Géographie
Le lac Saint-Jean est situé dans le centre-est du Québec, dans la région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean, à environ 250 km au nord de la ville de Québec. Sa superficie dépasse 1 040 km² selon la Commission de toponymie du Québec ; il mesure près de 49 km dans sa plus grande longueur et environ 29 km dans sa plus grande largeur. Les valeurs publiées varient légèrement d'une source à l'autre, selon la méthode de mesure et le niveau d'eau retenu.
De forme grossièrement arrondie, le lac est entouré de basses-terres et de terrasses argileuses et sableuses qui contrastent avec les reliefs du Bouclier canadien encadrant la plaine. Ses rives sont partagées entre trois municipalités régionales de comté :
- Lac-Saint-Jean-Est, à l'est, autour d'Alma ;
- Le Domaine-du-Roy, au sud-ouest et à l'ouest, autour de Roberval et de Saint-Félicien ;
- Maria-Chapdelaine, au nord, autour de Dolbeau-Mistassini.
La communauté innue de Mashteuiatsh occupe la rive ouest, au nord de Roberval. Le lac est peu profond pour sa superficie, caractéristique que traduit son nom innu. Il se couvre de glace en hiver.
Géologie et formation
Le lac occupe une dépression structurale du Bouclier canadien, le graben du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un fossé d'effondrement qui se prolonge vers l'est par la vallée du Saguenay. Ce bassin, d'origine tectonique, a été remodelé par les glaciations successives du Quaternaire.
Lors de la déglaciation, la dépression a été envahie par la mer de Laflamme, prolongement de la mer de Champlain vers l'intérieur des terres. Les dépôts marins et deltaïques laissés par cette mer, puis le retrait progressif des eaux à la faveur du relèvement isostatique, ont façonné les basses-terres et les terrasses étagées qui entourent aujourd'hui le lac. Ces sols argileux et sableux expliquent en grande partie la vocation agricole de la plaine jeannoise, l'une des rares enclaves cultivables du Bouclier canadien au Québec.
Les études de géographie physique consacrées à la région décrivent la séquence des fronts glaciaires et des niveaux marins qui ont précédé l'établissement du lac dans sa forme actuelle.
Hydrographie
Le lac Saint-Jean est le réceptacle d'un vaste bassin versant qui s'étend loin vers le nord et l'ouest. Ses principaux tributaires sont :
| Tributaire | Rive d'entrée |
|---|---|
| Rivière Péribonka | Nord-est |
| Rivière Mistassini | Nord |
| Rivière Ashuapmushuan | Ouest |
| Rivière Métabetchouane | Sud |
La rivière Péribonka constitue l'un des apports les plus importants. Le lac se déverse à l'est par deux exutoires, la Grande Décharge et la Petite Décharge, qui encadrent l'île d'Alma et se rejoignent pour former la rivière Saguenay, laquelle coule ensuite vers le fjord du Saguenay et le fleuve Saint-Laurent.
La gestion intégrée de l'eau dans ce territoire relève notamment de l'Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean, qui a produit une analyse de bassin dans le cadre de son plan directeur de l'eau.
Régularisation et hydroélectricité
Depuis les années 1920, le niveau du lac est régularisé par des ouvrages aménagés à ses exutoires, en particulier la centrale d'Isle-Maligne sur la Grande Décharge, mise en service au milieu de la décennie. La hausse du niveau des eaux qui a suivi a inondé des terres riveraines et suscité d'importantes protestations parmi les agriculteurs, épisode connu dans l'histoire régionale sous le nom de « tragédie du lac Saint-Jean ».
La gestion du niveau du lac, aujourd'hui assurée par l'exploitant industriel des installations hydroélectriques de la région, soutient la production d'électricité destinée principalement à l'industrie de l'aluminium. Elle s'accompagne d'un programme de stabilisation des berges visant à limiter l'érosion des rives, dont les modalités ont fait l'objet d'examens par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.
Toponymie
Selon la Commission de toponymie du Québec, « Lac Saint-Jean » est le nom officiel du plan d'eau. La Commission reconnaît également le nom innu Pekuakami, en usage chez les Innus de Mashteuiatsh, qu'elle traduit par « lac plat et peu profond ».
Le jésuite Jean de Quen est le premier Européen connu à avoir atteint les rives du lac, en 1647 ; la Relation de cette année le désigne sous le nom de « Lac Piouagamik », transcription française du nom autochtone. La forme « lac Saint-Jean » s'est imposée par la suite dans l'usage français.
Le nom du lac a été transféré à la sous-région du Lac-Saint-Jean, à la région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean, à la MRC de Lac-Saint-Jean-Est et à une circonscription électorale provinciale. Le Québec compte par ailleurs d'autres plans d'eau homonymes, dont un lac Saint-Jean situé sur le territoire de la ville de Mont-Tremblant, dans les Laurentides.
Occupation du territoire
Le pourtour du lac est fréquenté depuis des millénaires par les peuples autochtones ; il constitue un lieu de rassemblement et de circulation pour les Innus, dont la communauté de Mashteuiatsh est établie sur la rive ouest. Au régime français, la région fait partie du Domaine du roi, réservé à la traite des fourrures, et un poste de traite est établi à Métabetchouan.
La colonisation agricole des rives se développe à partir du milieu du XIXe siècle, à la suite de l'ouverture du Saguenay au peuplement. Des paroisses se forment successivement autour du lac, puis des villes comme Roberval, Alma, Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini deviennent des pôles de services. Le village de Péribonka, sur la rive nord, est associé au roman Maria Chapdelaine de Louis Hémon.
Au XXe siècle, l'économie riveraine s'appuie sur l'agriculture, notamment la culture du bleuet, sur la forêt et sur l'hydroélectricité. Le lac est aussi un pôle récréotouristique : la Véloroute des Bleuets en fait le tour, le parc national de la Pointe-Taillon occupe une presqu'île de la rive nord, et la Traversée internationale du lac Saint-Jean, épreuve de nage en eau libre, s'y tient chaque été. La ouananiche, forme d'eau douce du saumon atlantique, est l'espèce emblématique de la pêche sportive sur le lac.
Circonscription de Lac-Saint-Jean
Le nom du lac désigne aussi une circonscription électorale provinciale, distincte du plan d'eau, qui couvre une partie de son pourtour. Les résultats des scrutins récents, du plus récent au plus ancien, sont les suivants.
Élection générale de 2026
William Fradette (Parti québécois) est élu avec 13 676 voix (45,61 %), devant Tommy Gauthier (22,3 %), François Cormier (15,17 %) et Anne Pâquet (9,06 %). On compte 29 987 votes valides pour 44 732 électeurs inscrits ; la participation atteint 68,05 %.
Élection générale du 3 octobre 2022
Eric Girard (Coalition avenir Québec) est réélu avec 14 798 voix (51,47 %), devant William Fradette (25,62 %). Participation : 67,18 %.
Élection générale du 1er octobre 2018
Éric Girard (Coalition avenir Québec) est élu avec 11 437 voix (39,46 %), devant William Fradette (31,53 %). Participation : 68,68 %.
Élection générale du 7 avril 2014
Alexandre Cloutier (Parti québécois) est élu avec 13 159 voix (44,53 %), devant Pascal Gagnon (28,19 %). Participation : 69,84 %.
Scrutins antérieurs
Des élections ont lieu sous ce nom depuis au moins 1890 ; le nombre de votes valides passe de 1 864 en 1890 à 31 772 en 2007, reflet de la croissance du peuplement et des redécoupages successifs.

