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Le vivant

Crapet du Nord

Le crapet du Nord (Lepomis peltastes) est un petit poisson d'eau douce indigène de la famille des Centrarchidés. Longtemps considéré comme une sous-espèce du crapet à longues oreilles, il se reconnaît à son long lobe operculaire noir bordé de pâle et aux couleurs vives des mâles en période de reproduction. Au Québec, où il atteint la limite nord-est de son aire, l'espèce est rare. Elle porte le rang de priorité S2S3 et figure sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.

Observations au Québec

1 occurrence GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Crapet du Nord
Visuel documentaire des traces typiques
  • Les nids sont des cuvettes circulaires peu profondes, d'environ 30 à 60 cm de diamètre, creusées dans le gravier ou le sable fin à moins de 1 m de profondeur.
  • Les nids sont souvent regroupés en colonies, parfois bord à bord, le long des berges calmes de petites rivières limpides ou de lacs.
  • Le fond du nid est nettoyé du limon et des débris : le gravier y paraît plus pâle et plus propre que le substrat autour.
  • Les nids actifs s'observent surtout de la fin juin à la fin juillet, quand l'eau dépasse environ 20 °C.
  • Un mâle coloré monte la garde au-dessus du nid et charge les intrus : dos vert olive, ventre orangé vif, lignes bleu turquoise sur les joues.
  • Le mâle porte un lambeau operculaire noir assez long et horizontal, bordé de blanc ou de bleu pâle, souvent ponctué de taches claires.
  • Au crépuscule, de petits ronds discrets apparaissent à la surface lorsque le poisson gobe des insectes près de la végétation aquatique.
  • Il ne laisse ni empreintes ni fèces repérables, et sa présence au Québec est très marginale : il faut confirmer l'identification pour ne pas le confondre avec le crapet-soleil.

Portrait et mode de vie

Le crapet du Nord (Lepomis peltastes) appartient à la classe des Actinoptérygiens, à l'ordre des Perciformes et à la famille des Centrarchidés, qui regroupe notamment les achigans et les autres crapets. Il fait partie du genre Lepomis, dont les représentants ont un corps haut, comprimé latéralement, et une bouche relativement petite.

Il s'agit d'un crapet de petite taille. Son trait le plus distinctif est le prolongement charnu de l'opercule, souvent appelé « oreille », de couleur noire et bordé d'une marge pâle. Les mâles en période de reproduction arborent une livrée vive : ventre orangé ou rougeâtre, flancs ponctués de taches claires et joues marquées de lignes ondulées bleu-vert. Les femelles et les juvéniles présentent des teintes plus ternes.

L'espèce a longtemps été traitée comme une sous-espèce du crapet à longues oreilles (Lepomis megalotis) sous le nom de Lepomis megalotis peltastes. Des travaux taxinomiques publiés au début des années 2000 l'ont élevée au rang d'espèce à part entière, ce qui explique que certaines sources anciennes désignent les populations québécoises sous le nom de crapet à longues oreilles.

Le crapet du Nord fréquente des eaux claires, calmes ou à faible courant, généralement peu profondes et riches en végétation aquatique, sur des fonds de sable ou de gravier. Il se montre sensible à la turbidité et à l'envasement des fonds.

Répartition

L'aire de répartition du crapet du Nord couvre principalement la région des Grands Lacs et le haut bassin du Mississippi, en Amérique du Nord. Au Canada, l'espèce est présente dans le sud de l'Ontario ainsi que dans le sud du Québec, où elle atteint la limite nord-est de sa distribution.

Au Québec, l'espèce est classée comme indigène et de présence régulière. Ses mentions se concentrent dans le sud-ouest de la province, dans le réseau hydrographique relié au fleuve Saint-Laurent et à la rivière des Outaouais. Les populations y sont peu nombreuses et localisées, ce qui reflète à la fois la rareté de l'espèce et la difficulté de la distinguer d'autres crapets lors des inventaires.

Statut au Québec

IndicateurValeur
OrigineIndigène
RégularitéRégulier
Rang de priorité (rang S)S2S3
Statut légal (LEMV)Susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable

Le rang S2S3 signifie que l'espèce est considérée, à l'échelle du Québec, comme se situant entre « en péril » et « vulnérable ». Son inscription sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées, en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, en fait une espèce prioritaire pour le suivi et la protection des habitats aquatiques.

Croissance et cycle de vie

Comme les autres membres du genre Lepomis, le crapet du Nord fraie en eau chaude, au cours de l'été. Le mâle aménage un nid en forme de cuvette en balayant le substrat avec sa nageoire caudale, en eau peu profonde. Les nids sont fréquemment regroupés en colonies, chaque mâle défendant un petit territoire autour du sien.

Le mâle courtise les femelles, qui déposent leurs œufs dans le nid où ils sont fécondés. Il assure ensuite seul la garde des œufs puis des larves, éventant la ponte et chassant les intrus. Cette dépendance envers des fonds propres, non colmatés par les sédiments fins, rend la reproduction vulnérable à l'envasement et aux variations de niveau d'eau.

