Géographie
Les monts Groulx forment un massif du Bouclier canadien situé dans la région administrative de la Côte-Nord. Ils se trouvent à l'est du réservoir Manicouagan et à plus de 150 km au nord de la rive de l'estuaire maritime du Saint-Laurent.
Le massif s'étend sur environ 90 km d'est en ouest, entre le réservoir Manicouagan et la rivière Sainte-Marguerite ; sa largeur varie de 20 à 40 km selon les secteurs. Il chevauche le territoire de trois municipalités régionales de comté :
- la MRC de Caniapiscau ;
- la MRC de Manicouagan ;
- la MRC de Sept-Rivières.
Le secteur ne compte aucune municipalité établie ; il s'agit d'un territoire non organisé, éloigné des principaux pôles habités de la région, Baie-Comeau au sud et Fermont au nord. La route 389, qui relie ces deux villes, longe le flanc ouest du massif et en constitue la principale voie d'accès terrestre.
Relief
Le massif présente un relief accidenté qui contraste avec les plateaux environnants du Bouclier canadien. Plusieurs sommets y dépassent 900 m d'altitude. Selon la Commission de toponymie du Québec, le point culminant est le mont Veyrier, qui atteint 1 104 m.
Les hauteurs du massif prennent la forme de plateaux sommitaux arrondis, entaillés de vallées où s'écoulent de nombreux ruisseaux et où s'étendent des lacs. Cette morphologie de sommets aplanis, héritée de l'érosion prolongée d'un socle ancien et du passage des glaciers quaternaires, est caractéristique des massifs du Bouclier canadien.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Longueur (est-ouest) | environ 90 km |
| Largeur | 20 à 40 km |
| Altitude de plusieurs sommets | plus de 900 m |
| Point culminant | mont Veyrier, 1 104 m |
La proximité du réservoir Manicouagan, dont la forme annulaire découle d'un ancien cratère d'impact, fait des monts Groulx un élément marquant du paysage de la haute Côte-Nord.
Toponymie
Le nom officiel « Monts Groulx » a été adopté en 1967 en l'honneur du chanoine Lionel Groulx (1878-1967), prêtre, historien et figure intellectuelle majeure du Québec au XXe siècle. La forme actuelle du nom a été officialisée en 1992 par la Commission de toponymie du Québec.
Le massif porte également des noms en langue innue. La Commission de toponymie relève notamment les formes Uapeshkau et Uashapeshkau ; la variante Uapishka est aussi en usage et a été retenue dans la désignation de plusieurs entités du territoire, dont la réserve de biodiversité Uapishka et la région de biosphère Manicouagan-Uapishka. L'appellation composée « Monts Groulx – Uapishka » est employée par plusieurs organismes qui œuvrent à la mise en valeur du massif.
Le nom du massif se retrouve aussi dans d'autres désignations officielles, notamment celle de la forêt rare des Monts-Groulx, inscrite au répertoire de la Commission de toponymie.
Milieu naturel
Les monts Groulx se distinguent par la présence, sur leurs plateaux sommitaux, d'une toundra alpine dénudée. Cette végétation, composée de lichens, de mousses, d'arbustes nains et de plantes herbacées adaptées au froid et au vent, tranche avec la forêt boréale qui occupe les versants et les vallées.
L'étagement de la végétation selon l'altitude constitue l'une des particularités écologiques du massif :
- dans les vallées et sur les bas versants, la forêt boréale, dominée par les conifères ;
- à mesure que l'altitude augmente, une forêt plus clairsemée et des peuplements rabougris ;
- sur les sommets, la toundra alpine.
La présence d'écosystèmes peu communs à cette latitude a mené à la désignation de la forêt rare des Monts-Groulx, reconnue parmi les écosystèmes forestiers d'intérêt du Québec. Le massif offre ainsi un milieu de référence pour l'étude des milieux alpins et subarctiques du Québec méridional.
Protection et conservation
Réserve de biodiversité Uapishka
La portion ouest du massif est protégée par la réserve de biodiversité Uapishka, une aire protégée relevant du gouvernement du Québec en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Le plan de conservation publié par le ministère responsable de l'environnement décrit une aire de 1 382 km², accessible par la route 389. Ce statut interdit notamment les activités industrielles, comme l'exploitation forestière et minière, sur le territoire visé.
La mise en place de cette protection a fait l'objet d'un examen par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), dont le dossier documentaire comprend un document relatif au projet de réserve de la biosphère Manicouagan – Monts Groulx.
Région de biosphère Manicouagan-Uapishka
Les monts Groulx sont compris dans la région de biosphère Manicouagan-Uapishka, reconnue en 2007 par l'UNESCO dans le cadre de son programme L'Homme et la biosphère (MAB). Cette désignation couvre un territoire beaucoup plus vaste que le massif lui-même, qui englobe notamment le réservoir Manicouagan et une partie importante de la Côte-Nord. Elle vise à concilier la conservation de la biodiversité et le développement durable des communautés.
Acteurs locaux
Plusieurs organismes participent à la conservation et à la mise en valeur du massif, dont la Société des Amis des Monts Groulx et la Station Uapishka, qui encadre l'accueil des visiteurs et les exigences de protection du milieu naturel.
Fréquentation
Les monts Groulx sont fréquentés pour la randonnée pédestre, la raquette, le ski hors-piste et le camping en milieu isolé. L'accès se fait principalement depuis la route 389, à partir de laquelle des sentiers mènent aux plateaux sommitaux.
L'éloignement du massif, l'absence de services et les conditions météorologiques changeantes en altitude exigent une préparation adaptée. Des règles d'accès et de comportement s'appliquent afin de limiter les effets de la fréquentation sur la végétation alpine, particulièrement fragile au piétinement. La Station Uapishka diffuse de l'information sur la logistique et les permis requis pour séjourner dans le secteur.
Pour les Innus, le massif fait partie d'un territoire fréquenté de longue date, comme en témoignent les noms qu'ils lui attribuent. Les initiatives autochtones en matière de biodiversité sur le territoire de la Côte-Nord bénéficient par ailleurs de soutiens gouvernementaux, notamment dans le cadre du Plan Nature 2030 du gouvernement du Québec.