Toponymie
Le nom Kipawa est d'origine algonquine. Selon la Commission de toponymie du Québec, il signifie « c'est fermé » ou « c'est bouché », une description qui évoque la configuration du plan d'eau, dont les nombreuses baies et passes étroites donnent l'impression d'un lac refermé sur lui-même.
Le toponyme a connu plusieurs graphies au fil des relevés et des cartes avant que la forme Kipawa ne soit officialisée. Le même nom désigne aujourd'hui plusieurs entités voisines de la MRC de Témiscamingue, notamment :
- la municipalité de Kipawa, située près du ruisseau Gordon, l'un des exutoires du lac ;
- la rivière Kipawa, qui traverse le lac et se jette dans le lac Témiscamingue ;
- la zec Kipawa, territoire faunique qui entoure le plan d'eau.
Cette concentration de toponymes témoigne de la place centrale du lac dans l'organisation et l'identité de ce secteur du Témiscamingue.
Géographie
Le lac Kipawa se trouve dans la partie sud de l'Abitibi-Témiscamingue, sur le territoire de la MRC de Témiscamingue. Il s'étend à une dizaine de kilomètres à l'est du lac Témiscamingue, qui marque la limite avec l'Ontario, et au nord-est de la ville de Témiscaming.
Dimensions
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Superficie | 300,4 km² |
| Périmètre riverain | 891,9 km |
| Cantons touchés | 5 |
Les chiffres proviennent de l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT). La Commission de toponymie arrondit la superficie à environ 300 km².
Morphologie
Le lac présente des formes très découpées. Le rapport entre sa superficie et la longueur de ses rives, près de 892 km, illustre cette complexité : le plan d'eau se compose d'une multitude de baies, de bras et d'îles. L'OBVT le décrit comme un territoire complexe réparti sur cinq cantons.
Milieu naturel
Le lac est situé dans la zone de la forêt mixte, à la transition entre les peuplements feuillus du sud et la forêt boréale. Ce paysage forestier encadre l'ensemble de ses rives et de ses îles.
Hydrographie et régularisation
Le lac Kipawa appartient au bassin de la rivière des Outaouais, par l'intermédiaire du lac Témiscamingue. La rivière Kipawa prend sa source dans le lac Dumoine, traverse notamment les lacs McLachlin, Grindstone et Hunter, puis le lac Kipawa, avant de rejoindre le lac Témiscamingue.
Exutoires
Le lac possède deux exutoires, tous deux associés à des ouvrages de retenue :
- la rivière Kipawa, à Laniel ;
- le ruisseau Gordon, près de la municipalité de Kipawa.
La construction de barrages a transformé le lac naturel en réservoir, ce qui explique son classement comme tel par la Commission de toponymie du Québec. Le niveau de l'eau dépend ainsi de la gestion de ces ouvrages.
Suivi hydrométrique
Le réseau de stations hydrométriques d'Environnement et Changement climatique Canada comprend des sites au lac Kipawa, à Laniel et sur le ruisseau Gordon. Ces stations permettent de suivre les niveaux et les débits du réservoir et de ses exutoires.
Occupation du territoire
Le lac Kipawa est bordé de quelques noyaux habités, dont la municipalité de Kipawa, près de l'exutoire du ruisseau Gordon, et le secteur de Laniel, à l'exutoire de la rivière Kipawa. La ville de Témiscaming se trouve au sud-ouest du lac.
Le territoire environnant fait partie du territoire traditionnel algonquin, comme en témoigne l'origine du nom. La communauté anishinabe de Kebaowek (Eagle Village) est établie dans le secteur de Kipawa.
Zec Kipawa
Le lac est entouré par la zec Kipawa, une zone d'exploitation contrôlée vouée à la chasse et à la pêche. Selon la Commission de toponymie du Québec, ce territoire a d'abord été créé en 1950 comme réserve de chasse et de pêche, puis est devenu une zec ; il couvre 4 636 km².
La villégiature, la pêche sportive, la chasse et les activités de plein air constituent les principaux usages du lac et de ses rives, à côté de l'exploitation forestière pratiquée dans la région.
Gestion concertée
À la demande de la MRC de Témiscamingue, l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT) a élaboré un plan de gestion concertée du lac Kipawa, publié en 2014. La démarche vise à réunir les différents utilisateurs du lac autour d'orientations communes pour la protection du plan d'eau et l'encadrement de ses usages.
Le processus s'est appuyé sur un comité consultatif et sur plusieurs rapports d'étape, publiés en français et en anglais, qui documentent les caractéristiques du lac, les préoccupations des usagers et l'avancement des travaux. Le premier rapport d'étape présente notamment les données de superficie et de périmètre riverain ainsi que la répartition du lac sur cinq cantons.
La taille du lac, la longueur de ses rives, la régularisation de son niveau par des barrages et la coexistence d'usages variés (villégiature, activités fauniques, foresterie, présence autochtone) en font un cas de gestion complexe à l'échelle du Témiscamingue. Des travaux scientifiques, dont un portrait écologique réalisé à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), complètent les connaissances sur le milieu.