La croissance est lente et la taille adulte demeure modeste, ce qui place l'espèce parmi les plus petits crapets du Québec. Sa longévité et son âge de maturité sexuelle sont comparables à ceux des autres petits Lepomis, mais restent peu documentés pour les populations québécoises.

Relations avec l'humain

Le crapet du Nord ne fait pas l'objet d'une pêche ciblée en raison de sa petite taille. Il peut être capturé accidentellement par les pêcheurs à la ligne ou lors d'inventaires scientifiques, et sa ressemblance avec le crapet-soleil peut mener à des erreurs d'identification.

Les principales menaces qui pèsent sur l'espèce sont d'origine humaine. Elles comprennent :

  • l'augmentation de la turbidité et l'envasement des cours d'eau liés au ruissellement agricole et urbain ;
  • la dégradation ou la disparition des herbiers aquatiques et des rives naturelles ;
  • la modification des régimes hydrologiques ;
  • la présence d'espèces introduites susceptibles de concurrencer le crapet du Nord ou de s'en nourrir.

Au Québec, l'espèce relève du cadre de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, administrée par le ministère responsable de la faune. Son inscription sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées vise à favoriser l'acquisition de connaissances et la prise en compte de ses habitats dans l'aménagement du territoire. À l'échelle fédérale, les populations canadiennes ont été évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Relations avec les autres espèces

Le crapet du Nord partage ses habitats avec plusieurs autres Centrarchidés, dont le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) et le crapet arlequin (Lepomis macrochirus). Comme chez de nombreux Lepomis, l'hybridation entre espèces voisines est possible, notamment lorsque les sites de nidification se chevauchent, ce qui complique l'identification de certains individus.

Les jeunes et les adultes constituent des proies pour des poissons piscivores tels que l'achigan à petite bouche, l'achigan à grande bouche et le grand brochet, ainsi que pour des oiseaux piscivores. Les œufs et les larves peuvent être consommés par d'autres petits poissons lorsque le mâle relâche sa surveillance.

La concurrence avec d'autres crapets plus abondants pour la nourriture et les sites de fraie est considérée comme un facteur pouvant limiter les populations là où l'espèce est déjà rare. Le crapet du Nord dépend par ailleurs étroitement des herbiers aquatiques, qui lui offrent à la fois abri et ressources alimentaires.

Régime alimentaire

Le crapet du Nord est un prédateur visuel qui chasse de petits invertébrés dans la végétation, sur le fond ou près de la surface. Son alimentation repose principalement sur :

  • des larves d'insectes aquatiques ;
  • des insectes terrestres tombés à l'eau ;
  • de petits crustacés ;
  • d'autres petits invertébrés benthiques.

Parce qu'il repère ses proies à vue, il est avantagé dans les eaux claires. Une turbidité élevée réduit l'efficacité de sa recherche de nourriture, ce qui constitue l'un des mécanismes par lesquels la dégradation de la qualité de l'eau peut nuire à l'espèce. Le régime varie selon la saison et la taille des individus, les juvéniles consommant des proies plus petites que les adultes.

Anecdotes

  • Le nom d'espèce peltastes évoque le peltaste, fantassin léger de la Grèce antique armé d'un petit bouclier, allusion probable au lobe operculaire en forme d'écu.
  • Plusieurs ouvrages de référence sur les poissons du Québec et du Canada, publiés avant la révision taxinomique, décrivent cette espèce sous le nom de crapet à longues oreilles.
  • Les mâles reproducteurs comptent parmi les poissons d'eau douce les plus colorés du Québec, avec un contraste marqué entre le ventre orangé et les reflets bleu-vert de la tête.
  • La nidification en colonies, où de nombreux nids sont creusés côte à côte en eau peu profonde, est un comportement partagé avec d'autres membres du genre Lepomis.

Sources

  1. Savoirs.Québec, Catalogue du vivant : fiche Crapet du Nord (Lepomis peltastes)
  2. GBIF, Lepomis peltastes (clé taxonomique 7193242)
  3. Gouvernement du Québec, Liste des espèces fauniques menacées ou vulnérables et susceptibles d'être ainsi désignées
  4. COSEPAC, Évaluation et rapport de situation sur le crapet du Nord au Canada
  5. Registre public des espèces en péril, gouvernement du Canada
  6. Bernatchez, L. et Giroux, M., Les poissons d'eau douce du Québec et des Maritimes
  7. Scott, W. B. et Crossman, E. J., Poissons d'eau douce du Canada
  8. NatureServe, Lepomis peltastes

Modèles ayant contribué : Rédaction — Claude Opus 5 5 · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : crapet du nord, lepomis peltastes, centrarchidés, poisson d'eau douce, espèce susceptible, crapet à longues oreilles, faune aquatique, espèce en situation précaire

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