Synopsis
Le film raconte l'histoire de Chantal et de Louisette, deux adolescentes qui vivent à Montréal. Toutes deux cherchent, chacune à sa manière, un lien véritable avec le monde des adultes qui les entoure. Elles se heurtent cependant à l'indifférence, à l'incompréhension ou à l'absence d'écoute de leurs proches comme des inconnus qu'elles croisent.
Devant ce constat, les deux amies en viennent à envisager de mettre fin à leurs jours. Le récit s'attache moins à l'enchaînement des péripéties qu'à l'expression d'une solitude adolescente, rendue sensible par l'attention portée aux silences, aux attentes déçues et aux espaces urbains que traversent les personnages.
Le titre, qui renvoie à une forme musicale brève, évoque la structure resserrée et intimiste de l'œuvre, centrée sur deux voix principales. Le film aborde ainsi la question du suicide chez les jeunes, un sujet grave qu'il traite par le regard plutôt que par le discours, en accompagnant au plus près les deux protagonistes.
Production
Sonatine est écrit et réalisé par Micheline Lanctôt, qui signe à la fois le scénario et la mise en scène. Le film est produit par la Corporation Image M & M, société de production québécoise.
Selon les fiches de référence, la production s'est étendue de 1982 à 1983, et le film est sorti en 1984. Il s'agit d'une production canadienne tournée en langue française et ancrée dans le cadre urbain montréalais.
La durée du film varie selon les sources consultées : les fiches mentionnent 90, 91 ou 94 minutes. Ces écarts tiennent généralement aux différences entre copies, versions de diffusion ou méthodes de calcul employées par les organismes qui répertorient les œuvres.
| Élément | Information |
|---|---|
| Réalisation | Micheline Lanctôt |
| Scénario | Micheline Lanctôt |
| Production | Corporation Image M & M |
| Période de production | 1982 à 1983 |
| Sortie | 1984 |
| Durée | 90 à 94 minutes selon les sources |
Distribution
Les deux rôles principaux sont tenus par de jeunes interprètes :
- Pascale Bussières incarne Chantal ;
- Marcia Pilote incarne Louisette.
Le film repose en grande partie sur la présence de ces deux actrices, que la caméra accompagne tout au long du récit. Le choix de confier les rôles à des interprètes de l'âge des personnages contribue au ton du film, qui privilégie la retenue et l'observation.
Pascale Bussières a ensuite mené une longue carrière au cinéma et à la télévision au Québec, devenant l'une des actrices les plus présentes du cinéma québécois des décennies suivantes. Marcia Pilote s'est, pour sa part, fait connaître dans le milieu québécois des médias et de la télévision.
Autour du duo central gravitent des personnages adultes dont le rôle dramatique tient précisément à leur distance ou à leur incapacité à répondre aux attentes des deux adolescentes, ce qui met en relief l'isolement des protagonistes.
Réception et distinctions
Sonatine a été présenté à la Mostra de Venise en 1984, où il a obtenu un Lion d'argent. Cette distinction, recensée notamment par la Cinémathèque québécoise et par l'encyclopédie du cinéma canadien du TIFF, figure parmi les reconnaissances internationales notables obtenues par un film québécois au cours des années 1980.
La critique a souligné le regard porté par la réalisatrice sur la solitude adolescente et sur le sentiment d'abandon de ses deux héroïnes. Le film est souvent associé à une veine intimiste du cinéma québécois de l'époque, attentive aux personnages marginalisés ou laissés pour compte par leur entourage.
Le prix vénitien a contribué à faire connaître le travail de Micheline Lanctôt à l'étranger et à consolider sa réputation de cinéaste après un premier long métrage remarqué. Sonatine demeure régulièrement cité dans les répertoires et les ouvrages consacrés à l'histoire du cinéma québécois, et il a fait l'objet d'analyses dans le milieu universitaire québécois.
Classement et diffusion
Au Québec, la classification des films relève du gouvernement, qui tient un répertoire public des films classés. Sonatine y a été classé le 29 mai 1998 dans la catégorie « 13 ans et plus », avec une indication relative à la violence.
Cette classification tient compte des thèmes abordés par le film, en particulier le suicide chez les adolescentes, qui en fait une œuvre destinée à un public d'âge adolescent ou adulte.
Le film figure dans plusieurs bases de référence consacrées au cinéma québécois, notamment celle de Québec Cinéma et le site Films du Québec. Il est également répertorié par Éléphant — mémoire du cinéma québécois, projet de restauration et de mise en valeur du patrimoine cinématographique québécois. Le film a aussi fait l'objet d'une présentation sur les plateformes de Télé-Québec.
Place dans l'œuvre de Micheline Lanctôt
Comédienne avant de passer à la réalisation, Micheline Lanctôt compte parmi les cinéastes québécoises dont la carrière s'étend sur plusieurs décennies. Selon Québec Cinéma, Sonatine est son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, après L'Homme à tout faire (1980).
Avec ce film, la cinéaste approfondit un intérêt pour des personnages vulnérables et pour les rapports difficiles entre individus et institutions sociales, notamment la famille et le monde adulte. L'attention portée à l'intériorité des personnages, au détriment d'une intrigue spectaculaire, caractérise l'œuvre.
Le Lion d'argent obtenu à Venise fait de Sonatine l'un des titres les plus souvent associés à son nom. Le film s'inscrit aussi dans l'histoire de la présence des femmes derrière la caméra dans le cinéma québécois des années 1980, période où les longs métrages de fiction réalisés par des femmes demeuraient minoritaires.
Homonymie
Le titre Sonatine est également porté par un long métrage japonais réalisé par Takeshi Kitano, produit en 1993. Il s'agit d'une œuvre entièrement distincte, sans lien avec le film de Micheline Lanctôt, qui appartient au genre du film de yakuzas.
Le répertoire québécois des films classés comporte une fiche pour chacun de ces deux films. Les recherches portant sur le film québécois gagnent donc à préciser l'année (1984) ou le nom de la réalisatrice afin d'éviter toute confusion entre les deux œuvres.
Le mot « sonatine » désigne par ailleurs, en musique, une sonate de dimensions réduites et de forme généralement simple.