomination aux Oscars pour Tout rien
  • Membre de l'Ordre national du Québec
  • Membre de l'Ordre de Montréal

Son œuvre a fait l'objet d'expositions, dont « Frédéric Back, passionné pour la planète », consacrée à son travail d'artiste et à son engagement environnemental.

Décès et héritage

Frédéric Back meurt à Montréal le 24 décembre 2013, à l'âge de 89 ans. L'Ordre national du Québec salue alors la disparition du « maître du cinéma d'animation ».

Sa mémoire est inscrite dans la toponymie québécoise. La Commission de toponymie du Québec répertorie notamment le parc Frédéric-Back, à Montréal, aménagé dans le quartier Saint-Michel sur le site d'une ancienne carrière et d'un ancien lieu d'enfouissement, réhabilité en espace vert, ainsi que le parc Ghislaine-et-Frédéric-Back, qui rend hommage au couple.

En 2024, le centenaire de sa naissance donne lieu à des hommages et à des rétrospectives de ses films, notamment à la Cinémathèque québécoise et dans d'autres cinémathèques canadiennes. Ses films continuent d'être diffusés et étudiés comme des jalons du cinéma d'animation québécois.

Sources

  1. Ordre national du Québec, Frédéric Back
  2. Ordre national du Québec, « Le maître du cinéma d'animation n'est plus »
  3. Commission de toponymie du Québec, Parc Frédéric-Back
  4. Commission de toponymie du Québec, Parc Ghislaine-et-Frédéric-Back
  5. Cinémathèque québécoise, L'homme qui plantait des arbres
  6. Cinémathèque québécoise, Frédéric Back's Centennial
  7. The Cinematheque, Frédéric Back 100
  8. Site officiel Frédéric Back, Crac !
  9. Site officiel Frédéric Back, The Man Who Planted Trees
  10. « Frédéric Back, passionné pour la planète », page d'exposition
  11. Ville de Montréal, Ordre de Montréal, Frédéric Back
  12. Encyclopædia Universalis, Frédéric Back (1924-2013)
  13. Artistes pour la paix, « Centenaire de Frédéric Back »
  14. Savoirs.Québec, registre éditorial

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Frédéric Back | mdgq
  2. Frédéric Back - Wikipedia
  3. untitled
  4. The cluster of houses, although ...
  5. Programme
  6. L'homme qui Plantait des Arbres - Films pour la terre
  7. L'Homme qui plantait des arbres (film) — Wikipédia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : frédéric back, cinéma d'animation, radio-canada, crac !, l'homme qui plantait des arbres, oscar, environnement, saint-laurent

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