Géographie
Le lac Albanel se trouve en Jamésie, partie du territoire d'Eeyou Istchee Baie-James, dans la région administrative du Nord-du-Québec. Il occupe une position voisine du lac Mistassini, le plus grand lac naturel du Québec, à l'est duquel il s'étend selon une orientation parallèle.
La Commission de toponymie du Québec en donne les dimensions suivantes :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Altitude | environ 390 m |
| Superficie | 407 km² |
| Longueur | 88 km |
| Largeur maximale | 7 km |
Certaines sources secondaires avancent une superficie d'environ 445 km² ; la mesure retenue ici est celle de la fiche officielle de la Commission de toponymie.
Le lac est séparé du lac Mistassini par la péninsule du Fort-Dorval, une bande de terre formée de roches calcaires. Sa forme étroite et allongée se compose de deux grandes baies reliées par un détroit. Comme le lac Mistassini, il s'inscrit dans le paysage de la forêt boréale du Moyen-Nord québécois, sur le Bouclier canadien.
Hydrographie
Le lac Albanel est un tributaire du lac Mistassini : ses eaux s'écoulent vers ce dernier. Les deux lacs sont à l'origine de la rivière Rupert, qui draine le secteur vers l'ouest jusqu'à la baie James. Le lac Albanel appartient ainsi au versant de la baie James.
Son principal affluent est la rivière Témiscamie, qui arrive du nord-est et se jette dans le lac. Ce cours d'eau constitue l'un des axes hydrographiques importants de la région située entre le lac Mistassini et les hautes terres de l'est.
Le système formé par les lacs Albanel et Mistassini et par la rivière Rupert a longtemps servi de voie de circulation entre l'intérieur des terres et la baie James, tant pour les Cris que pour les voyageurs et missionnaires européens qui ont emprunté ces routes d'eau à partir du XVIIe siècle.
Géologie
Le lac Albanel est situé dans un secteur où affleurent des roches sédimentaires, ce qui le distingue d'une grande partie du Bouclier canadien environnant, dominé par des roches cristallines. La péninsule du Fort-Dorval, qui sépare le lac du lac Mistassini, est formée de roches calcaires.
Géologie Québec, service du ministère responsable des ressources naturelles, décrit une unité stratigraphique nommée formation d'Albanel, rattachée à la Province géologique du Supérieur. Il s'agit d'une unité de roches sédimentaires d'âge paléoprotérozoïque. La fiche du lexique stratigraphique signale des affleurements de cette formation autour du bras nord-est du lac Albanel.
La formation d'Albanel est une entité géologique distincte du lac lui-même : elle tire son nom du plan d'eau près duquel elle a été décrite, mais son extension ne coïncide pas avec les limites du lac.
Toponymie
Le nom du lac rappelle Charles Albanel, prêtre jésuite et explorateur de la Nouvelle-France. Selon la Commission de toponymie du Québec, il aurait atteint le lac le 17 juin 1672, au cours de son voyage vers la baie James.
Le plan d'eau a d'abord été désigné sous le nom de « Petit lac Mistassini », en raison de sa proximité avec le lac Mistassini. Le nom « Lac Albanel » a remplacé cette appellation au début du XXe siècle : la Commission de géographie du Canada l'a rétabli en 1910, puis a confirmé sa décision en 1915. Le nom est officiel au Québec depuis le 5 décembre 1968.
La Commission de toponymie rapporte également une variante traditionnelle crie, « Mistasiniish », dont le sens renvoie au lac Mistassini, le lac Albanel étant perçu comme une forme réduite de ce dernier. Cette désignation est consignée comme variante et ne remplace pas le nom officiel.
Le patronyme Albanel a aussi été attribué à d'autres lieux du Québec, notamment à la municipalité d'Albanel, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ainsi qu'à la formation géologique d'Albanel.
Histoire
Le secteur des lacs Albanel et Mistassini fait partie du territoire traditionnel des Cris, qui le fréquentent pour la chasse, la pêche et le piégeage. La communauté crie de Mistissini est établie sur les rives du lac Mistassini voisin.
En 1671 et 1672, le jésuite Charles Albanel entreprend, à la demande des autorités de la Nouvelle-France, un voyage par voie d'eau depuis la région de Tadoussac et du lac Saint-Jean jusqu'à la baie James. Cette expédition, qui visait notamment à affirmer la présence française face aux établissements anglais de la baie d'Hudson, emprunte le système hydrographique des lacs Mistassini et Albanel et de la rivière Rupert. C'est au cours de ce périple qu'Albanel aurait atteint le lac, le 17 juin 1672, selon la Commission de toponymie du Québec.
La péninsule qui sépare les deux lacs porte le nom de Fort-Dorval, rappel de l'occupation du secteur liée à la traite des fourrures. Au XXe siècle, la fixation du nom « Lac Albanel » par la Commission de géographie du Canada, en 1910 puis en 1915, a consacré la mémoire du missionnaire dans la toponymie régionale.
Protection et occupation du territoire
Le lac Albanel est compris dans la réserve faunique des Lacs-Albanel-Mistassini-et-Waconichi, territoire protégé consacré à la conservation, à la mise en valeur et à l'utilisation de la faune. Cette réserve faunique, qui englobe les trois lacs auxquels elle doit son nom, encadre des activités telles que la pêche sportive, le camping et la navigation de plaisance, dans le cadre légal des réserves fauniques du Québec.
Le lac se situe sur le territoire d'Eeyou Istchee Baie-James, où l'occupation et l'utilisation des terres relèvent notamment du régime établi par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. Les activités traditionnelles des Cris s'y poursuivent.
La région est éloignée des grands centres urbains ; Chibougamau, au sud-ouest, constitue la principale ville de services du secteur. L'accès au lac se fait principalement par voie routière forestière, puis par voie d'eau.

